Yoy. De Behgione Arahttm cmteislamioa, p
y. COMMENTAIRE. 273
21. Sur le iiomdeiVt^cli«retâttrrEnclos*du-iNoch6r, voy. ci-dessu6 pp. 23^33.
22. Dans rorigine Vidârrj dont le nom signifie Auguste (harr) sur Vétendue (yîti) de la t^rre et de la m&Cj était le dieu du Soleil et de la Tempête, en hiver. Il était le fils d'Odinn, dieu des Tempêtes^ et dé la Géante Gridur (Impétueuse), laquelle , par son bfttbn magique , soulève, excite, et apaise les tempêtes en Atver. Vîdârr ne faiblit pas en hiver comme les autres Âses. Aussi , dans cette saison vprend^l la place de son père Odkmy et de son frère ThSvy comme Chef et Protecteur des diettx. Le nom de la demeure de Vîdârr est Paysétendfu; elle lui.^Tait été attribuée en sa qualité de dieu du soleil, de l'astre qui parcourt une vcate étendue de pays. Ce séjour est couvert de broussailles et d'berbe de bruyère , ce qui indique que cette résidence du dieu des Tempêtes d'hiver est une bruyère déserte, peu fréquentée, et peu visitée par les autres ^icux, qui, pendant la saison morte, sont censés inactifs. C'est là qu'au 'Orépmaule de» Ghxmdeurs^ qui sera ciomme Vhiver du Monde, Vîdârr descendra de son cheval, symbole du vent d'hiver, comme un guerrier descend de cheval à la fin de la journée. Mais ce n'est pas pour se reposer qu'il descendra de cheval ; c'est pour mieux s'apprêter au combat; cW pour être prêt à prendre la place de sou père qui viendra à périr, et pour venger sa mort eu tuant le loup de Fenrir (voy. Fascination, p. 280).
En donnant des renseignements sur les demeures célestes, qui ne pouvaient être ainsi connus que d'une personne divine, Odinn avait espéré se faire reconnaître, et recevoir de Geirrddr un traitement brillant. Mais ce roi et ses gens, prévenus par l'avertissement de.FuUa, n'arrivèrent pas à soupçonner que, sons Grimnir, était caché le chef des Âses. Geirrôdr attribuait la science surhumaine., dont faisait preuve son hdte, à sa qualité de magicien, et se confirma ainsi dsvantage dans sa prévention: contre lui. Aussi le traitement ne fut-il pas changé à son. égard; et Odinn, de son côté, espéra mieux réussir. le lendemain, ou le troisième jour, à se faire reconnaître par le roi , en lui révélant des mystères qui faisaient supposer une science plus surhumaine encore. : * .
III« Journée. Bits de Grimnir.
Nçms deê Êtreê et C^dta relatifs à la HaUe^deê-OceiB.
23. Dans l'origine, lorsque OéUnn ne passait encore que pour le dieu des Vents et des Tempêtes, sa Suite ne se composait aussi que de Vents, ou de nuages tempétueux personnifiés. Cette suite d'Odinn était entretenue ou nou/rrie, comme on se l'imaginait, d'abord, par les exhalaisons condensées ou gelées de la mer, appelées FrimaB'dê'MBr (norr. Sœhrifnnir); ensuite, par les exhalaisons gelées de l'haleine des êtres vivants, appe-
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lées FrimfM'd* Haleine (norr. AndJirimnir) , et, enfin , par la vapetu* et la fumée du feu ^ appelées Frimas^de'Feu (norr. JEldhrinmir). Plus tard, lorsque Odinn, le dieu des Tempêtes et des Vents, fut devenu, principalement, dieu des Combats, son ancienne Suite , ouïes Nuages, furent aussi changés en héros combattants; nèanmoiiiB la tradition mythologique continua à rapporter que la Suite ou laMassénie d'Odinn, c'est-à-dire, les Troupiers-wniqueSf étaient nourris par Sœhrimnirj Andhrimnir^ et Eldhnmnir. Mais comme Hrimnir signifiait non-seulement Frimas, mais aussi Verrcstj il se forma, sur cette seconde interprétation, le mythe d'après ieqael Verrab-de-Mer était cuit journellement par le Cuisinier souffleur, nommé Verrairde-Souffle, dans un poêle à couvercle, nommé Verrat-de-Feu, Le lard cuit de Verrat-de-Mer, qui était la nourriture des Troupiersuniques, passait naturellement pour la meilleure des viandes. Il était seulement étonnant que les Troupiers-uniques si nombreux, pussent toujours se nourrir du lard du même Verrat-de'Mer. C'est que le porc SœhHmntr, abattu et mangé journellement, était, par nu effet magique inhérent à sa nature, chaque fois restauré intégralement le lendemain (voy. La FaedriOr tion de Chilfi^ p. 307).
