LXXXVI
Quelle condescendance que ceDè de notre Dieu envers de pauvres et misérables créatures comme nous I II daigne nous remarquer , il pi^met d'écouter nos cris , et se montre fidèle en nous accordant des grâces en réponse à nos prières. Que Homme est naturellement ignorant et de la source, et de la nature du vrai bonheur !
c Comment serai-je heureux? > Vbilà la question qu'on se fait tout naturellement , mais elle n'est jamais résolue pour celui qui se Ta proposé jusqu'à ce que Dieu le Saint-Esprit vienne vivifier l'âme , éclairer rentendement et humilier le cœur. Alors nous commençons à demander et à chercher les choses qui regardent notre paix ; alors novs disons avec lé Psalmiste : c Accorde-moi quelque marque de ta faveur. »
Mais est-ce que l'Etemel , celui qui est haut et élevé , qui habite dans l'éternité et
duquel le ûùtù est le Saint , celui oentré qui nous avons péché , est-ce qu'il daigiie-* ra exaucer une telle demande ^ Oui I c*est au glorieux Evangile que nous conduit le Saint-Esprit , et là nous voyons une marque de la faveur de Dieu. Là^ dan^ la crèche de Bethléhetn , dans le jardin de Géth^ sémané et sur te mont Calvaire ^ nous voyons Jésus qui a été fait pour un peu de temps inférieur aux anges par la mort qu'il a soufferte y et en le contemplant, nous voyons la charité personàîiée, la miséricorde rendue visible et le ciel dnv^tà notre espoir. Tout bien se concentre en Jésus et procède de lui. Yeux-je savoir si l'Eieme! daignera recevoir, pardonner et l)énir un vil pécheur comme moi? C'est en Jésus qu'il s'est engagé à recevoir tous ceux qui vont à lui et à ne rejeter personne. Bésiré-je savoir s'il acceptera mes prières et m'accordera des grâces, c'est: encore en Jésus qu'il promet de c donner la grâce et la gloire. > Voici son langage à la Cois si doux, si encourageant , si sembla-
ble à. Lui-même : c Si quelqu*t^n a ioif quHl vienne d moi et quHl baivê* • Ici donc, daqs la glorieuse et bonne nouvelle^ TEtersel m'accorde quelque marque de sa faveur. Il m y montre Jésus, JéiKs plein de grâce et de vérité', plein de justice et de miséricorde , plein de puîssance et d'simour, de bonté et de eoippassiott. Il me le montre en me disant : « Je n'ai point épargné mon propçeFils, mai$ je l'ai livré pour vos péchés et avec lui je vous donnerai gratuitemeott toutes choses. Je Fai donné po^r vous quand vous n'étiez qu'un pécheur , qu'un ennemi , qu'un transgresseur endurci ; je Tai doni^ pour que vous pussics vivre et devenir saint et lieureux. i Ai-je besoin d'une plus grande marque de faveiu*? mais une plus grande ne pourrait être donnée! Il donne son. Saint-Esprit à ceux qui le demandent, il donne une bonne espérance et une éternelle consolation; il accorde la foi , d'origine divine , et nous réjouit par la lumière de sa face , par Tapplication et ses promesses ; par les mani«
fesiations de Jésus à notre âme , et enfln par le témoif n^ge de son Saint- Esprildana notre cœur. Voilà des; marques de . far veur qui me disent que Dieu est /plein da boQtié et de, tendres miséricordes » et qui que rendent capable deipe réjouir , de me glorifier et de triompher en son saint nom, Elles me font ainier Jésus , elles humilient mofijâme» celles délient ma langue, elle^ fixeat nies: affections et me font dir/e ; « Certainement Dieu est bon à Israël , sa« voir à ceux qui sont nets de cœur. Picui quelaiboalfé est précieuse! aiiissi les £19 des ho^inies se retirent sou^ Tombre da les aile^:»
Désinez-vous obtenir quelque marque de faveur» quelque marque qui assure votre âme de labienveiilance de r^lternel, de votre droit à Jésus et à tous les bienfaits de. SQii Evangile? Alors, cherchez-la avec instances, avec prières au pied de son trône. Il attend.pour faire grâce, il aima à donner, il^ est prêt d pardonner. L'invitation que yoici est bien faite pour nous
réjouir , pour nous encourager, pour nous donner de l'espoir et dissiper lousnosdoutes : f Demandez et tous recevrez , cherches et Vous trouverez , heurtez et ii noue eera- ouvert. Car quiconque demande, reçoit; qui cherche, trouve; et Ton ouvre à celui qui heurte. Qui est le père d'entre vous 9 qui donne à son fils une pierre , lorsqu'il lui demande du pain? Ou s'il lui demande du poisson , lui donnera-4-il un 8e^ pént? ou s'il lui demande un o&uf, lui donnera-t-il un scorpion? %donc vous»
qui êtes ntauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfans ; combien plus, voire Père céleste donnera-t-il le Saint- Esprit à ceux qui le lui demandent (Luc, XI , 9-iï ). Se peut-il une garantie plus positive, plus indéfinie , plus douce que cellelà , appuyée comme elle l'est d'un argument puissant , victorieux et satisfaisant.
