‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 32 sur 149 · La Poésie mythologique et épigue · texte numérisé non relu

La Poésie mythologique et épigue

Comme, chez les peuples primitifs, tels que les anciennes tribus de souche scythique, on n'attachait pas encore à la poésie un intérêt artistique , et qu'on n'en faisait cas qu'à cause des sujets religieux et nationaux qu'elle traitait, les plus anciens genres de poésie étaient, d'abord, la poésie mythologique ^ célébrant les actions des dieux, représentées mimiquement dans les fêtes du culte, et, ensuite^ la poésie ^^mèra^ célébrant les actions traditionnelles, ou les hauts faits actuels des héros nationaux. Entre la poésie mythologique et la poésie guerrihre vint se placer le chant de guerre y destiné à inspirer le courage aux guerriers, en leur rappelant quelque action héroïque d'un de leurs dieux. Ces chants de guerre consistaient, dans l'origine, en une on deux phrases exclamatoires, en une espèce de cris de guerre , poussés en cadence , ou déclamés en chœur par les guerriers allant au combat.

Un tel chant de guerre était, chez les Germains, encore du temps de Tacite {Oerm,^ 3), le hardiius (chant du bouclier), ainsi appelé parce qu'on le chantjait avant le

(Combat, en tenant le bouclier (norr. hardi) devant la bouche.

Au chani de guerre se rattacha ensuite le chcwd guerrier y qui portait le nom de (^umt (goth. Mtigus; norr. lioth) par excellence, parce qu'il chantait, sous forme lyrico-épique, surtout aux festins des grands, les exploits des héros et des guerriers. Il ne nous reste plus de chant guerrier de cette époque ancienne ; mais nous pouvons nous faire une idée de ce qu'il était, chez les peuples germaniques, d'après les chants guerriers des légionnaires romains composés de mercenaires appartenant à ces nations barbares. Comme exemple on peut citer les deux chants guerriers rapportés par F. Vopiscus dans la Vie de Vemperewr Au/rélien, et qui furent composés, par quelque guerrier mercenaire, sur le massacre fait par cet empereur , dans son expédition contre les Sarmates et les Francs. Voici ces deux chants :

Mille, mille, mille, decoUavimus !

Unus homo mille decollavimus! Mille vivat qui mille occidit!

Tantum vini nemo habet Quantum ftidit sangoinis !

Nous en avons décollé mille! mille! mille!

Nous avons, chacun de nous, décollé mille!

Vive mille fois qui a occis un millier!

De vin nul ne pourra jamais en avoir Autant qu'il a répandu de sang!

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