‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 74 sur 166 · Y. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

Y. COMMENTAIRE DU POËME

pour le porter par-dessus les flammes du Feu-fiambant, Aussi demanda-t-il à son maître de lui prêter son cheval merveilleux , pour ce voyage. Le cheval de Freyr porte le nom de Sabot-Sanglant (BlôdtighÔji; Skaldskaparmâl, p. 180). Dans l'origine, lorsque l'astre du soleil passait, lui-même, pour être le dieu Soleil (voy. p. 8), ce dieu zoomorphe était considéré comme un chevalj parcourant l'espace du ciel (voy. p. 10), et se montrant, au commencement et à la fin de sa carrière, avec une hienr roti>geâtrej ou avec des sabots couleur de sang. Plus tard, lorsqu'on distingua entre le Dieu du soleil et l'astre auquel ce dieu présidait , le cheval fut consacré au Dieu du soleil (voy. p. 11) comme son symbole. Enfin, lorsque le Dieu du soleil, Freyr, devint une divinité, dont souvent on ne se rappelait plus l'origine solairej le cheval, consacré à l'ancien Dieu du soleil, fut considéré comme la monture du dieu-héros, à l'exemple des chevaux de bataille, attribués aux autres dieux Scandinaves, ainsi qu'aux princes et aux chefis-combattants des pays du Nord. Le nom de Sahot-Sanglant fut conservé au cheval de Freyr par la tradition, bien qu'on ne connût plus la raison symbolique, qui, anciennement, lui avait fait donner ce nom. Ensuite, comme, dans l'origine, le Cheval-Soleil était censé passer chaque jour par-dessus le monde entier, de l'Est à l'Ouest, la tradition, conservant cette particularité, et la modifiant selon la nouvelle intuition mythologique, rapporta que le cheval de Freyr, Sabot-Sanglant, passait

aussi facilement par-dessus le Feu 'flambant, que pardessus la terre, les montagnes, et l'Océan. Sabo^Sanglant était donc un cheval tel qu'il le fallait à Skirnir, pour aller au Séjour des lotnes, à travers tous les obstacles que présentait ce voyage dangereux.

e) L'épée de Freyr. — Le principal danger, que redoutait Skimir danslotunheim, était la rencontre avec les Géants ou lotnes , qui étaient les ennemis des Âses, et étaient tout-puissants et redoutables principalement en hiver, et chez eux, dans leur propre pays. Il s'attendait à avoir à les combattre; et, pour être victorieux dans cette lutte terrible, il lui fallut le secours surnaturel et invincible de la magie. En effet , les anciens attribuaient à la magie seule une puissance extraordinaire et insurmontable. On croyait qu'on pouvait , par des moyens magiques, communiquer aux personnes et aux choses une force invincible, ou des qualités surnaturelles. Telles étaient, entre autres, les épées magiques ou féées , dont il y a de nombreux exemples dans les récits épiques des nations de l'antiquité et du moyen âge. Telle était aussi Tépée de Freyr, qui, étant féée, se brandissait elle-même, et faisait à volonté son œu« vre de destruction, pourvu que celui qui la tenait fût avisé j c'est-à-dire sût la formule conjuratoîre, qu'il fallait prononcer pour que l'épée se mît, d'elle-même, en mouvement et en action. Cette épée rendait de grands services à Freyr ^ dans ses luttes contre les forces gigantesques des lotnes. Sur la demande de Skir-

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