‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 23 sur 118 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

(3) Voir surtout l'édition grecfjue de Charles et sa traduction commentée indiquée plus haut, p. 38; cf. JiB., 1908, p. 442 ss.

(4) Nous n'oserions être aussi précis que M. Charles qui fixe l'époque de 109 à 106 avant Jésus-Clirist.

(.^i) D'après M. Charles {Traduction, p. lvu), ces additions sont : Lev., x, xiv-xvi; Jud.. xvit, 2-xvin, 1; XXI, 6-xxiii, xxiv, 4-C; Zab., ix; Dan, v, 6-7; vu. 3 (?); i\epht., iv; Gad, VIII, 2; Aser, vu, 4-7. Ce n'est |ias le lieu d'entrer dans une discussion détaillée. On verra plus loin que, d'après nous, Jud., xxiv, 4-6, appartient au fond primitif.

(6} Dans deux articles importants de la Zcilschrift fiir die neulesl. Wissenscluift, 1900, p. 141-175, 187-209,

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dans le Nouveau Testament, en supposant, à tort selon nous, que c'est Jésus ou S. Paul qui sont les imitateurs. Il est cependant possible que Tinterpolateur chrétien n'ait pas procédé seulement par l'addition de petites phrases, et, dans un ouvrage où les passages chrétiens sont nombreux, il est plus sage de déclarer chrétien ce qui se retrouve dans les évangiles ou dans S. Paul que de leur supposer un initiateur de génie inconnu jusqu'à présent.

Mais tout n'est pas d'origine chrétienne. Nous avons un [)oint de repère solide, c'est la comparaison, quand elle est possible, avec le livre des Jubilés; or elle porte surtout sur la suprématie de Lévi, qui est bien un élément juif, et qui suffirait, à elle seule, à établir que l'ouvrage est antérieur au christianisme et date du temps des Asmonéens. De là son importance.

Elle serait hors de pair, s'il était vrai, comme le prétend M. Charles, qu'il témoigne d'un bouleversement complet dans l'évolution des idées messianiques. Selon ce savant distingué, qui s'est appliqué plus que personne à l'étude des Testaments, pendant trente ou quarante ans l'espérance d'un Messie descendu de Juda fut abandonnée en faveur d'un Messie descendu de Lévi. On pourrait même tracer le tableau des prérogatives de ce Messie : « Il serait exempt de péché {T. Jud. XXIV, 1); il marcherait dans la douceur et la droiture {T. Jud. XXIV, 1); établirait un nouveau sacerdoce sous un nom nouveau [T. Lév. VIII, 14) et serait aussi un médiateur pour les Gentils {T. Lév. VIII, 14 corrigé); il serait également prophète du Très-Haut {T. Lév. VIII, 15) ; roi sur toutes les nations [T. Rub. vi, 11.12; T. Lév. VIII, li); combattrait contre les ennemis nationaux d'Israël et contre Béliar et les puissances du mal [T. Rub. vi, 12; T. Lév. xviii, 12; T. Dan v, 10), et délivrerait les captifs faits par lui, à savoir les âmes des saints {T. Dan v, 11); ouvrirait le Paradis aux justes [T. Lév. xviii, 10 ; T. Dan v, 12), et donnerait aux saints à manger de l'arbre de vie (7'. Lév. xviii, 11). Bien plus, il donnerait aux fidèles le pouvoir de fouler aux pieds les esprits mauvais et de lier Béliar (xviii, 12), qui serait jeté dans le feu {T. Jud. xxv, 3), et le péché serait aboli {T. Lév. XVIII, 9) (1) ».

Si cette esquisse de M. Charles était exacte, on y reconnaîtrait l'image la plus fidèle de Jésus-Christ, sauf les guerres nationales, et il faudrait s'étonner de rencontrer à cette date une conception si ferme d'un Messie investi d'une mission religieuse si haute, plus encore que du transfert de l'espérance de Juda à Lévi. Il y aurait là un phéno-

(1) The Testaments..., p. xcviii.

