‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 35 sur 118 · VII · texte numérisé non relu

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(2) IX, 26-x, 60.

(3) XI, 2-xii, 31.

(5) Latin vu, 29 Chrisfus; xii, 32 Unctus. Versions orientales, mêmes endroits et vu, 28.

(6) Il est critiquement certain que le latin a sauté quelque chose par homoloteleuton : Du premier et vidi et ecce le copiste a passé au second. 11 faut donc lire avec toutes les versions orientales : « Et vidi et ecce [hic ventus ascendere fecit de corde maris quasi simililudincm hominis et vidi et ecce] convolabat ille homo ciim nubibus cœli... » (mu, 3).

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liuiiiain, réuni dos quatre points cardinaux, mais il fait naître une montagne et du sommet de cette montag-ne il réduit en cendres Tinimense armée, par le souffle de sa bouche. Puis il appelle à lui une autre multitude pacifique, les uns joyeux, les autres tristes, quelquesuns captifs, amenés par leurs vainqueurs. Avec un tact admirable, l'autour s'éveille i\ co moment précis, sans s'étendre sur le bonheur qu'on pressent déjà; les images se sont succédé, comme dans un rêve, grandioses, un })eu bizarres, chacun des acteurs du drame paraissant à point nommé pour jouer son rôle. C'est une belle vision, mais c'est une vision qui ne nous renseigne pas sur ce qu'est celui qui paraît comme un homme. C'est bien l'indication du Messie, l'auteur nous le dira, mais ce n'est point la détinition du Messie; c'est sa représentation en vision, il ne faut pas l'oublier. Le nom d'homme ne lui est jamais appliqué que dans cette vision ou dans l'interprétation qui en est donnée (fi. Et si en effet cet homme marquait le peuple d'Israël, personne no refuserait de reconnaître l'inspiration de Daniel. Actuellement quelques critiques vont chercher les analog-ies les plus lointaines pour éviter celle qui s'impose : l'être semblable à un homme qui vient sur les nuées ou avec les nuées (2). La montagne ellemême est une image prise ailleurs dans Daniel (3). Plutôt que d'entasser les conjectures érudites, mieux vaut reconnaître simplement qu'Esdras interprétait du Messie l'homme de Daniel. Si ce n'est pas le sens littéral précis du texte de Daniel, qui peut affirmer que ce texte n'avait pas été développé dans le sens que le terme d'« homme » suggérait si naturellement? D'ailleurs, loin d'être un homme comme un autre, cet homme, ou plutôt cette image d'un homme, signifie en réalité une personnalité dune telle grandeur que l'ange, parlant au nom de Dieu, le nomme « mon fils » (4). C'est ici un fait tout à fait extraordinaire et isolé dans les apocalypses; on se l'explique mieux si l'auteur a tablé sur une tradition antérieure représentée selon nous par le psaume deuxième (5). Et en etfet, l'homme d'Esdras, établi sur la montagne de Sion, ressemble beaucoup au héros du Psalmiste (G). Il en

(1) Outre xiii. 3, cf. \iii, 5 : ut clehellarcnt homincm, qui ascendcrat demari; xiii, 12 : et post haec vidi ipsum liominem ; xiii, 25 : quia vidisli virum ascendentem ; xiii, 32 : quem vidisli virum ascendentem ; xiii, 51 : propter quod vidi virum ascendentem.

(2) Dan. vu, 13.

(3) Dan. ii, 35 et E.-id. xiii, 36 : sicut.ridisii montem sculpi sine, manibus.

(4) XIII, 32. 37.52; xiv, 9; auxquels il faut ajouter vu, 28 et 29, qui pourrait otre révoqué en doute s'il était isolé, à cause des variantes entre les versions.

On lit une seule autre fois, clans Hcnocli c.v, 5 : « moi et mon (il? », mais le passage est interpolé.

(5) l's. II, 7.

(6) Comjtarer Ps. ii et Lsdrn.s xm, 3i ss. : el collirjetur in unum muUiludo innumera-

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résulte que le titre de fils n'est pas une fausse traduction du grec r.oL'.q qui signifie à la fois enfant et serviteur, mais une traduction de l'hébreu bcn, « fils » comme dans le psaume. Cependant jamais l'auteur lui-même n'emploie le terme de Fils de Dieu. Ce peut être une précaution de respect, puisqu'il ne nomme « Dieu » que rarement. Mais cette atténuation répond sans doute à une distinction réelle: autre chose est que Dieu dise « mon fils », terme qu'il avait déjà employé dans l'Écriture en parlant d'Israël (1) et du descendant de David (2 , autre chose que l'auteur nomme carrément le Messie Fils de Dieu (3i.

Aussi bien les origines de ce fils demeurent dans le mystère. Il existe déjà, dans le monde où vont les sainis après leur mort, et y demeurera jusqu'au temps marqué (i), invisible aux regards de tous ceux qui sont sur la terre (5). Il est donc tenu en réserve par le Très- Haut, pour l'œuvre qu'il lui destine 1 0 1 ; lorsqu'il se montrera, ce sera une révélation (7).

Il n'est nulle part question de sa naissance, et si les versions orientales le disent « de la race de David », ces mots ne peuvent être qu'une interpolation (8). Il n'est pas dans le goût des apocalypses de préciser ainsi les choses ; aucune de celles que nous avons rencontrées n'a pro-

bilis sicut vklisti volenfes venire et expvgnare eum. Ipse autem slahit super cacumen montis Sion... Ipse autem fiUus meus arguet qune advenerunt génies impietatis eorum... C'est une preuve que, d'après Esdras, le psaume visait bien, non pas un roi théocralique quelconque, mais la personnalité du Messie à venir.

(1) Ex. IV, 22; cf. Sib. III, 772.

(2) Ps. Lxxxix, 28.

(3) Ce terme aurait en effet beaucoup plus de précision, appliqué à une personnalité distincte, que lorsqu'il s'applique au juste, fiit-il le type du juste parfait, comme dans Sap. n, 13. 16.

(4) XIV, 9 : tu enim recipieris ab hominibus, et converteris residuum cum jilio meo et cum similibxis tuis usquequo finianlitr tempora.

(5) XIII, 52 : Sicut non potest hoc vel scrudnare vel scire quis, quid sit in profundo maris, sic non poterit quisquam super terram videre jilium ineum vel eos qui cum eo sunt nisi in tempore diei. Toutes les versions orientales offrent le même sens; super terram ne doit pas se joindre à filium meum comme si le fils était déjà sur la terre, invisible aux regards; ce .sont ceux qui sont sur la terre qui ne peuvent pénétrer le mystère de l'assemblée des saints. Esdras ressemble ici beaucoup au livre des Paraboles.

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