‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 146 sur 149 · Gai-§éj(mr est le nom des régions supérieures et · texte numérisé non relu

Gai-§éj(mr est le nom des régions supérieures et

lumineuses du ciel. C'est là que se trouve le manoir

d'Odînn qui est nommé la Halle-des-OcciSy parce que

c'est là que le dieu des guerriers réunit les héros, qui,

en combattant, sont tombés dans Yoccisiorij ou par une

mort sanglante, et ont, par cela même, été jugés dignes

d'entrer au Séjour d'Odinn, et de combattre dès lors,

avec lui, comme TroupierS'UniqibeSy les ennemis des

dieux, dans le grand Combat qui aiu'a lieu à la fin du

monde, ou au Crépuscule des Grandeu/rs. Aussi est-il dit

qu'Odinn, appelé ici Invoqué (hrôptr p. hrôpudr) parce

qu'il est invoqué par les guerriers, choisit chaque jour,

pour compagnons, les héros morts par les armes.

14. La Halle-des-OcdSy ce manoir d'Odinn, du dieu de la guerre, ressemble à une salle d'armes. Le plafond de cette halle est formé de hampes de lances; la toiture est faite de boucliers, de manière à donner à ce manoir l'aspect d'un Fort-de-iouclier s {norr.BkisAd-horg)'^ et sur les bancs sont disposées les cuirasses, que mettront les Troupiers-uniques (voy. La Fascination, p. 146, suiv.) lors du grand combat de la fin du monde.

15, Les Occis qui vont à Valhëll reconnaissent cette demeure d'Odinn déjà de loin, avant d'y entrer; ils la reconnaissent en voyant le loup, qui est attaché à la

porte occidentale de la Halle-des-Occis , et Taigle, qui est assis au sommet de Tarbre lUwminéj dont le tronc s'élève au centre de ValhôU.

Les feux souterrains qui sont lancés au ciel par les volcans sont symbolisés par le loup de Fenrir. Lie nom Fenrir (Écumant) désigne les masses écumantes et effervescentes qui bouillonnent dans les entrailles de la terre, et menacent de destruction le monde entier. Odinn et les Ases, voyant ce loup grandir pour leur perte, prirent des mesures pour Tenchaîner, et parvinrent, par des ruses, à lui mettre le lien magique nommé Étranglant Ils Tenchaînèrent à Toccident de la Halle-des-Occis , dans une île nommée Amsvartmr (Noirci de peine) où, ainsi attaché ou suspendu au con par le lien qu'il tâche de rompre, il attendra jusqu'au Crépuscule des Grandeurs , pour briser alors sa chaîne , et pour se ruer sur le ciel et sur Odinn.

L'arbre merveilleux, dont le nom dérive sans doute de Hlœradr et signifie Illuminé^ est, par son dôme de branches et de feuillage, le symbole de la voûte céleste. Le tronc de cet arbre est placé au milieu de la Halle-deS' Occis j et son sommet s'élevant au-dessus du toit doré de cette demeure céleste, se fait voir déjà de loin. Cet arbre, qu'il ne faut pas confondre avec le Frêne d'Yggdrasill placé au centre du monde, est cependant la reproduction, en petit, de cet arbre symbole de la vie du monde. Sur l'arbre lUuminé veille un aigle, qui avertit Odinn de tout danger, et qui garde à vue le

loup Fenrir. Il se penche en avant pour observer et regarder : e'est pourquoi il est dit, dans la strophe, qu'il se penche (drxtpîr).

16. Sur l'iotne Thiassiy sur sa fille Skadi^ et sur sa demeure Bruyant-Séjov/Tj voir ce qui a été dit pp. 31-34.

17. Le nom de Larges-Éclcds indique que cet endroit est tellement brillant que Téclat s'en répand au large. II est probable que, dans l'origine , ce nom désignait la voie lactée. C'est là la résidence de Baldur^ qui est la personnification du soleil estival, et qui, en cette qualité, est Valfe ou le génie de lumière par excellence (voy. La Fascinationy p. 94). Baldur est également l'idéal de la beauté , de la bonté, et de la pureté. Aussi son Séjour pàsse-t-il pour renfermer, parmi tous les séjours célestes , le moins de choses nuisibles.