24. La mort sanglante des guerriers dans les comoats était considérée comme une dévotion j c'est-à-dire comme un sacrifice de leur personne, offert à Odinn le
JPire des Ocda, On conflit donc que les loups et les corbeaux, qui, ou nom du dieu des Combats, s'emparaient des cadavres dévoués à ce dieu, étaient euxmêmes considérés comme dés animaux consacrés à Odinn , ou comme ses Ministres. C'est pourquoi le Chef des Ases, désigné, dans la strophe, par les noms épithétiques de Très^Armêy et à^Hahiùud'-miœ'cambats^ avait auprès de lui deux loups, nommés Avide et Effronté, qu'il traitait à sa table, comme les seigneurs^ au moyen âge , traitaient leurs chiens de chasse. N'ayant pas besoin, lui-même, de nourriture matérielle, Odinn abandonna chaque jour son ordinaire à Avide et à JSffronU, Il se soutenait uniquement par un fortifiant, à savoir , par le vin (voy. Fascination j p. 308).
25. Les noirs corbeaux sont des oiseaux de mauvais augure. Consiacréa à Odinn, dieu des Combats, ils présagent, partout où ils se portent, la guerre et les combats. Odinn ayant intérêt à fomenter la guerre, pour obtenir, par l'occision , des Troupiers-uniques , qui Faasisterpnt dans la dernière lutte au Crépuscule des Grandeurs, il fait voler ses corbeaux journellement sur la surface de la terre, ou sur la Plaine d'Irmun ou du Soleil, qui est ainsi nommée parce qu'elle est éclairée, dans toute son étendue, par Tastre du jour. Les corbeaux d'Odinn portent les noms de Hûginn et de Maman, qui rappellent l'idée de pensée (hugr) et de résolution (munr), et indiquent que ces oiseaux sont les messagers
d'Odimi, aassi prompts que la pensée et la résolution. Plus tard, cependant, ces deux noms, désignant symboliquement ces corbeaux, paraissent avoir pris la signification plus spéciale de Souvenir et Avenir; de sorte que Huginn devint le corbeau d'Odinn, annonçant, à ce dieu, les combats qui ont déjà eu lieu, ou qui appartiennent au passé ou au souvenir, et que Mvmnn eut plus spécialement le rôle d'annoncer les combats, qui vont encore avoir lieu, ou qui appartiennent à Tavenir. La grande préoccupation d'Odinn, c'est le grand combat de l'avenir, au CrépUHCule des Grandeurs. C'est pourquoi il est dit, qu'Odinn craint que Huginn ne revienne plus lui annoncer les combats qui viennent d'avoir eu lieu, mais que ce dieu est beaucoup plus préoccupé encore au sujet de Miminn, qui devra le prévenir de l'approche du grand Combat définitif.
26. La préoccupation d'Odinn au sujet de Muninn rappelle à Grimnir les signes précurseurs du Crépuscule des Grandeurs f dont il parle, dans cette strophe, en termes assez énigmatiques. Grimnir mentionne d'abord le Loup de Fenrir^ qui est enchaîné à l'occident de la Balle-deS' Occis (voy. p. 268). Ce loup enchaîné, ou at6«pendu dans le lien qui lui serre le cou, hurle de rage contre Odinrij qui est appelé ici Effilé (Thi^ndr), parce que Odinn, comme dieu des combats, a été substitué à "^yry Tancien dieu de la guerre , lequel était représenté par un glaive, désigné ici par le nom d'Effilé. Ces hur-
lements enragés sont an manvais présage oontînuel; ils annoncent qu'à la fin le Loup parviendra à se débarrasser de son lien, et s'attaquera à Odinn. Le déchaînement dû loup donnera alors le itgrud de gtierre du grand combat au 0répu9CuU des Grcmdewrs. Aussi le Loup de Fenrir porte«t-il le nom épithétique significatif de Signcd-universel (Thiôd-Vitnir).
