‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 63 sur 149 · V. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POËME

soit Toccnpation, soit les enti^prÎBes (roj. Qylfaginr ning, p. 240).

Freyr, assis dans la Chdmmmô'aïuC'porteey et se préoccapant plus particulièrement de oe qui se passait chez les Puissances hivemaleB, dirigea son regard vers le Séjour des lotnes, situé au Nord-Ouest de Hlîdskialf, au delà de Vocécm extérieur (Ûtsiar)) qui entoure la terre, placée en bas, et appelée VEnctoi-mitoyen (Midgardr). Dans oe Séjour des lotnes ses jeux se portèrent sur Fenclos, qu'habitait son antagoniste mythologique le géant Gymir (roy. p. 34); et dans <5et enclos, qui renfermait plusieurs e(»rps de logis, il vit CHerdur, la fille de cet lotne, au moment où, étant sortie du logis de son père au Nord-Ouest ou dans la partie la plus froide de Tenclos, elle se dirigeait vers son appartement, situé au Sud-Est, c'est-à-dire un peu plua près du soleil, ou de l'endroit où se tenait Freyr. Le dieu, voyant s'approcher de loin cette fille géante, devint amoureux d'elle. Mais son amour ne pouvant pas se satisfaire dans cette saison encore trop peu avancée, au lieu de lui donner de la joie, lui causa de grandes peines. Dans Tâme des hommes du Kord, la passion, ait lieru de s'épancher dans l'entretien, et de se soùla^ger ainsi de son chagrin , se concentre en elle-même , et s'aigrit , faute de se manifester et de se déclarer. fVeyi*, triste et taciturne dans son atnour, se retira dans la solitude de son séjour d'hiver, et ne parla plus à personne. Les Ases crurent qu'il avait quelque vif ressentiment contre

quelqu'un d'entre oux^ et craignaient de Taborder. Même son père Niordwr et sa belle-mère Skadi n'osaient lui demander, quelle était la cause de la colère qu'ils lui supposaient Ils crurent que leur fils s'ouvrirait plus volontiers à son jeune serviteur et confident. Ce serviteii.r nommé Skimir (Éclaircit) était, dans Torigine, la personnification du vent printanier, qui chasse les giboulées I toujours renaissantes à la fin de l'hiver, et en purge le ciel, qu'il récure (mécknr^dt de la sorte; de là son nom de Éclaircit, Comme précurseur des vents doux de l'été, Skimir est le messager (ari) de Freyr, et, comme tel, son jeune serviteur {sveiam^ alerte, garçon). Lorsque, vers le huiti^e siècle, il se produisit une révolution dans les mœurs patriarohales des Scandinaves (voy, p. 63), les personnes riches avaient ce qu'on pourrait appeler des, valets de chambre, jeunes gens qui étaient quelquefois les confidents de leurs jeunes maître. Comme ces valets avaient principalement à soigner l'habillement, et surtout la chaussure du maître, et à suivre celui-ci à pied, ils eurent le nom de garçon de chauamre (skô-sveinn), nom qui, effectivement, est donné ici à .Éclaircit. Skadi chargea Skirnir, le garçon de chaussure de Ffeyr, d'aller trouver son maître, et de l'amener A faire connaître la cause de son ressentiment ou de son chagrin. C'est par ces paroles, adressées par Skadi à Skirnir, ppur le charger de cette commission, que commence, exabrupto^ lepQëme que nous avons à expliquer.

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