I. INTRODUCTION
dant laquelle ces divinités de la vie universelle étaient réduites au loisir et à Tinactivité. Odmn et Frigg aller rent doAc habiter, sous l'extérieur d'un paysan: et d'une paysanne de chaumine, une île de la mer, située au nord du pays des Gotnes, où se trouv^^it le manoir de Hrodung. Les fils du roi, Geirrodr et Agnarr^ pressés par une puissance inconnue, ayant pris la mer pour pêcher, Odinn^ qui présidait au vent, fit surgir une violente brise du sud, qui poussa l'embarcation des princes vers l'île habitée par le vieux paysan et sa vieille femme, lesquels les reçurent dans leur cabane ^ et les gardèrent chez eux pendant l'hiver.
Dana l'antiquité, même chez les peuples les plus policés, le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants, et le père était censé placé tellement au-dessus des membres de sa famille, que les enfants, aussi peu que la mère, n'étaient pas jugés dignes d'être admis à la table de leur père. Celui-ci ne daignait pas s'occuper de l'entretien ni de l'éducation des enfants. Même à l'époque postérieure, où les ïnœui:s étaient plus adoucies, l'ancienne habitude de confier l'éducation des garçons à quelqu'un d'un rang inférieur, fût-il esclave, laissa encore des traces dans l'usage qu'avaient les Athéniens de faire faire l'éducation de leurs fils par des esclaves pédagogues. Chez les Scandinaves, les .fils des grandes maisons étaient entretenus, pendant une ou plusieurs années de leur adolescence, par des^èrea éleveurs (fosk-fadir), qui devaieut toujours être d'un
rang social inférieur à celai dn père véritable. C'est pourquoi des fils de rois étaient élevés par de riches paysans; et, par la même riôson, Odirm et Frigg^ pour devenir le père et la mère dientretien de Geirr'ôd/r et ^Affnartj imaginèrent de prendre Textérieur d'un vieux paysan et d'une vieille paysanne de chaumine (kotbondi, kotkerling).
Pendant Thiver, Odirm et Friggj déguisés ainsi en paysan et en paysanne , donnaient chacun à son protégé rinstruetion et les conseils , qu'ils croyaient les plus propres k lui assurer plus tard le succès et la supériorité. Frigg conseillait à Agnarr les vertus qu'elle représentait elle-même, et Odinn instruisait Oeirroàr dans les pratiques violentes, dans les ruses, et les magies, par lesquelles ce dieu se distinguait entre tous, d'après les traditions mythologiques. Lorsque enfin, au printemps, les jeunes princes allèrent se rembarquer, pour rentrer au manoir de leur père , le vieux paysan Odinn donna encore des instructions à son -protégé Geirroâ/Tj et lui indiqua ce qu'il devait faire pour supplanter son frère plus âgé que lui , et arriver ainsi au pouvoir : il lui dit de sauter le premier hors de l'embarcation, quand ils auraient abordé au rivage de leur pays, de repousser du. pied dans la mer le bateau, et de prononcer contre soti frère la formule magique : « Va maiiitenmit oti la Géante te tdendra » ; formule dont l'effet immanquable sera de pousser l'embarcation au Nord dans une île, habitée par la géante magicienne nommée 8myl (Dragon