Gh*imnir parle, ensuite, du grand Serpent de V Endosmitoyen (Midgards-orm), lequel est le symbole des yagués et agitations terribles de l'océan, qui, k la, indu monde, engloutira la terre. Comme ce serpent gît vol fond de la mer, Grimnir le désigne sous le nom de Poisson. Ce serpent marin ou poisson se réjouit dans les flots de l'océan, lesquels sont agités par la bave ou lave volcanique f qui sort, en quantité terrible, de la gueule gigantesque du Loup enchaîné ou de Signal-universel, et forme deux grands fleuves, Vil (Lamentation) et Von (Regret), lesquels se jettent dans la mer et la font boiu'ilonner. Ces fleuves, qui, avant de se jeter dans l'océan^ font le tour de l'Enclos des Ases, gèleront dans le terrible hiver qui précédera le Crépuscule des Grandeurs. Alors la foule immense des Trépassés du monde glacial des lotnes et des Thurses-givreux pourra les traverser, et marcher à l'attaque du Séjour des Dieux. Mais, maintenant, le courant de ces fleuves est encore trop incommode et dangereux à cette foule iotnique, pour qu'elle ose le traverser.
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27. La JETalle-des- Occis, qui s'élevait dans la plaine appelée Plaine d*Idi (Idayôllr), avait 539 grandes portes censées sacrées, c'est-à-dire inaccessibles à ceux qui ne devaient pas entrer; déplus, avant d'arriver à cette demeure, il fallait passer une grille qui entourait la HaUedes- Occis y et qui, d'après elle, était nommée la GfTill&' des- Occis. Cette grille était formée de claies attachées Tune à l'autre, et réunies par une chaîne magique, qui les retenait ensemble d'une manière solide. Aussi, bien que la clôture de claies, construite k l'aurore des âges, fùttrès-anctenn^^ elle n'a cependant pas été détériorée par vétusté. Et comme elle est une œuvre de magie, Gfrimnir, se servant d'ime litote , dit que peu de personnes, c'est-à-dire nulle personne j à l'exception d'Odinn, ne sait comment est fait ce lien magique, qui retient les claies de la grille.
28. Odinn étant, dans l'origine, le dieu des vents et des tempêtes, sa demeure ou la Halle-des- Occis était une immense rotonde, qui avait, dans l'intérieur, des allées (golf) se terminant, à l'extérieur, par des portes, dans toutes les directions de la rose des vents. Les mythologies anciennes maintiennent généralement, en ce qui concerne les vents ou leurs directions, la division septénaire. C'est pourquoi la mythologie Scandinave, pour exprimer l'idée d'un grand nombre y en fait de directions ou de vents, a employé le nombre 7 X 77, c'està-dire 539. La Halle-deS' Occis a donc 539 allées et portes ;
ce que Gfrimnir énonce, d'une manière un peu énîgmatîque, en disant qu'elle a cinq centaines de portes, plus environ (ou pres^pie) quatre dizaines.
Lorsque, au Crijmseule des Chrandewrsj Odinn et ses compagnons d'armes vont combattre le Loup de Fenrir^ appelé le Signal (Vitnir) ou le Signal-umverBel (Thîôd- Vitnir), huit centaines de Tràupiers-imiques sortent , à la fois de &ônt, par chacune des 539 portes de la SàBedsB-.Occis; de sorte que 431,200 hommes passeront, au même instant, les 539 seuils de cette demeure céleste. La mythologie abandonne, à l'imagination de chacun, le soin de déterminer la profondeur de ces 539 colonnes continues, la durée de leur défilé, et, enfin, le nombre total des combattants dans cette journée terrible (voy. La Fascination, p. 312).
29. La demeure de Thôr, du fils d'Odinn, ne se trouve pas , comme les autres demeures des dieux , au cielf dans V Enclos des Ases, mais en dehors ou au-dessous de cet Enclos, sur de hautes montagnes herc^ nienriesj entre le ciel et la terre (voy. p. 262). Cette demeure est nommée Séjour-d' Énergie (Thrûdheim) , ou Ckamps-d' Énergie (ThrûivsiJigax)^ à cause de l'énergie ou de la force invincible de Thôr, qui y fait sa résidence. La halle, que Thôr habite dans le Séjourd'Énergie y est nommée Éclaireur-instantané ou mieux ÉclairciUGrain (Bil-Skirnir), parce qu'elle était, dans l'origine, le symbole du nuage orageux ou àxi grain, d où sort la foudre qui disperse ou éclaircit le grain.
