I.AI'lM.AI.M'TH.U i: JUIVlv
pour une période ultérieiiio. l.a résurrection est supposée admise plutôt qu'enseignée; elle est atliihuéo à l'action de l'arbre de vie, à la nourriture ([u'il fournit, à son pnrium (\u\ pénétre jusqu'aux os (1), image cpii ra[)pclle aussitôt le roi assyrien respirant le fruit de l'arbre sacré. Telle est cette apocalypse, assurément fort remarquable. Le jugement de Dieu domine tout. Rarement on a dépeint avec plus de force le trouble (pie le péché produit dans le monde. Les vrais coupables de ce (lésoidie sont les anges déchus; c'est à eux que va l'indignation de r.iutcui'. Il s'<'lrve donc très haut et sa haine contre les pécheurs ne païaîl inspirée ni [)ar le sentiment national, ni par l'esprit de secte. Son idéal est le retour à l'innocente primitive. Cependant il ne lui suffit pas de dérouler à nos yeux les destinées du monde, il ne s'inquiète pas seulement des justes et des pécheurs de l'avenir. Il y a, depuis Abel, des justes qui attendent leur récompense, des pécheurs (pii ont déjà commencé d'être châtiés. C'est sur ce point que son eschatologie est neuve. Elle consistera seulement à associer les justes du passé aux justes de l'avenir dans le bonheur rétabli parle jugement. Kt même, ce qui est vraiment neuf, ce sont surtout les détails sur le péché des anges et sur la situation des âmes; tous les principes se trouvaient déjà dans ce qu'on nomme l'apocalypse d'Isaïe ; le grand jugement de Dieu sur le monde et môme sur « larmée d'en haut » (2), suivi d'une ère de bonheur à laquelle tous les justes sont invités; même Isaïe affirmait plus clairement la résurrection (.3;, et il est plus facile d'interpréter dans un sens spirituel son tableau du festin des élus. La première partie d'IIénoch est donc comme un début d'apocalypse. Klle était connue de l'auteur du livre des Jubilés (i). Mais de plus elle parait antérieure à la persécution d'xVntiochus qui a .si vivement surexcité le sentiment national. Elle ne doit rien à Daniel. On peut donc la placer avant 170 av. J.-C. L'eschatologie du début d'Hénoch est cosmique, puisqu'elle prévoit un monde absolument nouveau, théâtre de la justice absolue; elle est morale puisqu'elle aflirme un jugement hnal qui frappera les pécheurs et récompensera les justes; mais le monde à venir n'est pas encore tout à fait transcendant, puisque les images du bonheur futur sont seulement la reproduction embellie des tableaux de la Genèse.
On pouvait concevoir une plus grande difl'érence entre le monde
(1) XXV, 5. ô -/.apno; a-JTov loT; h.'/.v/.-o'.ti £■; ïtor.v t\; pof>àv... (J. a'. oajAsî a-jToO év toî; oaxéoi; a-JTwv.
(2) /.v. XXIV, 21.
(3) Is. xxM, r.>.
(4) Vers i:î."i av. J.-C. Jubilés, iv, l7-2:{ fait allusion à Hrn. étii. i-xxxvi et i.xxu-i.xxxii.
KSCllATOI.Or.lE SANS .MLSSIK. 03
prrscut et le monde à venir, marquer en traits plus rner^iques l'intcivalle qui sé[)ai'e le monde de la chair de celui de l'esprit, et, selon les termes consacrés, la terre du ciel.