‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 63 sur 166 · V. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POËME

66 rapprocher les uns des autre3| et, iiu)r^eineiit , se réconcilier, s'allier, se confondre, entre eux. C'est ce que les Scandinaves exprimaient d'une manière concrète et symbolique, en disant, dans le langage mythologique, que Freyr, le dieu du soleil et de la navigation en été, devenait amoureux de Qerduvj la fille adoucie de rOcéan hivernal (voy. p. 38). Le récit épique développa ensuite ce mythe, exprimé originairement d'une manière très-simple et sommaire (voy. p. 43); et pour en donner une narration motivée dans toutes ses par* ties, il y ajouta des détails, dont la plupart étaient conformes à l'idée du mythe, mais dont quelques-uns aussi étaient seulement imaginés, comme étant appropriés aux circonstances fictives, dans lesquelles on supposait que l'action mythologique a dû se passer (voy. p. 46). Voici à peu près comment on se figurait que Freyr est tombé amoureux de Gerdur. Depuis l'automne, ou depuis le mois de septembre, l'activité de Freyr, qui préside à Tété, a cessé dans l'année, et la puissance pré* domin«s)te,ou l'action prépondérante dans la nature, a passé aux OéamJtê givreux (Hrim-thursar) et aux lotnes^ qui président aux phénomènes de l'hiver. Freyr, étant dès lors sans occupation, est censé s'ennuyer dans son inaction. Après six mois de repos, il souhaite rap{nroche de la saison printanière, où il va reprendre l'activité qui est dans ses attributions. Il désire savoir ce qui se passe dans les différents mondes, qui devront bientôt sentir son influence. A cet effet, quittant son séjour or-

dinaire nommé Cofniifmel (Endlangi, voj. p. 86)^ il se rend à la place nommée Chtmmine'auX'portes (Hlîdskialf), espèce d'observatoire ou guérite céleste, qui se trouvait dans l'endroit le plus élevé ou au zénith de VEndoB des Ases (Asgardr).

Cette place eut le nom de Chaumine'avaS'porteSf parce qu'on se figurait cette guérite comme une chaumine (cf. norr. skilff chaume), placée à une très-grande hauteur, et ayant, ouvertes dans toutes les directions, den portes (norr. htid)^ qui servaient, également, en guise de fenêtres; de sorte que la personne ou le gardien, placé dans l'intérieur de cet observatoire, pouvait voir tout ce qui se trouvait, et tout ce qui se passait à l'entour, dans le monde entier. Dans l'origine, le nom de Hlîdskicdf déBignAit sans doute, symboliquement, une constellation, placée au zénith du ciel boréal. Dans la suite, la tradition, n'ayant plus conscience de l'idée ou de la conception primitive du Hlîdskialf , attribuait la vue étendue, qu'on avait dans cet édifice mythico- épique sur le monde entier, non à remplacement élevé de cette constellation zénithale, ni à la conformation de cette espèce de guérite ou échauguette I mais à la propriété magique qu'elle possédait, semblable à celle que les contes populaires postérieurs attribuaient aux miroirs magiques dé Gratien et de KlinêchoTy miroirs dans lesquels il suffisait de regarder, pour savoir, à l'instant, ce que faisaient les personnes, dont on désirait connaître actuellement soit l'état,

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