V. COHMEIfTÂIRE DU POËME
de Frejr. Dégouttant BersÀt alors à considérer, ici, bculement comme le symbole du bijou le plus précieux qu'on puÎBse offrir à une femme. Pour indi<}uer le caractère précieux de ce bijou, la myHioLogie rapporte qne cet anneau n'a pas seulement une grande valeur en lui-même, mais. qu'il a aussi la vertu magique de produire sans cesse d'autres valeurs. U est, en quelque sorte, un capital qui produit d'autres capitaux, par l'accumulation incessante des intérêts qu'il verse : il est comme une espèce de poule merveilleuse, qui pond des xsufs d'or; ou comme un écu couvant (ail. Hecke-tiuder) magique, qui éclôt ou engendre, «ans cesse, d'autres écus. Dégouttant est donc un bijou tellement précieux que, pour peu que Q^erdur tienne aux richesses , la tentation de le posséder sera si forte, qu'il semble que cette femme ne pourra pas insister à la promesse, que lui fait Skirnir, de lui donner en présent ce qu'il- y a de plus riche, d^ plus beau, et de plus productif au monde* Cependant, Gerdur déclare qu'elle n'a pas besoin de ces grandes richesses , soti père étant lui-même très-riche. En effet, les lotnes passent pour être riches en or : car, d'abord, ils sont la race primitive, née au premier âge, qui est Vâge d'or^ dont les Ases, qui sont nés après eux, ont encore joui dans lids premiers temps, ou dansi leur jeunesse (voy. Poëmes islandais^ p. 213). Ensuite, les lotnés, ces êtres titaniques du monde primitif, habitent les montagnes et l'océan, qui sont les plus anciennes mines ou sources de richesses. Car, dans les montagnes se
trouvent les richesses minérales ^ l'or, l'argent , le cuivre, et le fer; et Tocéan est le grand réceptacle de tout ce qui est précieux; la mer est même la matrice, d'où est sortie la création entière. D'après le mythe hindou, toutes les choses précieuses sont sorties de Vocéan baratté. Dans la mythologie Scandinave, il est dit que le dieu de l'Océan Œ^ir, dont Oymir n'est qu'une spécialisation ou dédoublement (voy. p. 37), est si riche en or que, dans sa demeure, l'or brillant sert en guise de luminaire pour l'éclairer (voy. Po'émes islandaisy p. 321). Aussi, dans le langage skaldique. Feu ^Œgir est une expression poétique pour désigner l'or (voy. Fascinatiw de Guljij p. 143). Gerdur, assez riche des trésors iotniquesdesonpère, refuse donc, une seconde fois, la proposition de Skimir; elle n'est pas plus sensible aux séductions de la richesse promise, qu'à l'amour qu'éprouve pour elle le jeune dieu Freyr.
c) Troisième moyen de persuasion; menace de mort, — Les moyens de séduction n'ayant pas réussi , Skimir a «recours à Temploi de moyens d'intimidation, plus efficaces auprès des femmes que les promesses. Il tire Tépée, que Freyr lui avait prêtée, et menace Gerdur de lui abattre la tête, si elle ne consent pas à vaincre sa répugnance pour Freyr, et à réconcilier, en se donnant il lui, la race des lotnes avec celle des Ases. Gerdur la forte fille iotnique, à moitié intimidée par cette brusque menace, répond qu'il lui ser^t dur de soufirir de la violence, dans une circonstance où il s*agit de