‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 32 sur 166 · I. INTRODUCnON · texte numérisé non relu

I. INTRODUCnON

pla8, comme dans rorigine, d'accompagnement à la dansée

De même qu'il y avait, chez les peuples d'origine Scythe, des danses guerrières, qui étaient Fimitation mimique des scènes du combat , de même il y avait aussi des danses mimiques représentant les actions des dieux. Le mythe des fiançailles de Freyr était, sans doute, représenté, en partie, dans la fête de ce dieu (voy. p. 44), par la danscy comme par exemple, chez les Grecs, le mythe et la fête de Bacchus étaient célébrés, à Athènes, dans Torigine, par une troupe darh san^a (choros), qui devint, dans la suite, un ckœvr (gr. choros, ronde) récitant ou chantant. On peut, encore aujourd'hui, trouver une trace de l'ancienne danse religieuse des peuples germaniques, dans la danse mimique qui a été introduite, par les Goths d'Espagne, dans les cérémonies du culte chrétien (voy. Les Oètes^ p. 127).

De même que, dans l'Attique, la représentation du mythe et de la fête de Bacchus, par un chœur dansant, donna naissance, dans la suite, aux chants du chœur, de même, chez les peuples d'origine scythe et gète, la représentation mimique des mythes, aux fêtes nationales et dans les cérémonies religieuses, fit naître et se développer les poèmes mythologiques y chantant les

1. Nons nous proposons de retracer, dans une monographie, rhistolre de la ballade, depuis sou origine jusqu'à nos jours.

actions des dieux, des demi-dieux, et des héros nationaux. Ces chants n'étaient pas seulement l'expression de l'enthousiasme lyrique religieux, mais, racontant les actions traditionnelles des dieux et des héros, ils prirent un caractère plus épique ou narratif. Aussi les désignait- on, en Scandinavie, plus particulièrement par le nom de chanU de tradition (non*, sogu-lioth; mal). Les prêtresy qu'on appelait en Germanie êotcart (garde-loi, juge), et en iScandinavie godi (divin), étant mieux en état de connaître les traditions mythologiques, les auteurs des chants de fra(2tïi09i appartenaient, généralement, à la classe des prêtres, lesquels, à l'époque où la poésie était encore intimement liée à la musique, réunissaient, en leur personne, à la fois les qualités de prêtre et de juge, et celles de poëte et de musicien. La musique, dans sa forme primitive et essentielle, n'existait pas encore chez les peuples scythes. Aussi n'est-il pas étonnant que le roi des Scythes, Athias, après avoir entendu jouer de son instrument un célèbre joueur de flûte, le Grec Isménias, son prisonnier, ait assuré par serment qu'il éprouvait plus de plaisir aux hennissements de son cheval , qu'aux sons harmonieux de la flûte (Plutarque, Apophthegmes). La musique instrumentale naquit sans doute seulement plus tard, chez les peuples de la branche ghie^ par l'exemple et sous l'influence de leurs voisins les Keltes- Kimméries de la Thrace, qui, ainsi que leurs frères les Kimro-thrâhesy préféraient leur instrument à cordes

nommé hirmidelle (kruzda, chrotta; fr. aronde; ail. sioalv^^ ou la lyre thrake (cf. Orphée, et TApoUon citharède) à la flûte des anciens Grecs asiatiques. Aussi les Gètes adoptèrent-ils de préférence la cithare (bruncho8, Stésych. I, 775), qui resta également le principal instrument de musique chez leurs descendants, les Germains et les Scandinaves (cf. norr. harpa; ail. harfe). Le jeu de la cithare servait surtout d'accompagnement au chant (goth. sangtis), qui, pour cette raison , prit lui-même, dans certains cas, le nom d« jeu (ail. leich; fr. lay). Le chant était une modulation rythmique et déclamatoire (cf. goth. singgvan^ déclamer, lire, chanter), qui n'avait pas autant pour but de flatter l'oreille sous le rapport musical^ que de servir de rythme à la poésie, sous le rapport de la cadence oratoire. C'est pourquoi, chez les Goths, on appelait chanteu/rB (goth. liuthareis) ceux qui savaient déclamer ou chanter les poésies mythologiques et héroïques , avec accompagnement de la cithare. Tels étaient, déjà au quatrième siècle avant notre ère, les prêtres citharistes chez les Gètes (Athén. XIV, 24; Stcph. de Byz. s. v. Getia)-, tels étaient, plus tard, selon la tradition, entre autres, le prince goth Gelimer vers 533 , et le roi danois Ragnar Braie-velue (Lôdbrôk) , qui , avant de mourir , chantèrent leurs propres exploits, en s'accompagnant de la cithare.

Les prêtres poëtes-citharistes se maintinrent plus longtemps chez les peuples de la branche Barmatej que

chez les peuples de la branche gète, dont les poëtes prirent, de bonne heure, un caractère laïque. Les poëtes -citharistes slaves jouaient du tympanum ou harpe horizontale, qu'ils nommaient oison (gouzli), probablement parce que cet instrument à cordes, comme Tinstrument à vent nommé, chez les IjatinB ^ gingrina. (oisonnante), rendait un son strident, comme le cri de roie*.

De même que, chez les Scythes, les prêtresses victimaires p<»rtaient le nom abstrait neutre de Vairo-pata (Tuerie d'hommes; Hérod. Oiropata)^ de même l'association des prêtres poëtes-citharistes, chez les Slaves, pars^t avoir porté le nom abstrait de sMadi (composition), qui désignait à la fois la composition musicale et poétique, et dont dérive, en russe, le nom de sklade (arrangement, style), en polonais skladacz (auteur, compositeur), et, en tchèque, skladaiel (poëte, compositeur). Les Gautes Scandinaves, qui étaient en rapport avec les Slaves (voy. p. 7), adoptèrent d'eux le nom

1. Reif, dans son Dictionnaire russe, dérive gousli du verbe gouati (qui signifie, effectivement, jouer d'un instrument àcordes), et il rapproche ce verbe du sanscrit gottd (qui n*est pas usité dans cette signification), du grec hudem (qui signifie chanter, et non jouer d'un instrument) , et de l'arabe al-oud (d'où dérive probablement le mot ^t^^A). Mais le verbe slsive gotisii (]p. goud-ti) me semble signifier jouer de l'instrument nommé goud; et le nom de cet instrument dérive probablement du nom arabe aloud (prononcez al-goud)^ qui signifie proprement &oû sonore.

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