‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 51 sur 166 · III. NOTES PHILOLOGIQUES ET CRITIQUES · texte numérisé non relu

III. NOTES PHILOLOGIQUES ET CRITIQUES

grec ertdhroê (ronge) ^ et dérive d!\ine racine Ruka, qui est identique avec Luka, et signifie briller. Dans les langues germaniques rôt (pour rohît, brillant, rouge), désignait originairement la couleur rouge pâle ou jaune ; c'est pourquoi les Germains disaient or rouge (rothes gold) pour or brillant ou or jaune. Alf-rdduU (le Brillant, le Jaune ou le Rutilant des Âlfes), est un des noms épiques du soleil. Les anciens voyaient dans le soleil un disque, un bouclier rond, ou une roue. C'est pourquoi les Scythes donnaient au dieu du soleil le nom épithétique de Targi-tavus (Brillant par la targe). Les Scandinaves, leurs descendants, appelaient le soleil Roue des Alfes (Alfa-hvel), ou la brillante roue (fagra hvel). Dans les dialectes germaniques le mot rad (roue) dérive de la racine vrada (tourner) , comme le latin rota (p. vrota) dérive de vertere. Il est possible que quelques tribus germaines aient nommé le soleil Elf-radul (petite Roue des Elfes), que les Scandinaves ont rendu par Alf-rodullf en donnant au mot de r(5dull la signification de rutilant y qu'il a dans leur idiome^ mais non celle de petite roue, qui est étrangère à leur langue.

8. Seggi, Il faut lire seggi^ datif de Seggr, au lieu de Seggr y qu'on trouve dans les imprimés. Seggr (diseur, messager) ne signifie pas maître y mais servant y c'estràdire homme libre subordonné à son seigneur, auquel il sert de messager. Ce mot ne saurait donc ici s'appliquer à Freyr, le maître; il désigne, au contraire, Skimir, le servant.

9. Pour suppléer au vers qui manque dans le tesiie^ G. Pauli propose de lire : mogr in mangiami (jeune homme désireux de la vierge!). Cette conjecture me semble assez heureuse.

10. ^at Mymia (quid sonituum) pour dire : quel est ce bruit; en allemand : was fiir ein lârm. Notre poëte dît également : hvat er â^AT ALFA (quid Alforum) pour dire quel est cet Alfe, Dans le texte vulgaire,. Wyin ne peut se justifier ; et hlymia n*est pas Tinfinitif du verbe, mais le génitif pluriel de hlymr. Introduire dans ce texte deux fois hlymia j d'abord comme génitif pluriel, puis comme infinitif, n'est pas admissible.

11. Peut-être, au lieu de «pZî ellifu (onze pommes), faut-il lire : epli elli lyfu (pommes remédiant à la vieillesse). C'était le privilège des Asesde pouvoir se rajeunir en mangeant, quand ils vieillissaient, des pommes gardées par Idunn , et qui avaient la vertu de remédier h la vieillesse ou jde rajeunir. Skimir, dans ce cas, aurait promis à Gerdur de lui procurer Téternelle jeunesse dont jouissaient les Ases. Du moins la réponse de Grerdur semble faire allusion à l'idée de ce rajeunissement proposé, et indiquer que cette jeune fille n'a que faire de cette éternelle jeunesse qu'on lui promet, puisque, quelque longue que soit sa vie y elle ne peut ni ne veut habiter avec Freyr, Je crois cependant qu'il faut préférer la leçon ejpli ellifu y pour des raisons indiquées dans le commentaire (voy. ci-dessous p. 143).

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