IV. TRADUCTION DU POËME
Skibnih dit :
«Il est préférable, plutôt que de se lamenter,
« D'être prêt à trépasser ; «A certain jour, mon âge n'est-il pas limité,
« Et ma vie entière arrêtée ? »
Qerdub dit :
« Quel est ce bruit que j'entends, en ce moment, bruire
«Jusque sous nos toits?
«La terre en tremble, et tous les enclos de Gymir
« En sont ébranlés. »
La Servante dit :
« Dehors un homme est descendu de dessus sa montui*e ; « Il laisse son cheval pâturer à terre. »
Gerdur dit :
«Invite-le à entrer dans notre salle,
«Et à boire de cet hydromel pur, «"Bien que je soupçonne que cet homme, là dehors, soit
«Le meurtrier de mon frère.
c Qui es-tu, d'entre les Alfes, ou les Fils des Ases, .« Ou les Vanes avisés ?
«Pourquoi, tout seul, as- tu passé par-dessus le Feuredoutable «Pour visiter notre domicile?»
Skirkir dit :
«Je ne suis ni un Alfe, ni un fils des Ases,
«Ni un Vane avisé;
«Cependant, tout seul, j'ai passé par-dessus le Feu<
redoutable « Pour visiter votre domicile. »
«Je tiens ici onze pommes, toutes d'or,
«Qu'à toi, Gerdr! je pense te donifer,
« Pour acheter ton amour, afin que tu déclares que Freyr « T'est le moins désagréable des vivants. »
Gerdur dit :
« Ces onze pommes, jamais je ne les accepte,
«Pour le plaisir d'aucun homme; «Et, pour Freyr et moi, tant que notre vie dure,
« Jamais nous n'habiterons ensemble. »
Skirnir dit :
«Alors je te donne cette bague, qui a été brûlée
«Avec le jeune fils d'Odinn; «Il y en a huit, du même poids, qui en dégouttent
« Chaque neuvième nuit. »
Gerdur dit :
« Cette bague, je ne l'accepte pas, bien qu'elle fût brûlée «Avec le jeune fils d'Odinn.