‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 82 sur 166 · V. COMMENTAIRE DC POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DC POËME

achat comme étant ^ non Tachât de la personne de la femme, mais l'achat du d/roii de tiUelie (mund-kaup), cette tutelle passant, de la famille où la femme était née, à celle qui l'avait adoptée. Le maximum et le minimum du prix d'achat étaient fixés par la loi. Comme, à l'époque où vivait notre poëte, les Scandinaves n'avaient pas encore de l'argent monnayé^ mais prenaient, comme dans l'ancien état pastoral, le prix d'une vache pour étalon ou mesure de la valeur vénale, le maximum, à ce qu'il paraît, pour l'achat d'une femme légitime, était fixé à douze fois la valeur d'une vache; et le prix d'une amante ou femme illégitime ne devait pas atteindre celui de l'épouse légitime. Le maximum du prix d'achat d'une amante ou concubine était, donc, tout au plus, onze fois la valeur d'une vache. Ensuite, comme l'argent monnayé n'existait pas encore dans le Nord, on donnait à la valeur de la vache, qui était l'étalon par excellence de presque toutes les grandes valeurs d'échange, différentes formes plus ou moins commodes, ou plus ou moins symboliques. Ainsi, aux enfants riches on donnait, comme présents, des billes d'or, qui leur servaient également de joujou. Au lieu de ces billes , Skimir office à la fille Gerdur des pommes d'or, au nombre de onze, et chacune de la valeur d'une vache laitière. Ici , comme dans la mythologie et dans la croyance populaire, les pommes offertes par Skirnir avaient , outre leur valeur intrinsèque, encore une signification symbolique. £n effet la

pomme, qui, dans les langues germaniques et keltiques, porte un nom signifiant spAire (apal p. svaly enflé, arrondi, rebondi), devint le symbole du globe du soleil (sansc. svcU, arrondi, soleil, voy. p. 8); et surtout la pomme-orange était consacrée au dieu du soleil ou à Apollon (Apali-uns; étrusque Afl-uns, Aimensoleil; grec Apolions, Apollon). D'un autre côté, la pomme, étant, de tous les fruits, le plus charnu, le plus substantiel, le plus mangeable, a eu, dans les langues italo-grecques, le nom àepômvm (p. potmum, mangeable; cf. gr. pateomai) et de melon j méUum (broyable, manducable, mangeable); elle devint le symbole de la nourriture, et de la restauration des forces vitales, et, par suite, le symbole de la longévité ^ et de \ immortalité. De là les pommes-oranges d'or des Hespérides ou Filles du Soir, qui donnent l'immortalité, et les pommes d'or de la déesse Scandinave Idunn, dont mangent les Ases, chaque année, pour redevenir jeunes et vigoureux (voy. Fascination de Oulfi, p. 274). Comme symbole de vie et de force productive, la pomme est, ensuite, encore devenue le symbole de l'amour. Chez les Gh*ecs la pomme était consacrée non-seulement à Apollon, mais surtout à Aphrodite, Aussi jeter des pommes (mèlobolein) à une personne, signifiait la provoquer à l'amour. La pomme, jetée par le beau Paris à l'une des trois déesses, était d'abord un symbole de l'amour, avant de devenir une pomme de discorde. La pomme jetée par Galatée à Damoetas, et les dix pommes d'or

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