‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 33 sur 149 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

Mille Sarmatfts, mille Francos, Semel et semel, occiditmis!

Mille PerMs ' quABrimus I

En une fois, et en une autre fois, nous avons occis

Malle SarmateS) et mille Fi^ancs!

Noos allons en faire autant à un millier de Perses!

Cette poésie guerrière était, essentiellement, une poésie di occasion et d'aotualité. Elle était, de sa nature, comme toute poésie primitive, du genre épic(h lyrique, parce qu'elle chantait avec la passion et l'enthoosiasme du sentiment lyrique, inspiré par Tactualité réelle du fait qu'elle racontait; mais elle racontait ce fait sommairement, et sans admettre beaucoup de détails ni ornements épiques. Cette poésie était enfin tout autant mimique (\u!épico4yrique y parce qu'elle était accompagnée d'une dansoy qui représentait l'action guerrière qu'elle célébrait. En effet, la danse des peuples d'origine scythe, comme de tous les peuples primitif, avait généralement un carsAithre guerrier , et, semblable au kalabrismos des Thrâkes, simulait ou représentait une scène de combat : les chants récités en cadence, par les guerriers dansante, leur servaient d'accompagnement musical, à défaut ou en; guise de musique inetrumcAtale. J>e semblables chants guerriers accompa-

gnaient , sans doute encore plus tard , la danse appelée, par les Qrecs du Bas- Empire , Isl gothique {io gothikon), que les QtoihB fédérés (Var^gues) avaient introduite à la cour de Constantinople, où elle fut exécutée annuellement par deux bandes d'hommes, représentant, par leur costume, deux peuplades slaves, les Prasinea et les Venites, et ayant à leur tête des coryphées goths, revêtus de leur stawrine en peau de bouc (voy. Les Gèies, p. 111), et chantant, en.dansantj des refrains guerriers, qui étaient ensuite répétés en chœur.

Ces chants guerriers, servant d'accompagnement à la danse guerrière, étaient du genre de ceux que nous avons rapportés, ci-dessus, d'après Vopiscus, et qu'on chantait en dansanty comme naguère encore, en France, on chantait, en dansant, les refrains barbares de la Carmagnole. Ce qui prouve, en effet, que les chants rapportés par Vopiscus étaient exécutés avec accompagnement de danse, c'est que cet historien les appela saUaiiwnculœ ( petits sauts de danse ) , et bcMistea (chants de bal). Comme, dans l'origine, le chant servait d'accompagnement à la danssy pour en marquer le rythme, ces chants d'accompagnement, quel qu'en fût le sujet, eurent, au moyen âge, chez les peuples de l'Europe méridionale, le nom de baUades (chants de bal), et quelques-uns furent, encore plus tard, désignés ainsi, dans le Nord, bien qu'ils eussent pris un caractère essentiellement épique , et ne servissent

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