I. INTRODtCTION
Aux yeux des Scythes, peuple pasteur et nomade , les sources et cours d'eau, où s'abreuvaient leurs troupeaux, passaient naturellement pour une richesse, pour un bienfait ou don du ciel, et devinrent par cela même, dans la suite, les symboles du bien-être, de l'abondance, et de la fécondité. Les peuples ariens primitife, qui étaient nomades, c(Hnparaient les nuages à des brebis et à des vaches blanches paissant dans le ciel, et appelaient les nuages les vaches célestes (voy. Les Védas). Les Scythes, peuple pasteur comme eux, comparaient également les noirs nuages pluvieux à un troupeau de bétail noir. La pluie qui, tombant du ciel, alimentait les sources, et abreuvait ainsi la terre, les hommes, et les animaux, fut assimilée au lait (sansc. payais y boisson, lait) que donnait le bétail céleste des nuages. Ensuite, comme, dans le langage symbolique des peuples de l'antiquité , tant ïafétiques que sémitiques, l'eau jaillissante et les rayons de lait étaient l'emblème du sperme fécondateur (héb. m<nmj eau, sperme; arabe mAy eau, sperme), et que, d'ailleurs, l'idée de source réveillait naturellement celle d'origine et de génération, le dieu VrindiLs (Source), présidant aux nuages fécondateurs du ciel, fut aussi préposé à la génération , à U fécondation , et par suite à Isl fécondité, considérée, tant par rapport à la terre que par rapport aux hommes et aux animaux. Les taureaux et les vaches des troupeaux devinrent dès lors aussi des animaux consacrés à Vrindus, et iurent désignés eux-mêmes plus tard par le nom de Vrindus
(cf. V. h. ail. rindv/r; anglos. Arîd; lat. f rends dans ne- /rends y non-fécondateur) , dans le sens de bétail fécondor leur (frémissant; en rut), ou hé^ml fécondé.
L'ancien nom scythe de Vrindus (source), en tant qu'il signifiait jaillissant j était d'abord seulement du genre masculin; mais , en prenant ensuite encore la signification tropique d! origine, il devint aussi du genre/ewtmn (cf. ail. der quell; die quelle). Le nom propre de FrtndvA étant dès lors à la fois masculin et féminin, on associa également, dans le culte et en mythologie, au dieu Vrindus une déesse qui portait le même nom que lui, et personnifiait en elle \si.gualité spéciale (sansc. çàktiy énergie) de son époux et frère. Les Grecs, en citant le nom de la déesse Vrindus y lui donnaient naturellement la terminaison féminine, usitée dans leur langue pour désigner les déesses ; c'est pourquoi le nom de Vrindus fut rendu en grec par celui de Hrindè (au lieu de Frindos), que les Latins, copiant les Grecs, changèrent, à leur tour, en Rinda (Pline, Hist. nat. 6, 7).
La déesse Vrindus et son époux passèrent de la religion des Scythes dans celle de leurs descendants , les peuples de la branche sarmate et de la branche gète. Les deux Vrindus continuèrent à être principalement considérés comme présidant à Infécondité, et, pour cela, passaient pour être les parents des divinités Pravy ou Fravis et iVama ou Fravia (voy. p. 21), qui étaient également considérées comme présidant à la fécondité et