mène aussi intéressant qu'isolé, mais tout à fait inexplicable, si on ne veut se contenter d'une explication obvie : Le tableau comprend des traits empruntés aux interpolations chrétiennes. Cet élément perturbateur éliminé, il no reste plus de Messie lévitique, mais seulement laflirmation du grand rôle joué par Lévi dans la personne des Asnionécns, par Lévi regardé avec Juda, et avant lui, comme l'instrument du salut national et religieux, et, tout au plus, mais cela est fort douteux, l'esquisse d'un grand prôtre extraordinaire, revêtue de couleurs messiani(jucs. D'après l'auteur, le salut, commencé par les victoires des Macchabées, sera complet lors de la venue de Dieu sur la terre pour la juger; on compte surtout sur les princes grands-prêtres, que l'on exalte, mais sans oublier tout à fait les promesses faites à Juda, et cette eschatologie est tout à fait semblable à celle du livre des Jubilés, ce qui est sa meilleure garantie d'authenticité.

De tout cela il importe de fournir la preuve.

La prééminence de Lévi ne peut être contestée, en présence des textes nombreux qui le font passer avant Juda, et elle ne peut, selon toute vraisemblance, provenir d'une pensée chrétienne. « Dieu a donné le pouvoir à Lévi, et à Juda. avec lui » (1). Siméon dit à ses fils : « Qu'ils ne pourront prévaloir contre Lévi, parce qu'il combattra la guerre du Seigneur et vaincra toute votre armée » (2). Le patriarche ajoute : « Obéissez à Lévi et à Juda parce que c'est d'eux que le salut se lèvera pour nous » (3). Dan prévoit que dans l'avenir ses fils seront infidèles au Seigneur, irrités contre Lévi, et engagés dans la lutte contre Juda. Mais ils seront impuissants, car l'ange du Seigneur sera le guide des deux tribus, qui seront toute la consistance d'Israël {k).

(1) liub., Ti, 7 : Tû yàip Aeul êôwxcV ô Gebî Trjv ày/jiy [xal Toi 'loOSx [aet' aOtoù] ; on peut admettre avec M. Charles que les mots entre crochets sont interpolés.

(2) Siin., V, 5 : 'A).).' où ôuvinirovrat upôç Asul àvxKjTîivat, on uôXsfiov Kypîou T:Qlt\i.r,(Tt'. xai vixTQffSi [îtâffav] Trap£ii.êo).yjv {/[lûv.

(3) Sim., VII, 1 : Kai vOv, léxva [iou, ènaxo-jaaTs xoû Aeul xat toù 'lo-JSa... ôtt è? aùxôôv àvate/ît T,(jiïv tô cwxïipiov , — cf. Lév., ii, 11 : Kai Stà croj xal xoû 'louSa ô?6i^<7£Tai Kuptoç X0T4 àvôpciiToiç. Mais, à la rigueur, ce passage pourrait être une allusion à l'Incarnation.

(4) Dan, V, 4 : 'Eyw ol2a oxt èv xatç èaxàxat; r.fiÉpat; àv:o(Sxr,(jE(j(ie xoy Kuplou, xal TtpoffO- •/O'.EÏTE X(T) Aey;, xal Ttpb? xû 'louSà TiapaxàÇsejOe, àXÀ' oO SuviiasaÔs Tipo; aùxo-j;' oiyyziQç, yàp K'jp'ou ô5r,Y£i éx7X£poy;, ôxi èv aùxoT; dx/iiTexa'. ô 'I-ipariX. Ce trait a une portée particulière. Ceux qui soutenaient l'origine chrétienne des Testaments expliquaient l'association de Lévi et de Juda du double caractère sacerdotal et royal de Jésus-Christ. d'ai)rès le fragment de saint Irénée, qui, s'il est authentique, dérive plutôt des Testaments : 'C£ uv ô Xpiaxô; Tîpoex'jTîûOri xal ÈTZtYibidfirt xal ^v^wii^r/ iv [jlîv yàp xtji 'Iwaïj? upoexuirûÔTi* ex 8È xoy Aeul xal xoû 'loûSa xaxà dàpxa w; (îadO.ey; xal tepeùç £YevvT)Ori {Fragni. XVII, éd. Stieren, I, 836-837, ap. Charles). Mais ici, il n'est fait allusion qu'aux tribus comme groupes, et ce temps où la force d'Israël est dans Lévi et dans Juda ne peut être que le temps des Macchabées.