18. Le nom de HemdaU (Pin de Séjour) provient de <^e que œ dieu, dcms l'origine, l'étoile du matin, et fils du soleil , s'est confondu avec un au^e fils du soleil, avec le dieu-héros /rmîny qui était représenté par un ptn, ou un arbre, symbole, à la fois, et de V établissement ou du domicile consacré au soleil, et de \ei,viey laquelle, dans la nature , naît sous Pinfluencè du soleil printaliier. Heimdall, le dieu de l'étoile du matin, de l'aube, et du printemps, est devenu, dans la suite, par une abstraction cosmologique , le dieu du commencement des choses, çn général, et Tauteur de la race et de la so-

ciété humaine, en particulier. Comme fils du soleil qui éclaire tout, qui voit tout, et protège toute vie, le dieu Heimdall est aussi devenu le Gardien des Ases. £n sa qualité de gardien ou portier des dieux, Heimdall demeure à Fabord ou à Tentrée du ciel , là où le Pont d'Ase touche à VEnclos des Ases. Le séjour du portier des Ases, placé à Feutrée du ciel, est nommé Fériéscélestes^ parce qu'il est un ensemble de fertés ou de forteresses placées au Nord-Est de VEnclos des Ases, sur des montagnes ou rochers célestes (voy. Fasciruxtmj p. 276 et suiv.)i Chez Içs peuples du Nord et chez Icuw ancêtres , les forteresses étaient en même temps des temples, où Ton gardait non-seulement les armes et les enseignes, mais aussi les objets sacrés, composant le trésor des dieux: c'est pourquoi, en langue gothique, le mot alhs, qui correspond au mot latin arcs (forteresse), avait la signification de temple (voy. Les Gîtes, p. 265). Aussi Heimdall, qui habite les Fertés-ceUêtes, est-il dit présider aux scmduaires. Ce gardien des Ases, pour se tenir éveillé, et pour se réchauffer pendant ses veillées de nuit, boit, joyeux, rexcellent hydromel des dieux.

19. Comme déesse de la lune, Freyia était, dans Torigine, à la fois déesse de la Production et de la Destruction (voy. ci-dessus, p. 250). Les anciennes attributions de Frèyia, comme déesse de la Destruction, subsistent encore dans quelques mythes, qui se rapportent à cette divinités C'est ainsi qu'un mythe dit

que Freyia reçoit les guerriers oects, et leur assigne des places dans sa salle nommée Con^ien^Zds-ySîe^es (norr. Sessrwnnnvr) , nom qui exprime que cette salle est assez vaste , pour contenir les sièges des nombreux Lôtes de cette déesse des Morts. C'est comme déesse des Morts qu'elle se met à la tête des FoZA^rîes, et invite, à venir chez elle , les guerriers illustres qui sont tombés dans XoccÂBion (norr. va2). C'est comme déesse des Morts qu'elle est l'amante d' Odinn^ surnommé le F^e des Occis (voy. Fascination, p. 247). Il est vrai que, dans les mythes épiques postérieurs, cette invitation et cette réception des occis, que fait chez elle Freyia^ ne sont plus mises en rapport avec sa qualité de déesse des Morts, mais seulement avec ses attributions de Dame ou de Maîtresse de maison. En effet, dans le Nord, il était d'asage que la moitié des gens de la maison était nourrie et entretenue par le Maître (anglos. Mâfordy donne-miche, Lord)^ et l'autre moitié par la Maîtresse (angles, hlâf-dige^ boulangère, Lady). Aussi est-il dit, dans notre strophe, que Freyia choisissait, pour sa part, la moitié du nombre des occis ^ et que l'autre moitié entrait chez Odinn, pour faire partie des Troupierstmiques de ce Père des Occis, Mais en recevant chez elle des guerriers occis, i^r«yia, d'après ce mythe, remplissait purement les fonctions ou obligations domestiques de Maîtresse de maison. Et, effectivement, déjà le nom de la résidence de cette Maîtresse semble indiquer que Freyia y remplissait seulement.

envers les guerriers occis, les devoirs de l'hospitalité, ou qu'elle leur faisait, comnae Dame, les honneurs du logis; car le nom de Pré^a/ax-^Gens {nonr. FoUewmgar, Pelouses d^assemblée), donné à la résidônee de Freyia, semble avoir une signification, analogue à celui de Champ^4^Maij ou de Clhamjhde*Marê, et indiquer que les combattatits invités tenaient une espèce d'assemblée guerrière , dans la demeure de Freyia, leur Maîtresse ou leurDame.

20. Le nom , de Forseti ne signifie pas Président, mais Proposant, c'est-à-dire chef du jury qui propote la décision judiciaire, à prendre par les assesseurs ou jurés. Proposant est une spécialisation ou dédoublement de BalduTy ou, comme s'exprime le ii[iythe, le FiU de Baldv/r, du soleil qui voit tout, qui sait tout, et qui est, par conséquent, lé symbole de la, vérité et de la justice. Etant le dieu de la justice, qui ramène la paix ou prévient la discorde, j?Vopo8an* est aussi le dieu de la Paix, de la Concorde, et de la Réœndliation, Le lieu de justice, où siège Proposant, est i^ommé Étincelant Peut-être, dans l'origine, le nom d'J^tmc^Zani^ désignaitil le signe zodiacal de la vierge, ou cette partie de l'année dans laquelle on faisait la récolte dans le Nord, et où toutes les discussions et procès étaient suspendus (cf. Frodorfridr; la trêve de Dieu; et les mois de paix des Arabes antéislainiques ').

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