‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 83 sur 149 · V. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POËME

lotneS) la regardera avec horreur* Elle aura une plus détestable renommée (voy. p. 90), que ne Ta l^Lowp de FenriTy qui est enchaîné auprès des dieux (voy. Fascination de Oulfiy p. 288). Dans le Séjour de Hel, qui est situé sous la terre arctique et fermé par ce qu'on appelle la QrilU de Hel (Helgrind), Gerdur regrettera amèrement le Séjour des lotnesy qu'elle habite actuellement. La solitude et l'horreur de la demeure de Hel, les maléfices auxquels elle sera en butte de la part des magiciennes qui s'y trouvent, et, enfin, l'impatience qui lui rendra intolérables ses mombreux tourments, augmenteront ses larmes avec son chagrin.

En entendant ces terribles menaces, et la description affireuse ^eB tourments de la mort , Gerdur se sent faiblir. Aussi Skirnir, reprenant avec plus d'énergie, lui dit-il: «Assieds-toi et écoute attentivement ce que, confidentiellement, je vais te dire des gémissements que tu pousseras, et du chagrin sans cesse redoublé qui te consumera.» Il ajoute que, bien qu'il y ait déjà des choses affi^euses dans les Séjours des lotnes^, les horreurs du Séjour de Hel lui feront encore beaucoup regretter les demeures des Thurses-gîvreux ; il termine en disant qu'elle sera tourmentée par la famine, et abreuvée de pleurs.

d) Quatrième moyen de perstbosion; menace d'un affreux hymen. — Si Gerdur se refuse à l'amour de Freyr, qui voudra la délivrer de la triste vie du Séjour des lotnes, Skirnir lui prédit qu'elle restera, jusqu'à sa

vieillesse , dans Iciwnheimj comme épouse de Taffireux Hrim-grimnir (le Féroce-givreux), sans doute le même que Hrimnirj thurse monstrueux (voy. p. 152; HyuMu- Liêdj 30), qui a trois têtes; que dans cette horrible union son âme se desséchera de chagrin, comme le chardon qu'on place, pour le sécher, au haut du poêle.

e) Cinqutime moyen de persuasion; menace de maUfiées. — Les anciens admettaient deux espèces de puissance; d'abord la puissance qui est inhérente à la natu/re particulière des personnes ou des choses^ telle que , par exemple, la puissance des dieux, qui découle de leur nature exceptionnelle, surhumaine, ou divine, et, ensuite, la puissance qu'on produit, artificiellement, en provoquant, par la science, les forces de la nature, et en disposant de ces forces à son gré et à son profit. De cette seconde espèce sont les forces surnaturelles de la magie, La magie passait pour le suprême degré de la science surnaturelle; on la supposait aussi puissanté que les dieux, puisqu'elle disposait même du destin , en le déterminant à volonté (voy. Les Gèles, p. lôO). Le maléfice est nn effet nuisible ou pernicieux, produit, à ce qu'on croit , p^r la puissance surnaturelle et invincible de la magie.

Skimir^ pour arriver à ses fins, menace, en dernier lieu, Gerdui: de produire, par la magie, un effet qui lui sera pernicieux. Pour produire de tels effets pernicieux, il fallait eipployer certains moyens surnaturels, qu'enseignait la science de la magie. Au nombre de ces

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