‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 83 sur 166 · V. COMMENTAIRE DU POÈME. i · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POÈME. i

envoyées parMénalkas à l'aimable Âtnyntas , ont, dans la troisième églogue de Virgile, la même signification symbolique, se rapportant à l'amour. Aussi Properce (lib. n, eclog. 34), se rappelant, peut-être, ces vers de Virgile, dit-il :

«Que dix pommes puissent corrompre une fiUo»,

et:

c Heureux, toi, qui achètes, avec des pommes, de faciles amours».

Nous comprenons maintenant pourquoi Skirnir, afin d'engager Gerdur à se donner à Freyr, lui offre, comme présent, onze pommes âfor. Gerdur les refuse, ne voulant pas se faire acheter, à ce prix, pour être Varinante (frilla) de Freyr. Au Banquet d'Œgir (voy. Poèmes islandais, p. 321), le malicieux Loki reproche à Freyr, devant tous les Ases et Amies des Ases (Asviniur) assemblés, qu'il a tenté d! acheter la fille de Gymir avec de Vor; et, par malice, il n'ajoute pas, à l'honneur de cette fille, qu'elle a refusé ces offres, ni qu'elle a déclaré, comme ici, qu'aussi longtemps qu'elle vivra, elle n'habitera pas avec Freyr.

b) Second moyen de persuasion; promesses de richesses. — Voyant que Gerdur ne se laisse pas vaincre par le premier moyen de persuasion, par les onze pommes d'or, Skirnir a recours à un second moyen ; il tâche de la persuader moyennant le charme qu'exerce, généralement, sur les femmes, la possession de riches bijoux.

Il lui promet le précieux anneau nommé Dégoidtant (Draupnir). Dans Torîgine, cet anneau avait une signification essentiellement symbolique. En efifet, dans la mythologie norraine, la semence et la moisson appelées précieuses j en tant que richesses, et dorées ^ par rapport à la couleur des céréales, sont représentées sous le symbole de riches bijoux ou de joyaux dHor. Aussi la suivante de Freyia, qui est la personnification de la moisson dorée, est-elle nommée Hnoss (Joyau). Pour la même raison, la semence, qui donne la moisson, a pu être symbolisée par Fanneau d'or Draupnir. Et, en effet, dans la poésie norraine, anneau d'or est une expression poétique pour désigner, en général. For et les richesses, puisqu'on se servait, dans le Nord, de petits cercles (batigr^ bague) ou anneaux d'or et d'argent, en guise de monnaie. Le mythe attribue l'anneau Draupnir à Bàldur, dieu du soleil estival, qui fait mûrir, annuellement, les moissansy considérées comme ses richesses. Comme la semence ou les graines d'or sont confiées à la terre en automne, afin de se reproduire en se multipliant, le mythe exprime cette reproduction en disant que l'anneau Draupnir (les graines d'or), cette richesse de Baldur, est, à la mort de ce dieu en automne, mis en terre avec lui, ou emporté par Baldur dans le séjour de Hel (Mort), ou dans le séjour souterrain, où il acquiert, de plus en plus, la propriété de se reproduire. Or l'idée de reproduction s'exprime, dans le langage mythologique, par celle de fondre, verser,

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