‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 84 sur 149 · V. COMMENTAIRE DU POËME · texte numérisé non relu

V. COMMENTAIRE DU POËME

moyens, indiqués par la science de la magie, figurait remploi de la bcytêette magique ^ avec laquelle on pou^ vait produire certains effets voulus, soit heureux, soit pernicieux. Voici comment s'est formée la croyance su* perstitiense en la puissance surnaturelle de la baguette. P La baguette magique. — Dans Torigine, tous les peuples ont passé par Fétat social nomade et pastoral. Le berger, le bouvier, le porcher, en un mot le gardien ou le propriétaire d'un troupeau quelconque se servait, comme aujourd'hui, pour gouverner et diriger ses bêtes, d'an bâUm (héb. lamed)*^ de sorte que le bâton a été et est encore, aux yeux de beaucoup de personnes, le moyen efficacer pour gouverner et diriger les troupeaux de bêtes et les troupeaux d'hommes. Même après que les peuples furent sortis de l'état social nomade et pastoral, les chefs des tribus et des nations continuèrent à être appelés po^eeurs des hommes (sansc. nr-pa); et le bâton resta le signe ou l'emblème de la puissance, de l'autorité, et du commandement, et il s'est maintenu, comme tel, jusqu'à nos jours, sous la forme modifiée de sceptre de prince, de bâton de maréchal, de crosse pastorale. Les roitelets grecs avaient pour sceptre royal un bâton ; leurs envoyés ou AérauUs portaient, également, comme représentants de leurs maîtres, et comme symbole de Tautorité et de l'inviolabilité royale dont ils jouissaient, le bâton nommé Tcèrakéion (sousentendu skiptrimy bâton de hérault) , dont les Latins , qui changeaient quelquefois le r (ou l) en d (cf. UZus-

ses et Oc2uBseu8)f ont fait (Mduceum (caducée). Mercure) en sa qualité à^ envoyé de Jupiter roi des dieux, portait le caducée. Moïse, comme envoyé ou hérault de Jahveh (Jéhovah), et conune chef conducteur des Israélites, ay^t un bâton, par lequel il manifestait également une puissance magique ou surhumaine. U toucha, par exemple, de son bâton le rocher, et Teau en jaillit; il toucha les flots de la mer Rouge, et les eaux se séparèrent, pour donner libre passage au peuple d'Israël. L'homme primitif est, de sa nature, essentiellement matérialiste y en ce sens qu'il attribue à des objets matériels des qualités spirituelles, morales, et intellectuelles. Ce matérialisme règne dans toutes les religions de l'antiquité, qui confondent, dans beaucoup de leurs croyances, les signes ou le symbole avec les causes et les qualités. C'est ainsi que les peuples de l'antiquité ont considéré le symbole de la puissance comme la catbse de la puissance. C'est pourquoi ils ont cru que certains bâtons ou baguettes possédaient, par euxmêmes, une puissance magique, capable de produire certains effets surnaturels; que, par la possession d'une telle baguette, on pouvait augmenter sa puissance personnelle; que, par l'emploi d'une baguette magique, en s'en servant selon les prescriptions de la science, on pouvait devenir magicien. L'essentiel était donc de savoir se procwrer (norr. geta) une telle baguette, nommée bc^gtiefte-à-souhait (nçrr. gaman-teinn; gcanbanteinn)^ parce qu'elle produisait les effets qu'on souhai-

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