‹ Le messager de miséricorde auprès du chrétien dans l'epreuveChapitre 3 sur 9 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

La toute-puissance de l'Eternel est conduite par sa sagesse et sa sainteté , par sa justice et son amour; il fera tout ce qui est conforme à ces attributs; mais il ne pourra rien faire qui leur soit opposé. La toute-puissance s'incline entièrement du côté du fidèle. Tout ce *que le Seigneur peut faire 9 d'accord avec ses glorieuses perfections y il le fera pour son peuple; rien n'est trop difficile pour lui. Il sait nous rendre contents au milieu des circonstances les plus pénibles, et heureux dans la plus profonde afOiction. Il peut donner à notre esprit un tel acquiescement à sa volonté , que non-seulement nous acceptions notre position, mais que nous nous glorifiions même dans les tribulations; et 'qu'au milieu des persécutions les plus terribles, nous triomphions en Christ, n lui est facile de changer les ténèbres en lumière, l'amertume en dou-«

ceur, et de tirer les plus précieuses jouis* •ances des chagrins les plus cuisants. C'est le Dieu tout-puissant qui est votre Dieu^sa tonte-puissance s'est engagée pour vous, et toutes choses , par conséquent , vous sont possibles si vous croyez. Ne regardez pas à votre propre faiblesse, mais à la force du Seigneur; ne songez pas aux difficultés, n'appelez rien impossible, c T a-t-îl quelque chose de trop difficile pour moi, dit l'Etemel; ne remplis- je pas le ciel et la terre î » David a pu dire : c Avec Toi, je me jetterai sur toute une troupe, et avec mon Dieu je franchirai la muraille. » Voilà pourquoi il chante : c L'Etemel est ma lumière et ma délivrance , de qui aurai-je peur t L'Etemel est la force de ma vie, de qui aurai-je de la crainte? Quand toute une armée se camperait contre moi, mon coeur ne craindrait rien ; à la guerfe s'élève contre moi , Taurai cette confiance. > Ne regardez pas aux afOiciions qui vous ^ont dispensées , mais au Dieu tout-puissant qui s'est engagé lui-même pour vous ;

ne vous occupez pas trop des mauiL qot vous êtes appelé à souffrir, mais souvdH»

vous plutôt que Dieu peut vous rendre capable de les supporter avec patience , avec résignation et courage. Voyez les Apôtres et les martyrs! ils ont souffert € comme voyant celui qui est invisible , > et pai* la force du Seigneur ils se sont élevés bien au-dessus de la rage des hommes ou des plus cruelles tortures. Est-il possible , dîrez-vous peut-être, c que je sois un enfant de Dieu , tout en élaot ainsi éprouvé, tout en me sentant ainsi faiUe et privé du sentiment de la présence de Dieu malgré mon affliclion? » Oui, c'est possible, plus que possible.. Mais vous serez soutenu, car Dieu est puissant pour vous affermir ; vous êtes en sûreté quoique vous ne soyez pas- dans une position agréable. L'Eternel est avec vous, bien qu'il ne vous éclaire pas de sa lumière; Q VMS abandonner à cause de sa fisà sagesse et son amour Stre qu'il se dérobe à vos

r(^[ards. c Son cheinia est par la mer, ses sentiers dans les grosses eaux, et ses traces ne sont point connues. » Il est possible à Dieu de vous affermir sur le sentier le plus glissant y lors mémo que vous seriez entouré des ennemis les plus détermines ; il le fera aussi, et personne ne vous ravira de sa main. Il lui est facile de pourvoir à tons vos besoins dans les temps les plus difficiles, comme il le fit autrefois pour Elle par les corbeaux , et pour la pauvre veuve en multipliant son huile et sa farine; il le fera aussi. Cherchez seulement l'Eternel, confiez-vous en TËternel, abandonne^ui toutes les difficultés, et rien de ce qui est réellement bon ne vous sera refusé.

D déploiera sa sagesse, sa souveraineté, ies oompassions et sa puissance dans tout ce qu'il fera pour vous, et peut-être il vous remplira d'admiration , d'ctonnement et d'amour en considérant ses voies. Tout ce qu'est le Seigneur, il Test pour vous ; tout ce qu'il a, il le possède pour vous ; tout ce qu*il a promis, il Taccomplira en vous.

