I. INTRODUCTION
nom appropriés à la circonstance. Il passait pour être grand magicien, et pour pratiqua surtout la magie du crible (seidr*); aussi se présentait-il, souvent, à ses amis et ennemis, sous Textérieur d'un homme de crible (seidmadr). Dans l'origine, ces hommes et femmes de crible jouissaient d'une grande autorité, et étaient reçus partout avec un respect religieux. Mais à l'époque, où la tradition mjthico- épique, dont il est ici question, s'est formée, ces gens-là ne jouissaient déjà plus de la confiance générale : ils étaient même quelquefois détestés et persécutés, à cause de leurs maléfices. Odinuy néanmoins, pour ne pas devoir l'hospitalité, que lui ac* corderait le roi, à rien autre chose qu'à sa qualité d'hôte et d'étranger, se présenta, dans le manoir de Geirrbd/ry comme un homme de crible, du nom de Grimnir* Ce nom propre, dérivé de l'adjectif ^riminn, formé luimême du substantif ^rtma (masque; figure refrognée, grimée), indiquait, mais seulement à ceux, qui, par leur sagacité, savaient se l'expliquer, que le personnage qui le portait s'était grimé ou déguisé.
Pour prévenir et indisposer, tout d'abord, Oeirrëdr contre l'hôte qui se nommait Orimnir^ la déesse Prigffj usant d'un moyen perfide et mensonger, chargea FuUa % sa servante garde-écrin, d'aller, sans être connue, et
1. Voy. De VInftuenct exercée par les Slaves sur Us Scandinaves dans Vantiqyité, p. 14.