I. INTRODUCTION
nom fût transmiBf et rattaché à leurs productions. Aussi connaissons-nous les noms des auteurs de la plupart des productions de la poésie skaldique^
Le huitième siècle est, pour la Scandinavie, une période de transformation, dans le domaine politique, social, et religieux; il est le pivot, sur lequel s'opère la conversion de l'ancien système vers un nouvel ordre de choses, comme, sur une échelle beaucoup plus grande, la fin du dix-huitième siècle est le pivot, autour duquel commence la révolution scientifique, sociale, et religieuse, qui, s'éloignant du monde du moyen âge, prépare, de nos jours, le monde de l'avenir. En effet, au huitième siècle, l'âge héro^^ue et patriarchàl va cesser, pour faire place au monde féodal et monarchique. Dans ce siècle, la mythologie Scandinave s'était constituée défijiitivement, dans toutes ses parties^ elle avait atteint son apogée de développement; elle forma un système complet, qui dès lors, né pouvant plus se développer d'après les principes de sa nature primitive , suivit la loi universelle et inexorable du progrès, en se transformant, c'est-à-dire en suivant un développement qui le poussa dans un ordre d'idées, opposé à celui qui, jusque-là, avait présidé à sa formation. La mythologie commença, dans ce siècle, à être, non plus, comme antérieurement, un objet de foi (voy. p. 39), mais d'érudition, et de curiosité poétique. La poésie, qui, de sa nature , exprime ce qui constitue les idéaux de l'époque , c'est-à-dire, ce que chaque siècle considère comme
agréable, admirable, beau, grand, vrai, noble, et su* blime, commença au huitième siècle, en Scandinavie, à proposer à Fadmiration des hommes, d'autres idéaux que ceux qui, jusqu'alors, avaient été chantés par les poètes ; et si elle traite encore des sujets mythologiques, elle les traite au point de vue non du dogme, mais de l'érudition, et en se servant de formes littéraires plus modernes, qui n'étaient plus celles de l'ancienne poésie religieuse.
Parmi ces formes plus modernes il importe de signaler, en second lieu, celle qui résulte du récit changé en dialogue. Dans l'origine, l'ancienne poésie avait traité les sujets mythologiques, sous la forme lyrico-' épique ou épico" lyrique (voy« p. 45). Plus tard, elle raconta les mythes , en entremêlant à la forme narrative la forme dialoguéB. Elle passait sans transition du récit au dialogue, et du dialogue au récit. Ce procédé se maintint jusque dans la poésie akcddique, et il a été suivi, du treizième au seizième siècle <, dans la poésie populaire , principidement dans les ballades danc^ses , suédoises, norvégiennes, anglaises, écossaises, et allemandes, qui ont imité cette forme traditionnelle, usitée déjà dims les anciens chants mythologiques et héroïques, et qui,, pour cette raison, peuvent être rattachées, historiquement et littérairement, à l'ancienne poésie Scandinave, dont elles étaient, en quelque sorte, la transformation et la continuation* Ce procédé a aussi été imité, même par les poëtes modernes et côntempo-