ESCHATOf.OGIE MESSIANIQUE HISTORIQUE.' 7i

Un peu plus loin, dans ce même Testament de Dan, Juda est placé avant Lévi, mais il ne s'agissait originairement que d'une tribu, et il faut plus probablement effacer Juda (1), car c'est ordinainMu<^nt Lévi qui couduit la guerre. Dans le Testament de Nephtali, Lévi n'est pas seulement nommé le premier; il est comparé au soleil, et Juda à la lune! douze rayons sont sous leurs pieds (2). Aussi le patiiarche recommande-t-il à ses enfants de s'unir à Lévi et à Juda (3). Gad annonce comme les autres patriarches que le salut viendra des deux mêmes tribus, qu'il faut donc leur rendre honneur. Juda est nommé avant, mais on peut se demander si c'est bien roitlre original (4), d'autant que dans le Testament de Joseph, et dans le même contexte, Lévi reparaît le premier (5).

Il y a plus; tandis que Lévi est béni par le Seigneur lui-même, c'est seulement l'ange de la face qui bénit Juda (6).

On a remarqué combien de fois reparaît cette pensée que le salut se lèvera sur Israël par Lévi et par Juda. Si cette phrase avait une origine chrétienne, on pourrait, à la rigueur, l'entendre du sacerdoce de Jésus-Christ, uni à son titre royal davidique. Encore est-il que la doctrine de l'épitre aux Hébreux, suivie par tout le christianisme primitif, marque plutôt l'extinction du sacerdoce lévitique que la fusion des deux titres. Cette fusion au contraire s'est opérée dans Israël lorsque les grands-prêtres Asmonéens sont devenus les princes de Juda et les véritables chefs de la nation. D'ailleurs ce sont bien, nous l'avons vu à propos de Nephtali, les tribus qui sont visées, non un héros, sorti par hypothèse des deux tribus, et le salut d'Israël ce sont les guerres conduites par Lévi.

Le caractère belliqueux de ce sacerdoce est encore mieux marqué dans le Testament de Lévi. Lévi est glorifié pour avoir tiré vengeance

(1) Dan, V, 10 : Kal àvaiîÀEÏ ùaîv ex Tr;; 3u),^; ['Io'J5a xal] to-j Aî-jI to ffwrôptov Kypioy aOxà; yàp 7ro'.r,(iEt noo- tov BîXt'ap Trô/Eaov. La guerre contre Béliar a un aspect moins chrétien que l'enchaînement de Béliar, cependant le passage est bien iiuMé.

(2) Nepht., V, 4 : Kal Ôvto; toO Asui w; ô yî).io;,... v.a.1 'loOoa; èyévsTO Xaartpos wç r, ffeXiQVYi, xal •^«rav inzo to-j; t:6o7.z aÛTwv Swôexa àxTtvs;.

(3) Nepht., vni, 2 : ... svTSÎXacôs toîç téxvoi; û(i.âjv Tva évoûvTat tw Aeul xal xià 'Iou6a.

(4) Gad, viii, 1 : ... ônw; TijjLrifftoT'.v 'loûSa xal Asol ôti è^ a-JTwv àvaTE/eî [0(xTv] Kypto? c7WTr)ptav tw 'lapar,),.

(5) Jos., XIX, 11. Le texte restitué d'après l'arménien, plus pur d'interpolations chrétiennes : Kal ûpieï;, TÉxva (xou, Tt|j.rj(7aTe xov Asyl xal tov 'lo'jSav ôti è? avtwv àvateXei r, TWTYîpta To-j 'Iffpa^iX. On ne fait pas état de JiuL, xxi, 2-4, où la suprématie du sacerdoce est si clairement indiquée, parce que ce passage ne se trouve pas dans la version arménienne. Juda est censé dire que Dieu ne lui a donné que la royauté, ce qui est terrestre, mais à Lévi le sacerdoce, c'est-à-dire les choses du ciel. On dirait de la querelle du Sacerdoce et de l'Empire!

