III. NOTES PHILOLOGIQUES ET CRITIQUES
grec eruthros (ronge) ^ et dérive à^nnerskcine Buka, qui est identique arec Liikaj et signifie briller. Dans les langues germaniques rôt (pour rohit, brillant , rouge), désignait originairement la couleur rouge pâle ou jaune; c'est pourquoi les Germains disaient or rouge (rothes goU) pour or brillant ou or jaune. Alf-rôdull (le Brillant, le Jaune ou le Rutilant des Alfes), est un des noms épiques du soleil. Les anciens voyaient dans le soleil un disque , un bouclier rond , ou une roue. C'est pourquoi les Scythes donnaient au dieu du soleil le nom épithétique de Targv-tamjoa (Brillant par la targe). Les Scandinaves, leurs descendants, appelaient le soleil Sot^e des Alfeê (Âlfa-hvel) , ou la brillante roue (fagra hvel). Dans les dialectes germaniques le mot rad (roue) dérive de la racine vrada (tourner), comme le latin rota (p. vrota) dérive de vertere. Il est possible que quelques tribus germaines aient nommé le soleil Elf-raduL (petite Roue des Elfes), qtie les Scandinaves ont rendu par Alf-rdduU, en donnant au mot de rOduU la signification de rutilant, qu'il a dans leur idiome, mais non celle de petite roîie, qui est étrangère à leur langue.
8. Seggt. Il faut lire eeggi, datif de Seggr, au lieu de Seggr y qu'on trouve dans les imprimés. Seggr (diseur, iQessager) ne signifie pas maître, mais servant, c'est-àdire homme libre subordonné à son seigneur, auquel il sert de messager. Ce mot ne saurait donc ici s'appUquer à Freyr, le maître; il désigne, au contraire, Skimir, le servant.
9. Pour suppléer au vers qui manqua dans le texte, G. Pauli propose de lire : tn^r in mofngiami (jeune homme désireux de la vierge!). Cette conjecture me semble assez heureuse.
10. ^at hlymia (qûid sonituum) pour dire : quel est ce bruit; en allemand: wasfUr ein lârm. Notre poëte dit également : kvat er â'AT alfa (quid Alforum) pour dire qusl est cet Alfe. Dans le texte vulgaire, IXym ne peut se justifier ; et Jdymia n'est pas Tinfinitif du verbe, mais le génitif pluriel de hlymr. Introduire dans ce texte deux fois hlymia^ d'abord comme génitif pluriel, puief comme infinitif, n'est pas admissible.
11. Peut-être, au lieu de epli ellifu (onze pommes), faut-il lire : epli eUi lyfu (pommes remédiant à la vieillesse). C'était le privilège des Âsesde pouvoir se rajeunir en mangeant, quand ils vieillissaient, des pommes gardées par Idunn , et qui avaient la vertu de remédier à la vieillesse ou de rajeunir, Skimir, dans ce caff, aurait promis à Gerdu/r de lui procurer l'éternelle jeunesse dont jouissaient les Ases. Du moins la réponse de Gerdur semble faire allusion à l'idée de ce rajeunissement proposé, et indiquer que cette jeune fille n'a que faire de cette éternelle jeunesse qu'on lui promet, puisque, quelque longtie que soit sa vie y elle ne peut ni ne veut habiter avec Freyr, Je crois cependant qu'il faut préférer la leçon epli ellifu y pour des raisons indiquées dan^s le commentaire (voy. ci-dessous p. 143),