Chrirnnir dit qu'il y a, dans Éclaircit-Grainy environ 539 allées ou couloirs, avec les recoins ou angles (norr. hugom) formés par ces allées , c'est*à-dire autant qu'il y a de portes dans lAHaUe-dea-PecU. Il ajoute que, de toutes les demeures célestes qui ne sont pas de simples enclos, mais des.habitations couvertes, Édaircit- Grain, la demeure de Thôr, fils d'Odinn, est la plus vaste, parce qu'elle s'étend, comme Séjour du Tonnerre, dans toutes les directions du ciel inférieur.
30. Les feuilles de l'arbre merveilleux Illuminé (voy. p. 268), qui s'élève au milieu et au-dessus de la rotonde de la Halle-desrOccis , et dont les branchiBS, retombent Bur le dôme de cette demeure, sont broutées par la Chèvre merveilleuse, dont les ÎVoMpiVs-wniji^s boivent, journellement, le lait salutaire, fortifiant, précieux, et inépuisable. Cette chèvre, pour atteindre les feuilles qu'elle broute, se dresse, sur ses jambeff de derrière, contre les murs de la Halle- des-Occis. Les chèvres aiment, généralement, la lumière, la chaleur, et les hau-; teurs; de là le nom de Aime-Sérénité (Heid-run, Compagnonne de Sérénité). Les Scandinaves aimaient surtout, comme boisson, une espèce d!hydromel (norr. niod; russ. kv<M$)^ qu'ils estimaient au point d'appeler de ce nom toute boisson douce et excellente. Aussi la mythologie donne-t-elle le nom à^hydromslj au lait de la vache Avdhumla^ et à celui de la, chèvre ffeidrûne (voy. Fascination^ p. 310).
31. Le mythe bizarre du cerf Eikthjrnir, qui, dans sa forme (ictudley n'a plus rien de plastique, puisqu'il n'est pas concevable par l'imagination, porte par cela même en lui la preuve qu'il a subi de notables modifications, provenant de la fusion d'éléments hétérogènes. Four en comprendre la formation, il faut distinguer d'abord le mythe cosmogonique du Bcussin-bruyani. Les Scandinaves, ayant remarqué que les sources des rivières sortaient ordinairement du pied des glacière (finn. i'ôki; norr. i'ôkulT)^ ont imaginé que les fleuves ont pris leur origine, dans le monde primitif ou dan& le Séjour-hrumeux (Niflheim), au pied du gigantesque glacier, qu'on se figurait, sans doute, comme un lotne ou Raide-givreux (Hrimthurse) métamorphosé en renne, et qu'on nommait, probablement, ioMkymir (le Cornu du G-lacier). Des aiguilles ou des cornes de glace du renne lokthyrnir découlaient, croyait-on, les eaux dans le lac appelé le Bassin-bruyant, lequel, débordant, donna naissance à des fleuves, qui prirent leur cours dans toutes les directions. Plus tard, le renne ayant été changé en cerf, et le mot iok (glacier) en eik (arbre, chêne) , le mythe cosmogonique de iokthymir se changea en celui du cerf Eikthpmir (le Cornu de l'Arbre) , que , guidée par la signification de ce nouveau nom , la tradition a cru devoir mettre en rapport avec un arbre mythologique. Elle imagina que le cerf Mkthtfmiry semblable à la chèvre Heidruney se dressait, sur ses jambes de derrière, contre les murs de la Halh-des-Occisy pour
brouter les feuilles de Tarbre Illuminé. Enfin ^ confondant Tarbre Illuminé avec le JPrêne d'Yggdrasilly elle a substitué celui-ci & celui-là; de. sorte que le cerf Eikthymir fut représenté comme broutant les feuilles du Frêne d* YggdrasUh Cependant les anciennes données du mythe primitif, concernant les eaux qui découlaient des aiguilles du renne lokthymirj se maintinrent intactes dans le mythe du cerf Eikihymiry qui fut transporté du Séj our 'brumeux aM^rhs du Frêne d'Yggdrasill, et de là auprès de l'arbre Illuminé. De cette confusion est résultée la conception bizarre et erronée, d'après laquelle les eaux, dégouttant des cornes du Cerf, qui se tient près du Frêne d'Yggdrasill , faussement identifié avec larbre Illuminé dans V Enclos des Asesj sont censées tomber dans le Bassin hruyantj qui était placé dans ^^SéjouAT-hrumeux de l'ancien monde primitif, et donner ainsi naissance à tous les fleuves.