(6) Jud., XXV, 2 : Kal ô Kyp-.o; îO/ôyyitc tô/ Aî-ji, 6 S' ay^iXo; to-j TipocwTToy i|x£.

de Dina contre les Sichémites. Si le sacerdoce lui est accordé, à lui et ;\ sa race, c'est en récompense de ce haut fait, comme le livre des Jubilés le dit encore plus expressément (1). La prise de Sichem, cette cité des sots (2), fut aussi l'un dfs principaux exploits de Jean Hyrcan. Il y a là une concordance qui ne peut être fortuite, qui date notre livre, et explique la i;lorilication de Lévi, comme guerrier et comme prêtre.

Jusqu'ici nous sommes pleinement d'accord avec M. Charles. Fautil le suivre encore lorsqu'il range parmi les gloires promises à la tribu sacerdotale un Messie-roi, selon le thème traditionnel, changé seulement en cela (ju'il n'est plus fils de David, mais descendant de Lévi? Nous ne le croyons pas, parce que tous les passages allégués ne peuvent avoir ce sens si on retranche les interpolations chrétiennes, qu'on a toujours le droit de supposer dans cet ouvrage, et si on maintient les textes contre des corrections peu justifiées. On trouvera en note la discussion de tous ces cas (3), sauf le plus important sur lequel il faut insister ici.

(1) Jubilés, x\\, 18.

(2) Lév., VII, 2 : 'Ea-zon yàp ôltio tt;; <ir,(j.£pov f, I"jxr|tj.x ).EYOii£vrj irôXi; àa-^vÉTwv... Cf. Sir. 1, 26.

(3) Bub., VI, 7-12 : 7. T(T) yàp Aeui k'ôoixEv ô Qebc Tf,v iç>yr,-^ [/.at ito 'loOSa (jlîx' aùtoû...] 8. Sià toOto £VTé).).0!xai -liiiy àxoueiv xoù Aeuî, ôxt aùtô; Y^todExat vôjaov 0£Oj, xal ôiaffte- ).£ï ypifftv xai 6-j(TiâoEi OuÈp to-j 'I<ypari)> |J-£XPt T£)xta)(r£w; '/p6>j(i>\ àp-/tEpev; Xptffxô;, 8v eIttcv ô Kûpio;... 10. Kai irpèç tov Ae-jI iyyi'^a.'zt èv Ta7t£ivwa£i y.apôîa; [{i|jlûv], tva 5£$ti(t8£ E-J).OYi'av EX Toù CTopiaTOC oÙToO. 11. AÙTo; yàp EyXoyridEi tôv 'lapctr}. xat tôv 'lo-jSav oTt Èv aÙTÔi èUÀÉHa'ro KOpio; PantXE-jEtv ÈvwTriov TravTÔ; toù ).aoù. 12. Kaî TisoffxuvrjcraTe ~o OTiÉpjia aO-oO, 5ti iiukp Oiadôv ànoOavEÏxat Èv 7io)i(xot; ôpaTOï; xai àopaxoï;. Kal Èv w[iïv éffTat PaffùE'J; aîwvto;. — Ce passage très important peut s'entendre de deux façons. Si Juda est autlienlique au v, 7 — et il n'y a pas de raison de le rejeter, puisque Juda est souvent nommé après Lévi, — le pouvoir est partagé, Lévi a le sacerdoce, Juda la royauté. Ce qui milite jiour ce sens, c'est qu'au v. 11 èv aÙTw doit se rapporter à Juda. On ne comprend pas, en effet, comment Lévi bénit Israël et Juda, parce que lui-même doit posséder la royauté : la bénédiction donnée à un autre, Israël réduit à Juda, explique comment Juda aura la royauté. C'est d'ailleurs ainsi qu'a compris le traducteur slavon qui a ajouté une longue interpolation pour appliquer au Christ la promesse royale faite à Juda. Dans ce premier sens, il est clair que le Messie ne vient pas de Lévi.

Si l'on admet avec M. Ciiarles qu'au v. 11 èv aOrw doit s'entendre de Lévi, on voit Inen que la royauté lui est promise en même temps que le sacerdoce. Les premiers Asmonéens mourront dans les guerres saintes, visibles et invisibles, car, dans les cieux, on a combattu pour eux, et peut-être aussi contre eux. Mais cette lignée royale n'aboutit à un roi éternel ou à un Messie, que dans le texte grec. L'arménien, qu'on reconnaît pour être moins relouché dans cette direction, a i^owat èv Oaîv Paai/zï; aiwviot. ce qui promet simplement la durée indéfinie à la dynastie, sans nuance messianique personnelle. Nous aurions donc seulement le messianisme collectif lévilique ou asmonéen, si on peut ein|iloyer ces termes.

