V. COMMENTAIRE DU POËME
gardr) par V Océan extérieur (Utsîar). Au-dessus de r£nclos-mitoyen, dans le ciel, était Y Enclos des Ase$ (Âsgardr), et au-dessus du domicile des dieux, dans le ciel supérieur, se trouvait le Séj(ywr des Alfes (Alfheimr), avec la résidence de Freyr, Endlangi (Continuel), d'où Skirnir partit pour Ktunheimr. Afin d'empêcher les ennemis des Ases, surtout les lotnes et les Thurses-givreux, de pénétrer dans le ciel, TEnclos des Ases était entouré de fleuves ignés^ qui formaient le cercle qu'on appelait le Feurflamhantj parce que le feu y était tellement vif qu'il s'élevait bien haut dans Tair, en s'agitant ou flambant. Ces feux flambants formaient, à ce qu'on croyait, un cercle brûlant autour de TEnclos des Ases, et, à l'entrée de cette fortei*esse de feu, k Boches Célestes (Himinbiôrg), ils descendaient du ciel à terre, en bandes bariolées des différentes couleurs du feu. Cette dernière partie du Fevrjlamhant descendant à terre formait, d'après la mythologie, ce que nous appelons l'arc-en-ciel. Ayant été comparé, dans l'origine, à un pont jeté entre le ciel et la terre, et rendu visible, lorsque les nuages qui le cachent ordinairement sont déchirés après les orages , Tarc-en-ciel a été , pour cette raison , appelé Pont-d'Ase , c'est-à-dire pont que passe journellement l'Ase par excellence, Thôr^ quand, de son séjour de Thrûdheinij placé en dehors de V Enclos des AseSj il se rend au Tribunal des dieux, près du Frêne d'Yggdrasilly situé au centre du ciel ou de l'Enclos des Ases. Le Feurflambant ou le Pont-d'Asej
qui en est la bande descendante , se compose de quatre rivières ignées juxtaposées, qu'on distingue d'après les quatre couleurs ou bandes longitudinales qui forment l'arc-en-ciel. Deux de ces rivières sont de feu rouge, et portent les noms de Échauffée (Kârmt pour Kvôrmt) et de Chauffée (Ôrmt pour Vôrmt). Les deux autres rivières ou bandes sont des eaux vaporeuses et bouillantes, appelées Bains de Bassin (Ker-Laugar), parce qu'on les comparait à ces eaux thermales vaporeuses et bouillantes, que, dans le Nord, et plus tard principalement en Islande, on faisait couler dans des bassins creusés dans le sol, pour s'y baigner. A cause de ces vapeurs , on donnait aussi au Feu-flanibamt Tépitbète de vaporeux. Le feu-flambant du Ponird'Ase porte encore le nom de Voie-i/remblotante (Bif-r5st), parce que l'arc- en- ciel était comparé à un espace de chemin, à une voie (norr. rdst; ail. rast; slave, verstci)^ qui, à cause du feu flambant qui y brûle, est considérée comme flambante, vacillante (6i/), ou tremblotante (voy. La Fascination, etc., p. 211 , 212). Pour se rendre de Conr tinuel, où résidait son maître Freyr, à la demeure de Gerdur, Skirnir avait donc à traverser, d'abord, le Feu- Jlambant vaporeux, puis, Y Océan-extérieur^ pour passer sur le rivage opposé, et entrer là dans le séjour brumeux des lotnes.
d) Le Cheval de Freyr. — Skirnir, pour exécuter heureusement le voyage difficile de Continuel à lotunheim, avait besoin d'une monture qui fût assez habile