IV. TRADUCTION
Hraudung le roi avait deux fils, nommés l'un Âgnarr, et l'autre Geirrôdr".
Agnarr avait dix hivers, et Geirrôdr huit hivers, lorsqu'ils ramèrent tous deux en bateau, avec leurs lignes, pour la petite pêche. Le vent les poussa sur la haute mer. Ils échouèrent, dans l'obscurité de la nuit, près d'une terre, et y montèrent. Ils trouvèrent un manant de chaumine, seul. Là, ils restèrent pendant cet
(*) Les numéros dans la Traduction se rapportent aux numéros coirespondants du Commentaire qui la suit.
hiver. Agnarr fut le nourrisson de la vieille, et Geîrrodr celui du vieux; et celui-ci lui apprit des expédients.
Au printemps, le vieux leur procura un bateau; puis, lui et la vieille les accompagnèrent jusqu'au rivage. Là, le vieux eut un entretien privé avec Geirrôdr. Ils obtinrent un vent favorable, et vinrent près du manoir de leur père. Geirrëdr était à Favant dans le bateau; il sauta sur la plage, puis repoussa de terre le bateau , et s'écria : « Va maintenant oîb la Serpente ie tiendra!» Le bateau fut rejeté sur la haute mer. Pnis Geirrôdr remonta jusqu'au manoir. Là, il fut bien accueilli. Son père était alors décédé. Geirrôdr fut dès lors pris pour roi , et devint un homme considéré.
Odinn et Frigg étaient assis dans la Chaumim-auxportes j et regardèrent sur tous les séjours. Odinn dit: « VoÎB'tu Agnarr j ton nàurrisBOUy où U procrée des ér^ards ^avec la Géante, dans cet antre? tandis que Geirrôdr, *mon nou/rriBson, est roi, et préside mainteTiant à «on ^pays.» I^rigg dit: «7Z est tellement chiche de traite- <i^ment qu'il tou/rmente ses hôtes, s'ils lui semblent venir ^trop nombreux, » Odinn dit que c'est là le plus grand mensonge. Tous deux gagent sur ce dire.
Frigg envoya sa garde-écrin, Fulla, auprès de Geirrôdr. Elle invita le roi à se prémunir, pour qu'il ne lui fût fait de maléfice, par un homme très -magicien qui était alors venu dans le pays ; et elle indiqua comme enseigne «qu'aucun chien, ai enragé fût-il, n'oserait lui courir sus». C'était là un mensonge des plus habiles,