Lév., VIII, 14 : '0 cï xpixo; £nix)r|Or;oETat aùxâ) ôvo|ia xaivôv, citt pacri/EÙî ex toù 'loOSa àvacty.TETat xat Jtotr,CT£i UpaxEiav vÈav, v.aTà tôv tOtcov tûv èOvwv eî; uâvTa Ta É8vr,. Pour trouver en cet endroit un sens messianique lévitique, M. Charles change èx toO, donné par tous les manuscrits grecs, en èv tw, la Itçon de l'arménien équivalant soit à èx toù, soit

ESCHATOLOGIE MESSIAMnUE HISTORIQUE. 73

Le Testament de Lévi contient deux psaumes. Le premier se tient complètement dans la ligne du sacerdoce lévitique, tel que Tentendaient Jes .Juifs (1). Il n'offre donc aucun intérrt spécial. Il n'en est pas de même du second, véritable liymue en Thonnenr du sacerdoce nouveau, et, à ce qu'il semble, d'un certain grand prêtre qui en posséderait éminemment toutes les prérogatives (2). D'après M. Charles, il s'agit de Jean llyrcan, représentant le Messie lévitique de l'avenir (3); d'après M. Bousset, le poème n'est pas proprement messianique, et cependant il décrit un grand prêtre messianique investi d'une puissance surnaturelle (i).

Voici ce morceau, assurément très remarquable.

à âv To). Mais il est assez clair que SaaiXâùç... àvaiTr,(T£Tai est une interpolation chrétienne qui rompt le contexte, car il était question de trois séries de prêtres : la dernière, celle des Asraonéens, inaugure un sacerdoce nouveau (avant de prendre la dignité royale!), selon la manière des nations, c'est-à-dire, probablement, selon l'ordre de Melchisédcc, type du sacerdoce des Gentils dans le Ps. ex.

Jud., XXIV, 1-3. Le texte grec est manifestement chrétien. M. Charles ne peut le nier qu'en alléguant sa ressemblance avec Lév., xviii ; mais précisément l'origine de ce chapitre est fort douteuse. L'arménien, plus sobre, me parait encore purement chrétien; qu'on eu juge : Kal (jLcxà Ta-jTa àvaTE^eî i6 âiirçov £lpr,vri;, toO Y)),tou ôtxaioff'j /y;; xal fT-jfxnopî-jTîTai àvSpoi- 7:0'.; èv npaoTiQTt y.ai ôtxaioff'jvr, . 2. Kal àvotyi^doviat aOTw oùpavoi xai Èy.yyôriOovTai eOXoytat TraTpô; àyîoy au' aOtw, xat aOtb; ixyizX èy' r,[Aâ; nvsOfAoc yâptro;. 3. Kai ËffînOs a-JtM ei; 'jtoÔEfft'av àXriOctaç. ..! D'ailleurs tout cela est dans le testament de Juda. Où M. Charles a-t-il pris que Verses 1-3 refer to Ihe Messiah from Lcvi?

Dan, V, 10-13. Ce passage est un peu long pour être cité en entier. Les vv. 11 et 12 paraissent décidément chrétiens. Les vv. 10 et 13 font allusion aux guerres heureuses des Macchabées, couronnées par la présence du Seigneur. Ces deux versets ne mentiounenl pas de Messie personnel.

Jos., XIX, 5-9. Ici le procédé de M. Charles est tout à fait radical. Tous les textes et les versions attribuent la prééminence peut-être messianique au quatrième animal, c'est-àdire à Juda. Pour avoir Lévi, M. Charles met troisième. Tout le passage est d'ailleurs fortement interpolé.

M. Charles n'a pas produit Lév., iv, 1-3, assez frappant au premier abord, parce que Lévi y est spécialement fils de Dieu et serviteur et ministre du culte dans un contexte qui débute par une description apocalyptique du jugement. Le sens général parait être que les l)rérogatives de Lévi dureront jusqu'à ce moment, sans allusion à une personnalité distincte.