32. Les noms, cités dans cette strophe, sont ceux des fleuves appelés VcLgues tempétueuses (norr. Elivogar; voy. Fascination^ p. 171), qui, d'après le mythe cosmogonique, sortent du Bassinrbruyant. Ces noms expriment les différents caractères ou qualités qu'on attribuait à ces fleuves mythologiques. Ainsi les noms AttaqViOntey Désireuse-de-LuMe, BranditrUt-Lance indiquent l'impétuosité ou le caractère belliqueux de ces torrents. Ces fleuves, sortant du Séjour- brumeux, coulent autour de la terre, et, par suite , aussi autour
de Y Enclos des Asesj qui est situé au-dessus de la terre, et qui contient les demeures ou les temples des Ases. Or/ comme dans l'antiquité les temples étaient des forteresses, dans lesquelles on déposait les trésors (voy. p. 270), il est dit, dans la strophe, que ces fleuves entourent les trésors des dieux,
33. Une autre partie des fleuves, sortis du Séjourbrumeux, s'est rapprochée davantage de YEnclos-mitoyen ou du Séjour des hommes, et de là se dirige vers le Nord, pour se jeter dans le Séjour de Hel (voj. Fascination y p. 268), Les noms de Dvine et de Vienne sont devenus des noms géographiques de fleuves : les noms de Sachant-son-chemin, et de Connaissant-les^euples indiquent que ces fleuves ont un très-long cours; de sorte qu'ils voient beaucoup de peuples, et doivent connaître leur chemin pour ne pas s'égarer, dans leur long voyage.
34. Pour mettre en sûreté YEnclos des Ases contre les attaques des ennemis des dieux, cet Enclos est censé entouré, comme l'Erèbe des Qrecs, de fleuves ignés y qui formaient ce qu'on appelait le Fevrflamhant (norr. Vtxfur-logi). Ces feux flambants faisaient, au ciel, le cercle tout autour de l'Enclos des Ases; et arrivés à Fertés'célestes (Himin-biôrg) , où est Y entrée de cette enceinte, ils descendaient du ciel à terre, et formaient comme des bandes bariolées des différentes couleurs du feu. Cette dernière partie du Feu-flambant
confititue, d'après le mythe, Varc-en-cièly qui, ayant été comparé à un pont jeté entre le ciel et la terre, a été, pour cette raison, appelé Pont d'Ase^ c'est-à-dire Pont de TAse Thôr. En effet, Thôr seulj dont le domicile est, sous le ciel, à Séjaur-d' Énergie (voy. p. 280), se rend, chaque jour, au Tribunal des dieux, auprès de Farbre du jugement ou du Frêne dTggdrasill, au centre de Y Enclos des Ases. Les autres Ases, parce qu'ils habitent cet Enclos, n'ont pas besoin de monter au ciel par le Pont d'Ase; ils se rendent simplement, de leurs domiciles ce* lestes, auprès du Frêne dans la Plaine d'Idi (voy. p. 279). Le Feu-flambant du Pont d'Ase se compose de quatre rivières ignées juxtaposées , qu'on distingue d'après les quatre couleurs ou bandes longitudinales qui forment l'arc-en-ciel. Ces eaux sont sacréesj parce qu'elles sont inaccessibles (voy. p. 279), et préservent de toute attaque les demeures sacrées des dieux. Deux de ces rivières sont de feu rouge, et portent les noms de Échauffée {Kormt p. Kvormt) et de Chauffée (Ôrmt p, Vdnnt). Les deux autres sont des eaux vaporeueuBs et bouillantes, appelées Bains de bassin (Eer-laugar), parce qu'on les comparait à ces eaux thermales toutes vaporeuses et bouillantes que, dans le Nord, et plus tard, principalement, en Islande, on faisait couler dans des bassins (ker) creusés dans le sol, pour s'y baigner (voy. Fascination, p. 211).
Dans cette troisième journée, Grimnir avait prononcé des Dits qui dénotaient une science plus particulière-
ment surhumaine. Il avait indiqué, dans les strophes 18 , 22, que personne ne connaissait ces mystères; il s'était presque trahi, en se désignant lui-même comme étant Odinn, dans les strophes 20, 24. Si Geirrodr et ses gens n'avaient pas été aveuglés par la prévention ou l'ivresse, ces paroles prononcées par Odinn l'auraient fait reconnaître comme le chef des Ases. N'étant pas encore arrivé à se faire découvrir, Grimnir essaye, le quatrième jour, de montrer, dans ses dits, une science, sinon piof explicite, du moins plus divine encore.