Bien décidément, Jésus dit là tout ce qu'il peut dire pour nous encourager, pour nous enhardir et nous animer dans nos
prières. mon ftane; béniS| béniset adore
le dier, le bon» le compatigsant Jésus, pour de tels encouragemens , et cherche avec importanité auprès de ce propitiatoire »
qiiek)iie marque de faveur au milieu de toutes tes épreuves et de toutes tes détresr ses. Et vous qui doutez, qui vous découragez, qui craignez, prenez courage, levezvous, it vous appelle et vous dit: c Si vous demandez quelque chose en mon nom , je ie ferai. » (Jean , xiv , 14. ] D est fidèle et ne peut se renoncer soi-même. Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne passeront jamais. Oh I demandez-lui doncune marque de sa faveur, et soyez sûr que voua la recevrez.
Ce sera moiqai serai lear héritage* (Ezëch*,
UV,28.)
Celui qui possède son héritage mainte-^ nant , surtout si cet héritage a pour boraes le temps , est bien pauvre, bien misé-
rable; car le& paroles qu'Abratemd adressa au mauvais riche, pourront aussi nu jour lui être adressées : « Mon fils , souvienstoi que tu as eu tes biens pendant'ia vie.
Mais le chrétien ; bien qu'il possède , lui aussiySon héritage dès à>présent>6stnéaHmoins un homme heureux , parce que son héritage s'étend jusques dans rétemiléy et par conséquent ne connaît point de bornes. IT n'est pas étonnant que les enhïis ide Dieu sbient pau^Tes dans ce monde, puisque-o'est aux enfans d^ hommes que le Seigneur a donné lâ'Herre; mais heureux^ à jamais heureux, sont les chrétiens, car Dieu s'est donné à eux :.Ce sera moi qui serai leur héritage. » Si le Seigneur est notre héritage, nous avons donc un héritage suffisant, convenable , inaliéna' bU.
Si une plénitude de grâces et de bonheur peut satisfaire , le Seigneur est sans contredit un héritage suffisant. Dans la possession de Dieu, nous possédons tout, car tous les biens se réunissent et se cou-
centrent en lui. Si Dien^estmon héritage»
donc il n'est pas un bien temporel qui me soit réellement utile, pas une bénédiction étemelle qui réjouisse et qui élève, qui ne me seront libéndement donnés ; que disje? qui ne me scnen t dès à présent accordés . Si des possessions étendues peuvent satisfaire, j'en ai trouvée L'héritage du chrétien •est haut comme le ciel , profond comme J'abîme, plus large que la terre, plus vaste -que la mçr. Il est illimité; les possessions du plus paissant monarque qui ait jamais tenu le sceptre, ne sont rien , comparées à l'héritage sans bornes du chrétien. Veux- Je la beHe variété , je l'ar encore. Toutes les gloires variées des créatures, toutes les perfections partielles des fils des hommes, se rencontrent ici dans leur plénitude > leur variété et leur dernière perfection. Dans notre liéritagê ne se trouve pas une fatigante nionotonie,maisattcontran'e -une variété qui réjouit, qui délasse. Le temps ne suffit pas pour jeter un regard sur le nombre étonnant d^ biens de Dieuv
et nous emploierons l'éternité à décoorrir tout ce qui nous a été donné , ainsi qu'à en jouir. Si le doux peut satisfaire , nou& serons donc contenir de noirie héritage !
Oh 1 il y a une douceur iocomparaUey iiH concevable dans notre, héritage I douceur sans mélange, douceur qui ne biaise point.
Dieu est un héritage convenable ydidsipié en tous points à. nos besoins et à nos cir^ oonstancesy et cokivensi>le en tous temps.
C'est le seul héritage qui ait un pareil privilège. Sur un lit de maladie ou à Theure de la mort , les héritages terrestres nous sont inutiles; ils ne soulagent point , ils ne consolent point , ils ne satisfont point le cœur. C'est alors que notre héritage est le plus convenable , qu'il porte des fruits qui réjouissent l'esprit abattu» qui animent Tâme défaillante et donnent du courage au cœur craintif. C'est alors qu'il nous offre descordiaux incomparables. 11 n'est jamais plu$ à nous que dsuis le moment où les héritages de ce monde sont sur le pcHnt der changer de maîtres.
