‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 153 sur 166 · V. COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE

21. Sur le nom de Nidrdur et sur l'Enclos-du-Nocher, voy. cî-dessufi pp. 23-33.

22. Dans l'origine Vîdârr, dont le nom signifie Auguste (harr) sur Yétendue (yîti) de la terre et de la mer, était le dieu du Soleil et de la Tempête , en hiver. Il était le fils d'Odinn, dieu des Tempêtes, et de la Géante Grridur (Impétueuse), laquelle, par son b&ton magique, soulève, excite, et apaise les tempêtes en hiver, Vîdârr ne faiblit pas en hiver comme les autres Ases. Aussi , dans cette saison , prend-il la place de son père Odiim^ et de son frère 7%$r^ comme Chef et Protecteur des dieux. Le nom de la demeure de Vîdârr est Paysétendu; elle lui avait été attribuée en sa qualité de dieu du soleil, de Fastre qui parcourt une vaste étendue de pays. Ce séjour est couvert de broussailles et d'herbe de bruyère , ce qui indique que cette résidence du dieu des Tempêtes d'hiver est une bruyère déserte, peu fréquentée, et peu visitée par les autres dieux, qui, pendant la saison morte, sont censés inactifs. C'est là qu'au Crépuscule des Grandeurs, qui sera comme \ hiver du Monde, Vîdârr descendra de son cheval, symbole du vent d'hiver, comme un guerrier descend de cheval à la fin de la journée. Mais ce n'est pas pour se reposer qu'il descendra de cheval ; c'est pour mieux s'apprêter au combat; c'est pour être prêt à prendre la place de son père qui viendra à périr, et pour venger sa mort en tuant le loup de Penrir (voy. Fascination^ p. 280).

En donnant des renseignements sur les demeures célestes, qui ne pouvaient être ainsi connus que d'une personne divine, Odinn avait espéré se faire reconnaître, et recevoir de Geirrôdr un traitement brillant. Mais ce roi et ses gens , prévenus par Tavertissement de Fulla, n'arrivèrent pas à soupçonner que, sous Grimnir, était caché le chef des Ases* Geirrôdr attri< buait la science surhumaine, dont faisait preuve son hôte, à sa qualité de magicien, et se confirma ainsi davantage dans sa prévention contre lui. Aussi le traitement ne fut-il pas changé à son égard; et Odinn, de son côté, espéra mieux réussir le lendemain, ou le troisième jour, à se faire reconnaître par le roi , en lui révélant des mystères qui faisaient supposer une science plus surhumaine encore.

III« Journée. Bits de Grimnir.

Noms des Êtres et Objets relatifs à la HalU-deS' Occis,

23. Dans Forigine, lorsque Odinn ne passait encore que pour le dieu des Vents et des Tempêtes, sa Suite ne se composait aussi que de Vents, ou de nuages tempétueux personnifiés. Cette suite d'Odinn était entretenue ou nomrief comme on se l'imaginait, d'abord, par les exhalaisons condensées ou gelées de la mer, appelées Frimas-de-Mer (norr. Sœhrimnir); ensuite, par les exhalaisons gelées de l'haleine des êtres vivants, appe-

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lées Frimas-d' Haleine (norr. Andhrimnir)^ et, enfin, par la vapeur et la fiimée du feu, appelées Frimas-de-Feu (norr. Eldhrimnir). Plus tard, lorsque Odinn, le dieu des Tempêtes et des Vents, fut devenu, principalement, dieu des Combats, son ancienne Suite, ou les Nuages, furent aussi changés en héros combattants; néanmoins la tradition mythologique continua à rapporter que la Suite ou laMassénie d'Odinn, c'est-à-dire, les Trovpiers^tmiqties, étaient nourris par Sœhrimnirj Andhrimnirj et Eldhrimnir. Mais comme Hrimnir signifiait non-seulement Frimas, mais aussi Verrat y il se forma, sur cette seconde interprétation, le mythe d'après lequel Verratrâe-Mer était cuit journellement par le Cuisinier souffleur, nommé Verrairde-Bouffle, dans un poêle à couvercle, nommé Verra;irde'Feu. Le lard cuit de Verrat-de-Mer, qui était la nourriture des Troupiersuniques, passait naturellement pour la meilleure des viandes. Il était seulement étonnant que les Troupiers-uniques si nombreux, pussent toujours se nourrir du lard du même Verrat-de-Mer. C'est que le porc SiBhrimnir, abattu et mangé journellement, était, par un effet magique inhérent à sa nature, chaque fois restauré intégralement le lendemain (voy. La Fascination de Ouljiy p. 307),

24. La mort sanglante des guerriers dans les combats était considérée comme une dévotion j c'est-à-dire comme un sacrifice de leur personne, offert à Odinn le

Père des Occis» On conçoit donc que les loups et les corbeaux, qui, au nom du dieu des Combats, s'emparaient des cadavres dévoués à ce dieu, étaient euxmêmes considérés comme des animaux consacrés à Odinn, ou comme ses Ministres. C'est pourquoi le Chef des Ases, désigné, dans la strophe, par les noms épitfaétiques de Très- Armé, et à^jE[cAitué'auX''Comhats^ avait auprès de lui deux loups, nommés Avide et Effronté, qu'il traitait à sa table, comme les seigneurs, au moyen âge , traitaient leurs chiens de chasse. N'ayant pas besoin, lui-même, de nourriture matérielle, Odinn abandonna chaque jour son ordinaire à Avide et à Effronté. Il se soutenait uniquement par un fortifiant, à savoir, par le vin (voy. Fctscination, p. 308).

25. Les noirs corbeaux sont des oiseaux de mauvais augure. Consacrés à Odinn, dieu des Combats, ils présagent, partout où ils se portent, la guerre et les combats. Odinn ayant intérêt à fomenter la guerre, pour obtenir, par l'occision, des Troupiers-uniques, qui l'assisteront dans la dernière lutte au Crépuscule des Grandeurs, il fait voler ses corbeaux journellement sur la surface de la terre, ou sur la Plaine d'Irmun ou du Soleil j qui est ainsi nommée parce qu'elle est éclairée, dans toute son étendue, par l'astre du jour. Les corbeaux d'Odinn portent les noms de Huginn et de Mmiinny qui rappellent l'idée de pensée (hugr) et àe résolution (munr), et indiquent que ces oiseaux sont les messagers

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