Souvenez-vous toujours que toutes choses sont possibles à votre Dieu , à votre Père, à votre Sauveur, à votre ami.

Diea est toat-paissant pour voos combler d^ toates sortes de grâces , afin qu'ayant toajours tout ce quUl vous est nécessaire, yoaft ayez abondamment de quoi faire toutes sortes de bonnes œuvres. (2, Cor., IX, 8.)

L'Eternel est emphatiquement appelé, le Dieu de toute grâce , le Père des miséricordes , le Dieu de toute consolation , le Dieu de paix, le Dieu d'espérance, le Dieu de salut. Tous ces titres sont pleins de consolation et sont faits pour insfôrer à nos âmes, l'amour, la gratitude et la joie.

Toute grâce habite en Dieu et découle librement de lui, et il se plaît à glorifier cette grâce en la communiquant aux plus indignes de ses créatures. Vous en avez reçu une part, et il est tout puissant pour

vous combler de toutes sortes de grâced.

Une abondante mesure de sa grâce produit une foi inébranlable^ une grande patience, une humilité profonde , un saint contente* ment, un amour ardent, une joyeuse espérance, un zèle brûlant, un courage chrétien et une grande force spirituelle. A l'égard de toutes ces choses , vous vous sentez péniblement en arrière; vous ne pouvez les produire vous-même, mais Dieu peut faire abonder sa grâce en vous, et cette grâce les produira. Il peut vous en accorder assez pour que vous soyez capable d'endurer chaque épreuve, de supporter chaque fardeau , d'accomplir chaque devoir et d'être rempli de toute joie , de toute paix en croyant, afin que vous abondiez en espérance par la puissance da Saint-Esprit. Vous vous êtes occupé peutêtre de bonnes œuvres , et vous avez reconnu votre impuissance pour les accomplir; vous rougissez de ce que vous avez fait, vous vous condamnez vous-même, et peut-être vous êtes-vous abandonné à la

crainte et au découragement. Vous avei eu tort. Les bonnes œuvres ne peuvent s'accomplir que par la grâce que Ton reçoit du Seigneur; sans elle, les plus sages échouent; avec elle, les plus simples réussissent. Nous ne pouvons servir Dieu d'une manière qui lui soit agréable , qu'en lui portant ce qui lui appartient; aussi l'Apôtre a dû dire : c C'est pourquoi embrassant le royaume qui ne peut être ébranlé, conservons la grâce par laquelle nous puissions servir Dieu d'une manière qui lui soit agréable, avec respc^cte t avec crainte. • Vous êtes incapable par vous-même d'une seule bonne pensée; sans l'union avec Christ et les secours de la grâce de Christ, vous ne pouvez rien. Ce fut la grâce qui d*abord nous réveilla pour sentir notre état de péché, qui nous conduisit à Jésus; cefutlagrâcequinous donna une bonne espérance; c'est la grâce qui nous rend cala gloire de Dieu ; c'est vaincre notre corruption et en nous. Il n'est |>as

perance ; c est la gra ^^ridHUfagir pour la if^^^hyprat vaincre

d'oeuvre bonne que vous ne puissiez faim si vous recevez celte grâce , comme il n'est point de péché dans lequel vous ne puissiez tomber si vous vous confiez à votre propre force et si vous négligez les secours qui vous sont offerts. Ce fut là le crime dlsraët : « Ecoute, mon peuple, je te sommerai ; Israël, ohl si tu m'écoutais.

n n'y aufa point parmi toi de dieu étranger, et tu ne te prosterneras point devant les dieux des étrangers. Je suis r£ternel ton Dieu qui t'ai fait monter hors du pays d'£g3^te! Ouvre ta bouche et je la remplirai. Mais mon peuple n'a point écouté ma'voix, et Israël n'a point voulu m'dbéir.

