‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 124 sur 166 · I. INTRÔDUCTiON · texte numérisé non relu

I. INTRÔDUCTiON

lomnîe, pour perdre Geirrddryle protégé à'Oddrm. C'est pourquoi, à la parole triomphante A^Odinny au sujet de OeirrSdTj Frigg répond^ avec malice, qu'il n'y a pas lieu d'être. fier du bonheur de ce roi, puisqu'il jouit d'une réputation détectable, étant avare au point qu'il n'est pas mÈême hospitalier, et que, s'il lui vient des hôtes en nombre, il ne leur fournit pas ce qui leur est nécessaire à boire et à manger.

Par suite de l'état social peu développé des peuples de l'antiquité et du moyen âge, l'exercice de l'hospitalité n'était pas seulement, comme de nos jours, une faveur et une gracieuseté, mais elle était une nécessité sociale, et, par suite, un devoir ^ et presque une obligation. Les riches et les puissants surtout devaient être libéraux, généreux, prodigiiesmême, envers tout le monde, sur* tout envers les hôtes. C'est pourqnoi les poëtes hindous et arabes, les troubadours provençaux, et les skaldes du Nord, en chanti^t les rois et les grands, font res* sortir, plus particulièrement,- les largesses et les munifi» cences de ceux-ci; et ils ont des paroles satiriques, et d'énergiques inveetives, contre les princes qui passent pour être chiches et peu généreux. Aussi, ce que Frigg disait, au sujet des habitudes inhospitalières de Geirrodry était- il un reproche sanglant à l'adresse de -ce roi. Odinnj le chef des dieux, et le protecteur naturel des princes et des héros, ne pouvait pas croire que son nourrisson , qu'il avait instruit pour être un roi glorieux, f&t chiche et inhospitalier dans son manoir royal ; il ré*

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pliqua, par conséquent, qne ce reproche n'était pas mérité; que c'était le plus grand mensonge; et il offirit de le prouver, en allant lui-même, en hSte. déguisé, mettre à l'épreuve l'hospitalité de Geirrodr. De même qu' Odinn et JPrigg avaient fait , antérieurement , un« première gageure, sur les résultats de l'éducation, des conseils, et de la protection qu'ils. donneraient, l'un à Geirrodvj l'autre à Agnarry ils£rent, maintenant, une seconde gageure,. dans le but d'établir si Geirrodr était, oui ou non, cMdie de traitement (mat-nîdingr).

L'occasion , pour mettre à l'épreuve l'esprit hoepitalier de Geirrodr^ était, en ce moment, très-favorable. On était à l'approche des grandes fêtes, qui, dans les pays Scandinaves, se célébraient en hiver, telles que la fête àesjôh. Ces fêtes duraient plusieurs jours; et il venait, pour les célébrer, un grand nombre d'hôtes, non invités, dans les manoirs royaux. Odinn se pr(^osa d'at 1er au manoir de Geirrëdr^ à l'époque d'une telle fête, d'y rester plusieurs jours,, et de voir si, effectivement, ce roi serait aussi chiche comme Frigg le disait, à l'égard des hêtes nombreux réunis chez lui, «Pour que cette épreuve fût bien faite , iL fallait qu' Odinn se rendît à la fête de Geirrod/r^ sous une forme déguisée; de manière & n'êlare pas reconnu par lui , et pour ne pas faire changer, en sa &veur, les dispositions habituelles du roi à l'égard de ses hôtes.

Odmn avait l'habitude de mettre à l'épreuve les hér ros et les princes, en prenant un déguisement et un

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