(1) Ch. XIII, sauf le v. 5 qui est une interpolation chrétienne : « afin que ce vous soit un trésor dans le ciel » ; quand tout le reste ne parle que de la récompense terrestre.

(?) Lév., XVIII.

(3) Charles, ad h. l.

(4) Zeitsc/irift fiir die neul. ^fissenschaft, 1900, p. 172. Les deux savants sont d'accord pour y trouver des interpolations chrétiennes. L'émondage de -M. Bousset, beaucoup plus vigoureux, laisse subsister un fond dont on reconnaîtra plus volontiers qu'il peut être juif, mais nous allons dire qu'il faut aller plus loin encore dans la voie des retranchements. D'ailleurs M. Bousset reconnaît qu'après son travail d'élimination, So voie er dastelU, isl er nûmlich nicht eigentlich messiauisch. De plus, un peu eflrayé de la sublimité de ce grand prêtre messianique, il propose de regarder Dieu comme le sujet de toute la fin (contre M. Charles et le contexte).

Après une description sévère des vices des prêtres, l'auteur annonce (jue Dieu mettra fin au sacerdoce. Puis le psaume commence (1).

2. Et alors le Seigneur suscitera un prêtre nouveau, auquel seront révélées toutes les paroles du Seigneur, et c'est lui qui Tera le jugement de vérité sur la terre pendant longtemps.

3. Et son astre se lèvera au ciel coumie celui d'un roi, éclairant la lumière de la connaissance, 'comme le soleil éclaire le jour' (2), et il sera glorifié dans la terre entière.

4. Il brillera comme le soleil sur la terre, et l'era disparaître les ténèbres de dessous les deux, et toute la terre sera en paix.

a. Les cieux tressailleront de son temps, et la terre sera dans la joie, et les nuées dans l'allégresse;

[et la connaissance du Seigneur se répandra sur la terre comme l'eau des mers (3), et les anges de la face du Seigneur trouveront leur allégresse en lui.

6. Les cieux seront ouverts (4), et du temple de la gloire (5) viendra sur lui la sanctification, avec la voix paternelle, comme d'Abraham à Isaac

7. Et la gloire du Très-Haut sera prononcée sur lui, et l'esprit d'intelligence et de sanctification reposera sur lui [dans l'eau] (6).

8. Car il donnera en vérité et à jamais la grandeur du Seigneur à ses fils, et on ne lui succédera pas de génération en génération jusqu'à la fin (7).

9. Et sous son sacerdoce, les Gentils en grand nombre auront la connaissance sur la terrej| Et ils seront éclairés par la grâce du Seigneur, [tandis qu'Israël diminuera dans l'ignorance, et sera dans les ténèbres et le deuil] (8).

Durant son sacerdoce, le péché disparaîtra, et les pécheurs cesseront de mal faire, [et les justes se reposeront en lui].

10. Et il (9) ouvrira les portes du paradis, et écartera l'épée dirigée contre Adam.

(1) Lév., xvni, 2 ss. La traduction d'après le texte grec de Charles. Les passages entre crochets sont ceux qu'il juge interpolés. On trouvera le grec aux a|)pendices, texte I.

(2) 'Ev ii>.i(a fjjj.Épa. Le texte parait corrompu ; la traduction est approximative.

(3) Is. XI, 9.

(4) M. Charles note très loyalement que les seuls passages vraiment parallèles sont Mattli. m, 16 s.; Ma7-c, i, 10 s.; Ltic, ni, 21 s.

(."}) Le temple, en parlant du ciel, dans le Ps. xvni, 7, etc., et Test. Lév., v, 1.

(6) 'Ev TÔi jûxTi, omis par quelques manuscrits et une recension arménienne, doitôlie une interpolation dans toute iiypothèse.

(7) M. Charles entend que sa succession est assurée à sa descendance!

(8) Omis par quelques manuscrits griîcs, mais se trouve dans le plus grand nombre et dans toutes les versions. Si c'est une interpolation, son auteur a bien saisi le rythme.

(9) Il est évident que le sujet est toujours le même; ce n'est pas Dieu qui interviendrait sans qu'on puisse s'en douter.

ESCHATOLOGIE MESSIANIQUE HISTORIQUE. 7ij

11. Et il donnera aux saints de manger de l'arbre de vie (1), et l'esprit de sainteté sera sur eux.

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