Et je les ai abandonnés à la dureté de leur cœur , et ils ont marché selon leurs conseils. » Néanmoins , il a regardé leur afiiction quand il a entendu leur cri. Gardez-vous de tirer de votre incapacité naturelle, des argumens qui favoriseraient la n^ligence, l'incrédulité et la paresse. Le Seigneur vous invite à vous approcher de son tràae ; il vous promet des secours » et

il est puissant pour vous combler de toutes sortes de grâces. Il est le Dieu de toute grâce, et il faut que sa nature change , qu'il manque à sa parole et qu'il refuse de donner, pour que vous puissiez avoir sujet de vous plaindre et de vous décourager.

Nous qui sommes dans celte tente, nous gëmii* sons sons le poids. (3, Cor., Y, 4.)

Toute la création gémit h cause du péché ; un gémissement est Teffet de Toppression; l'oppression, l'eflet du péché.

c Nous savons > dit TApôtre , que toutes les créatures ensemble soupirent et sont comme en travail jusqu'à maintenant ; et non-seulement elles , mais nous aussi qui avons reçu les prémices de l'Esprit, nousmêmes , nous soupirons en attendant l'adoption, savoir, la rédemption de nos corps. > Quoique Paul eût été rempli de l'Esprit et qu'il eût reçu des donsextraor^

dinaires, il gémissait néanmoins sous un fai*deau qui lui faisait dire : t Misérable que je suis , qui me délivrera du corps de cette mort I » Notre demeure actuelle est un tabernacle y une habitation fragile et incommode. De toutes parts nous sommes exposés à Torage et à la tempête , mais nous attendons une maison éternelle y qui n'a point été faite par la inain des liom^ mes. Aujourd'hui nous sommes accablés des soins de nos familles, de nos affaires-, de rEglise, ou si nous sommes exempts de ceux-ci, ce sont les corruptions du cœur, c'est un corps malade et désorganisé , qui nous deviennent un fardeau. Ce fardeau nous fait gémir, et nous désirons ardemment voir le jour dé la rédemption auquel nous serons faits semblables à Jésus, car nous le verrons tel qu'il est. Mais les gémissemens de l'Apôtre n'étaient pas ceux de l'impatience ; l'humeur chagrine ne formait aucun trait de son caractère; c'est par sa patience qu'il possédait son âme^ Jésus a aussi gémi ; mais ses gémissement

— loe —

ont été exempts de péché. Paul a gémî; mais ses soQpirs furent ceux d'une âmi sainte, désireuse d'être affranchie du péché afin de pouvoir servir Dieu sans imper fection et de le posséder sans interruption.

La douleur nous fait soupirer ; mais tous nos soupirs devraient être dirigés vers k Seigneur , et être convertis tm prières ; alors ils nous seraient avantageux. Diei écoute les soupirs de son peuple; il es) ditd'Israely lorsqu'il fut opprimé par Pharaon et ses elacteurs , que TEternel dit l Moise : « J'ai très-bien vu TafRiction d( mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu le cri qu'ils ont jeté à cause de leurs exacteurs , et j'ai connu leurs douleurs:

aussi suis-je descendu pour les délivrer, x David s'écrie: «Je me suis lassé dans moi gémissement , je baigne ma couche toutes les nuits, je trempe mon lit de mes larmes.

Je suis courbé et abattu au dernier point je marche dans le deuil tout le jour ; cai mes reins^sont pleins d'inflammation ; il n'j a rien d'entier dans moA corps. Je suis

extréfuement affaibli et tout brisé ; je ra-> gis dans le grand frémissement de mon oœiur. Seigneur^ tout mon désir est devant toi, et mon gémissement ne t'est point cacbé. Mon cœur est extrêmement agité; ma force m'a abandonné et la clarté de mes yeux ; même je ne les ai plus. Mes os sont attachés à ma chair à cause de la Yoix de mon gémissement. > £n était- il donc ainsi de Thomme selon le cœur de Dieu? Oui; les saints les plus privilégiés n'ont été en tous temps que des pécheurs qui gémissaient. Pour nous , le désert de ce monde est couvert de ronces et d'épines; notre état actuel est un état de souffrance et d'épreuve ; mais nous attendons la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ qui transformera nos corps vils pour les rendre conformes à son oorps glorieux , par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses. Si donc vous gémissez, que ce soit à cause du péché; soupiree aprè s la sainteté du ciel et tout ira bien .

La glorieaM liberté des enfani da Dieu. (RO0.,

Page 1