Notrehéritiageesf tnA/tVna&/e; il ne p^t être hypothéqué , ni confisqué , ni perdu ; il est à nous pour toujours ! il nous a été gratuitement donné de Dieu et équitablement assuré par le sang de l'Agneau ; I*£sprit^ Saint qui en est devenu les arrhes , BOUS le garantit infailliblement. Quelles que soient les pertes que je 'siiis appelée souSnr, mon héritage me restera, et je ne serai jatiaiisi réduit au besoin. £Mi!qiïdIe grade I quelle inexprimable bénédictioD!
Mais combien d'enfans de J>ieu qui doutent et qui craignent /par rapport à leur héritage /quand il n'y a aucun sujet. ni de douter ni de craindre 1 Quelques-uns d'eiitr'eux doutent 9 parce qu'ils ne peuvent voir leur héritage; le Seigneur semble s*étre éloigné d'eux, ou ils se sont éloignés du Seigneur. Mais que penserions-nous d'un homme qui douterait que sa maison 'fût à lui^ parce que la nuit était sombre^ et qu'en étant éloigné de quelques lieues^ il nepouvàitpar conséquent la voir?' Troth verions-nous ses crakites raisonnables on
fondées? Non , certainennent. Mats it me manque dés preuves » dira*t-on. Faut-ii donc qu'un faîonnné doute chaque fbi&qull perd de vue ses titres? Ne le trouveraiton pas souverainement ridicule I Et pourtant^ que de personnes qui ont goûté combien lé Seigneur est bon ,:qui ont senti h puissance de son amour et joui de la clarté de sa face; que dis-je ? qui ont éprouvé sa présenoe'dans leur âme ei qui ont pu Pap* pefer leur portion , qui doutent à présent qttll soit leiir héritage. Quoiqu'il les ait ainsi bénis^ et qu'il ait promis de ne jamais abandonner l'œuvre de ses mains ^ ils dontent parce qu'ils ont perdu leur témoignage et qu'il fait nuit dans leur âme; oa parce qu'enfin les yeux de leur entendement sont affaiblis par quelque maladie^ fruit du péché. D'autres doutent parce qu'ils ne peuvent jouir du fruit de leur héritage; mais Ilumime naturel doute-t-il qu'il possède des biens parce qu'il est malade/ parce qu'il ne peut jouir ni se Jiourrir de leurs produits? Encore une
fins, BOD. n «A dcffrait écre de tiWNtw «iN cnisMs do Seîgnenr; ao Km de dmtfPT « qb^ib sont i hi , qolk redwm bmt pltilAi b goér ho n de leor loiK et U» rviiwr d«!« ÊiTenrsde lear Père céleste. Il n'c^i tUmu^ à noos ea Jétafc» et noits a ttp|M!l«?ii k j#inir de lui par son Evangile éternel qui nrjit% dit 91e : € Celoi qui vaincra , liériura ili« tootes cbMcs; je Mrai aon Dieo et il «era mon fib. » Enfin , d'aotret «e permelUNit de douter parce qnlb ne ae aenumt fmm possession aetoelle; on homme ne fieut-il pas dire de ton champ : il esta moi, lors mèmeqtt'il ne le tooche pas de fies pieds ;et de sa maison :eliem*appariientJors même qi^*il est absent. Il en est de même de Tenfant de Dieu. Sion disait: « Mon Dieulit quand elle se plaignait d*en avoir été oubliée ; et David aussi a dit : « Mon Diiu, pourquoi m*as-tu abandonné? » Avons- •nons on droit^un titre au Seigneur? A qui s'est-il donné en héritage? N'est-ce pas h tous ceux qui croient , à tons ceux qui viennent h Jésus, à tous ceux qui clierclieat
sa face; n'est-ce pasà quiconque Tenibrasse et le reçoit ?Suis-je doncdisposé à recevoir Dieu comme maportionyaudépeosde toute autre chose î Puis-jé dire que je le ehercbei que je le connais, que je te possède, et que je jouis de lui? Est-ce que je m'approck^ de Jésus par la prière , en confessant mes péchés, et avec le désir ardent d'être sauvé par lui? Crois-je en son nom adoraUe et aux mérites cfe son sang? S'il en est ainsi , le Seigneur nC€k$8ure par sa parole qu'il êst mon héritage. Que je saiûsse donc et retiênM cette promesse jusqu'à ce que j'obtienne le témoignage, l'assurance et le sceau du Saint-Esprit dans mon cœur ; car le témoignage du Saint-Esprit ne doit pas détruire le témoignage de Dieu dans sa parole, ni celui-ci le premier; mais l'un doit confirmer et corroborer l'autre.
