‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 31 sur 166 · I. INTBODÏJCTION · texte numérisé non relu

I. INTBODÏJCTION

Mille Sarmatas, mille Francos, Semel et semel, occîdimusf Mille Persas qnœrimuB!

En une fois, et en une autre fois, nous avons oecis

Mille Sarmates, et mille Francs!

Nous allons en faire autant à un millier de Perses!

Cette poésie guerrière était, essentiellement, une poésie d'occasion et d'actualité. Elle .était , de sa nature, comme toute poésie primitive, du genre épicolyrique, parce qu'elle chantait avec la passion et l'eu'thousiasme du sentiment lyrique, inspiré par l'actualité réelle du fait qu'elle racontait; mais elle racontait ce fait sommairement, et sans admettre beaucoup de détails ni ornements épiques. Cette poésie était enfin tout autant mimique qvCépico-lyriqtie , parce qu'elle était accompagnée d'une danse, qui représentait l'action guerrière qu'elle célébrait. En effet, la danse des peuples d'origine scythe, comme de tous les peuples primitifs, avait généralement un caractère ^rteemer^ et, semblable au kalabrismos des Tbrâkes, simulait ou représentait une scène de combat : les chants récités en cadence, par les guerriers dansants, leur servaient d'accompagnement musical, à défaut ou en guise de musique instrumentale. De semblables chants guerriers accompa-

gnaient , sans doute encore plus tard , la danse appelée, par les Grecs du Bas -Empire, la, gothique (to gothikon), que les GtoiliB fédérés (Varègues) avaient introduite à la cour de Constantinople, où elle fut exécutée annuellement par deux bandes d'hommes, représentant, par leur costume, deux peuplades slaves, les Praaines et les Venètes, et ayant à leur tête des coryphées goths, revêtus de leur smmne en peau de bouc (voy. Les OUesy p. 111)^ et chantant, en dansant^ des refrains guerriers, qui étaient ensuite répétés en chœur.

Ces chants guerriers, servant d'accompagnement à la danse guerrière, étaient du genre de ceux que nous avons rapportés, ci-dessus, d'après Vopiscus, et qu'on chantait en dansant^ comme naguère encore, en France, on chantait, en dansant, les refrains barbares de la Carmagnole. Ce qui prouve, en effet, que les chants rapportés par Vopiscus étaient exécutés avec accompagnement de danse, c'est que cet historien les appela saltaiiwnculœ ( petits sauts de danse ) , et haliistea (chants de bal). Comme, dans l'origine, le chant servait d'accompagnement à la danse j pour en marquer le rythme, ces chants d'accompagnement, quel qu'en fât le sujet, eurent, au moyen âge, chez les peuples de l'Europe méridionale, le nom de ballades (chants de bal), et quelques-uns furent, encore plus tard, désignés ainsi, dans le Nord, bien qu'ils eussent pris un caractère essentiellement épique , et ne servissent

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