I. INTRODUCTION. il
La partie théorique et la partie pratique des religions se transmettent, l'une et l'autre, de génération en génération, par la tradition; avec cette di£Pérence que le culte est lui-même une tradition, populaire, vivante, visible, qui.se transmet comme une habitude et une pratique, n'ayant pas besoin de l'enseignement, ou de la tradition orale, pour se maintenir et se perpétuer; tandis que la théologie, placée en dehors du culte populaire, et ne s'incarnant pas toujours dans les pratiques de ce culte, ne se transmet, généralement, que par la tradition orale, abstraite et didactique, c'est-à-dire comme théorie, système, et doctrine, lesquels ont pris, mais seulement dans les temps anciens, la forme plus concrète de récit poétique ou mythologique.
L'ensemble de ces récits, mythes ou traditions poétiques et didactiques , exprimant des vues, des théories, sur des questions placées généralement en dehors du culte populaire, constituait, dans l'antiquité, ce qu'on appelle la mythologie. La mythologie n'est donc pas ^ou^6 ]a religion; elle n'en est qu'une partie; c'est au point que la religion populaire, ou le culte, ignorait, en grande partie, et ignore encore aujourd'hui, dans la plupart des religions, ces traditions dogmatiques, mythologiques, et légendaires, qui n'ont jamais été aussi populaires que les pratiques du culte.