Mais comment m'assurerai-je que Dieu est mon héritage, me dira-t-on peut-être?
Que fait l'homme naturel qui entend dire qu'un héritage , auquel il croit pouvoir prétendre, vient de lui être laissé? Ne fait^
Opfts toa poasade foar pnwmt la valktiié de 80 titres? Ooi, sans doute. D emploie des ttoceCSy il fiât fiûre des eoqoéies , il dépense de Fargeot tant qu'il y a quelque espoir poor loi. Vous aussi , allée faire de même. Begardez à Jésus , l'ayocat et le cotfaeiller des paarres pécheurs ; priez-le de TOUS rendre ¥0S titres plus évidens ; consultes le Seigneur, en sondant diligvmiment sa sainte Parole , et surtoia ne dé* penses plus votre argent pour ce qui ne nourrit point, ni votre travûl pour ce qui ne rassasie-point. Ecoutez-le attentireoient et VOUS mangerez ce qui est bon , et votre Ame jouira avec plaisir de ce qu'il 7 a de méilleiiK Prêtez 1 oreille et votre Ame vivra , et il traitera avec vous une alliance étemellepour rendre stable la miséricorde promise à David. Remettez ii Dieu votre cause, plaidez avec lui an pied de son troue, et ne lui donnez de repos que lorsque vous pourrez le réclamer comme votre héritage , et vous glorifier de lui , et vous réjouir en son nom. Ne craignez point ; il
ne vous nijellcm pod, il ne méprisera pat votre requdte et ne vous refustira pas «m secours. Voici ce qui est eipressémeat éciil dans sa parole : a Je sais que l'Eiemel Cen jittiee i l'aflligé et droituai. aàaénbln.'
tPs. CXL,12.)
Pour vous, qui connaissez le Seigeeiu pour être voire héritage , voyez à ce.qat vous vivier, de lui , à ce que vous demeU' riez ea lui et qu'il soil le sujet de votre triomphe et de voli'e gloire. Oit doilvivn rhomme , si ce n'est sur son hériu^T ei de quoi se glorifierait-il si ce n'est encort de son liéritage T Vivez doBC, non de voua même , non des créatui-es ni de dev(ùrs , mais uniquement de Dieu- Ne (diercbez pat votre bonheur dans des dons, d^s cbargeS; des honneurs, etc., mais «prends ton plal sir en l'ElerDel. et il l'accordera les deinandes de ton cœur. > Gloriflez-vous, non de ce que vous êtes , non de ce que vous faiies , mais de ce que vous avazi en un mot , gloi'ifîez-vous de ce que vous cooifirencz et conoaissez l'Ëlcnicl , ci de eu
qire vous Tavez pour votre héritage. Bon Dieu ! donne-moi une foi inébranlable en toi 9 un ardent amour pour toi, et un esprit qui me permette de me glorifier de toi comme de mon héritage. Puissé-je mépriser tout autre bien en comparaison de toi, et si je vis, que ce soit pour toi ; si je meurs, que ce soit aussi pour toi ; soit donc que je vive ou que je meure, puissé-je être àtoil
La corne ie mon salut. (Ps. XVIII, S.) (1)
Le salut est un mot à la fois significatif, important et douœ. Il est significatif, en ce qu'il se rapporte au présent, au passé et à l'avenir. Il exprime une délivrance déjà accomplie , et une délivrance qui reste à accomplir. Il a rapport à notre état de perdition comme enfans du coupable Adam.
Il embrasse le pardon des péchés par le
(1) Selon la version anglaise.
sang de f expiatiôfi, la délivrallce d'un état de nature par la toute-puissance de Dim, l'accès auprès de Dieu par renseignement de l'Esprit ; il renferme notre conservation pendant la vie par les soins vigilans de l'Eternel y et notre introduction dans le bonheur éternel par la grâce de Jésus; il nous assure toutes les grâces spirituelles et temporelles. « La piété est utile à toutes choses , ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. Cette parole est certaine et digne d'être reçue avec une entière confiance. (1, Tim. , iv, 8, 9.) Le salut doit nous empêcher de faire le mal e^ produire en nous le bien; il doit nous protéger contre les accidens et nous conduire en sûreté Tiu royaume de la gloire.
Il nous dit : « L'Eternel Dieu est un soleil et un bouclier ; l'Eternel donne la grâce et la gloire , et il n'épargne aucun bien à ceux qui marchent dans Tintégrité. (Ps.