IV» Journée. Dits de Grimnir.
Le Frêne d'YggdrasiU et ce qui s'y rapporte,
35. Tous les Ases, à l'exception de Thôr qui, à cause de sa grosse taille, marche à pied, se rendent à cheval au tribunal, auprès du Frêne d'YggdrasiU. Les Ases étant au nombre de douze, les noms cités dans la strophe sont les noms des chevaux des dix Ases, outre Odinn et ThÔr, Odinn a un cheval exceptionnellement bon; il est nommé Glissant (Sleipnir; voy. Fascination y p. 224, 314). Thôr n'a pas de cheval; son char est traîné par des boucs.
36. Dans l'origine, le Soleil était adoré, chez tons les peuples ïafétiques, comme une divinité zoomorphe; et les ancêtres des Scandinaves le considéraient primitive-
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ment comme un étalon fougueux, répandant des rayons de lumière et de chaleur par ses jeux, ses naseaux, sa crinière luisante, et sa queue flamboyante (yoy. p« 1 1 ; F(i8cinati(m f p. 205). L'Étalon-Soleil eut donc, entre autres noms épithétiques, celui de CoiMrsier (norr. dror sill; gr. trochilos) et d'OrrArcyeux (norr. Tggr), Ces noms se transmettaient encore traditionnellement, pour désigner le Soleil, lorsque déjà le Soleil était devenu anthropomorphe^ et ne répondait plus k Tidée primitive exprimée par ces noms. C'est pourquoi le nom composé Yggdrasill (Coursier ombrageux), dont on ne comprenait plus la signification, resta un nom archaïque du dieu Soleil anthropomorphe. Ce dieu, qui présidait à la vie et à la production, fut, dans la suite, aussi considéré comme le père et le protecteur de la £Eimille et de la nation, et, pour cette raison, aussi comme le protecteur du pays, du sol, et du domicile. Les tribus encore nomades consacrèrent au dieu Soleil le pays, les chemins, le sol, et le domicile où ils s'établirent; et pour indiquer que ces objets étaient sous la protection de ce dieu, ils y érigèrent des symboles solaires, savoir une grande perche, ou deux troncs d'arbre, ou deux mâts orientés. Plus tard, devenus entièrement sédentaires et agriculteurs, ces peuples gardaient Fhabitude de planter un arbre au milieu de leur maison (voy. Fascj p. 150), ou plus généralement deux mâts orientés placés dans le pignon, comme symboles du domicile consacré au Soleil; et, par extension, ils plantaient égale-
ment, dans leur canton, un ou deux arbres consacrés à Irmin(Yoy.Fasc.y p. 274) ou au Soleil, comme symboles de l'établissement, du domicile, de la communauté, (voy. Les Gîtes y p. 184) ou de la cité. Comnie la communauté se manifestait principalement dans l'exercice de la justice, et dans la délibération sur les intérêts de la cité, c'est auprès de ces arbres, ou mâts consacrés au dieu Soleil, qu'on tenait les assemblées publiques, et que siégeaient les juges pour prononcer leurs jngements. La mythologie attribue ordinairement aux divinités anthropomorphes, des usages analogues à ceiix des hommes. Aussi imagina-t-elle que la bande ou la famille des Ases avait, au ciel, comme les hommes, sur la terre, un point de ralliement, un lieu d'assemblée, et de jugement^ auprès d'un arbre sacré. Comme, chez les hommes, cet arbre sacré se trouvait planté ordinairement au milieu de la cité, on se figurait aussi que l'arbre sacré de la communauté des Ases était placé au milieu de la Plaine d'Idi; et comme on choisissait, pour les arbres sacrés, les meilleures et les plus belles essences, les Germains préféraient,- pour cet usage, lé chêne, et les Scandinaves le frêne. Aussi est-il dit que l'arbre sacré des Ases était un frêne , qui, parce qull était consacré au dieu SoUil appelé anciennement Yggdrasiïly eut le nom àe Frêne d'Yggdror siU, De même que, chez les hommes, les arbres d'assemblée devinrent les symboles de la cité, de l'ordre social, et de la justice, le Frêne d'Yggdrasill était aussi