I. INTRODUCTION
tionB cUuis les détails. Ce mythe a été, de bonne heure, raconté en vers. Ce qui le prouve, c'est la strophe suivante :
« Huit nuits j'étais assis au milieu des feux, ici, « Sans que personne ne m'offirît à manger, « Elxcepté le seul Agnair, le fils de Q^irrSdr, < Qui seul gouvernera le pays des (3k)tne8. t
Cette strophe appartenait évidemment à un chant narratif (sôguliod), qui racontait le mythe de Ghrimnir. Ce chant n'ayant pas encore de caractère didactigue^ appartenait à la première période des poëmes mythologiques (voy. p. 177). Aussi est-il composé dans la versification la plus ancienne, dans la Disposition des versantiques^ et non pas dans celle des poëmes mythologiques postérieurs, tels que le Grimnismâl^ qui ont déjà le caractère didactique, et qui, pour cette raison, sont composés dans la versification plus moderne du Mode des chants (voy. p. 60). La strophe citée ci-dessus est la seule qui nous reste de cet ancien chant narratif. Elle a pu se conserver jusqu'à nos jours, parce qu'elle a été insérée dans le poëme de Ghimnismâl ^ où elle s'est maintenue, bien qu'elle n'y soit pas authentique, dans toutes les éditions des poëmes de l'Edda. Évidemment le chant qui renfermait cette strophe a été composé antérieurement au Grimnismâl; et l'auteur de ce poëme l'a probablement connue; mais il n'en a pas adopté entièrement le récit; il a suivi une narration différente
de celle du chant. En effet, il semble que ce chant narratif, dont il ne nous reste que cette strophe, représentait Grimnir comme torturé principalement par la faim. C'était un usage, assez fréquent dans le Nord, de contraindre quelqu'un à faire des aveux, en lui infligeant la torture de la faim ^ C'est pourquoi il est dit dans la strophe citée ci-dessus :
«Huit nuits j'étais assis au milieu des feux, ici, « SaiM que personne ne m'offrît à manger, »
L'auteur du Grimnismâlj au contraire, suit une autre version du récit, d'après laquelle Grimnir fut principalement torturé par la chaleur et la soif; et c'est pourquoi il fait dire, par Grimnir ^ à Agnarr^ qui lui avait présenté une corne remplie de vin :
«Heureux tu sois! Agnarr! puisqu'il te bénit
« Le prince des protecteurs ; « Pour un coup à boire tu ne pourras jamais
« Obtenir de meilleure récompense! »
Si donc, comme il est probable, l'auteur du Grimnismâl a connu l'ancien chant narratif sUr Qrimnir, il ne Fa pas, cependant, suivi dans tous les détails. A coup sûr ce n'est pas lui qui a inséré dans son poëme cette strophe tirée de l'ancien chant. Cette strophe n'existait