‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 36 sur 118 · VII, 28; XIII · texte numérisé non relu

VII, 28; XIII

(8) XII, 32. Le latin a seulement : hic est unclus, qtiem reservavit altissimus in finem ad eos, et impietates ipsorum arguet illos. Le syriaque insère après in finem dierum. qui oritur (ou orietur; ex semine David, et veniet et loqu>'tur; de même les autres versions orientales. Un copiste cbrétien n'avait aucune raison d'omettre ces mots; il était tout naturel qu'il les ajoutât. M. Vaganay, qui admet l'authenticité, note cependant f/. /., p. 105, note 1) : « Par scrupule chrétien, les versions orientales ont ajouté au cU. vi, 1 : « D abord par le Fils de l'homme, ensuite par moi-même ». Elles ont retranché pour le même motif au Terset 6 : « Ut et finis per me et non per alium ».

lOG I.APOCAI.VI'TInir. .iiivi:.

uoncé le nom de fils de David, (jui venait toiil naturellement sous une plume chrrlienno.

Que si cependant on tient à raullicuticité du passage, et si le Messie d'Esdras est bien fils de David, ce sera un rapprochement de plus avec le Messie des rablVins. Entre ce personnage qui monte de la mer et celui qui descend du ciel, il y aune notable difï'érencc. l'n être préexistant pouvait très bien devenir fils de David, d'après l'opinion assez courante parmi les .luits (]ue les ;\mcs préexistaient auprès de Dieu, Même après sa naissance il pouvait être caché à tous les regards en attendant d'être manifesté au monde. On assignait même la mer comme lieu de sa cachette (1). Ce qui prouverait que telle est bien la pensée de l'auteur, c'est que le Messie est caché avec d'autres personnes auxquelles on ne peut pas attribuer aussi facilement qu'à lui une origine tout à fait surnaturelle

Ce n'est plus l'être extraordinaire, l'Élu ou ce Fils de l'homme qui marche avec la Tète des jours, caché auprès de Dieu, tel que le décrivait le livre des Paraboles, c'est un Messie toujours mystérieux, mais (jui vient de moins haut. Il monte avec la mer, et aucun texte ne le fait descendre surles nuées; il monte avec elles, comme il arrive toujours en Palestine où les nuages viennent du côté de la mer, poussés par le vent d'ouest.

Cependant il fait encore très noble figure, et ses dons surnaturels sont tout à fait extraordinaires. Il n'agit que par sa voix (2) ; ce n'est ni un roi, ni un guerrier. Il ne combat pas, il reproche à ses adversaires leurs impiétés, et cela suffit pour leur faire mordre la poussière. La voix était attribuée aux anges, et ils s'en servent volontiers dans Esdras. Pourtant il serait bien un homme, s'il était avéré qu'il dût mourir. C'est l'affirmation de la majorité des versions, combattue par le silence de certaines autres, et dans le passage le plus troublé du livre (3i. La même incertitude règne, au môme endroit, sur la durée

(1) Voir plus loin, p. 222.

(2) Mil, .33 ss.

(3) Les deux versions arabos et la version arménienne n'ont pas cette mort du Christ, variante importante qui na été signalée ni par M. Gunkei, ni par M. Vaganay. Certaines versions parlent en |ilus de la résurrection des morts. Lo temps du Messie est de quatre cents ou de trente ans. ou n"est pas indiqué. Bailleurs voici les textes d'après Uilcenfelh, Messins Judacorum : latin vu, '-"" rcvelabilur enim filius meus Jésus cuin liis qui cuni oo et iucundahit qui relicli sunl annis quadrin^i'iilis. •-•' et erit post annos hos, et morietur tilius meus Clirislusct oinmvs qui spiranienluin lialient liomines ou /lominis); syriaque vu, -- revelabilur enim filius meus Messias cuin bis, ([ui cum co sunl, et iucund^bil, qui relicti sunl, XXX annis. -■•' et erit post annos bos, inorielur (ilius meus -Messias et omnes, inquibus est spiranienluin bominis : élbiopien v), -■' revelabilur enim Messias meus cum bis qui cum eo cl laetificabit eos, qui resuscilabuntur. 3" et post baec ad (inem venict puer meus

ESCII.VTOI.Or.IE SYNTHÉTIQUE. 107

de la carrière du Messie. Si Esdras s'est vraiment décidé à le faire mourir, c'est pour se débarrasser de lui et n'avoir plus à en tenir compte lorsqu'il traitera de l'eschatologie cosmique et transceudante. Le Messie disparu, le jugement appartient à Dieu seul, et le Messie ne figure même pas dans le monde de l'au-delà. Esdras n'a pas voulu le supprimer, ni lui donner un rôle dans les fins absolument ultimes; le résultat de ce compromis est un temps messianique qui clôt Ibistoire, sans inaugurer le monde à venir. Mais un second compromis se greffe sur le premier; le Messie qui joue un rôle terrestre est celui des autres apocalypses antérieures, un Messie préexistant. En aucun cas on ne peut attribuer à l'auteur deux existences du Messie, l'une humaine et cachée, l'autre glorieuse. Il ne connaît que la manifestation glorieuse d'un Messie réservé pour jouer le rôle que lui impose la tradition. Ce n'est plus l'Élu du livre des Paraboles, qui parait pour jug^er et pour demeurer à la tête des élus ; celui d'Esdras vient sauver les restes d'Israël; après quoi on n'entend plus parler de lui.

On aboutit donc à une construction hybride; mais, manifestement, l'ensemble est beaucoup moins transcendant que dans le livre des Paraboles.

Si c'est bien le texte primitif qui fait descendre le Messie de David et qui le fait mourir, il n'y a plus guère de différence entre ce Messie et le Messie des rabbins que l'allusion à Daniel, plus nette dans Esdras, ce titre de Fils que Dieu lui donne et qu'ils ont évité, avec une allure plus transcendante, des dons surnaturels plus extraordinaires, un règne moins purement humain que celui que décrivent les Psaumes de Salomon. Ainsi la combinaison essayée par Esdras manque de franchise; le Christ rentre dans l'horizon historique, pour y jouer un rôle presque uniquement prodigieux. La nouvelle Sion participera à ce caractère (1 ). Ce n'est pas une restauration naturelle, si brillante qu'on puisse l'imaginer; c'est l'apparition d'une cité invisible {-2) qui

Messias meus et omnes qui spiritum liabent homines; arabe' vu, -* nam lilius meus Messias apparebit cum iis, qui ad eum pertinent, et iucundabit eos, qui relicti erunt circiter (cr.c annis ; arménien vu, -"^tunc apparebit Unctus Dei manifestus hominibus et laetos reddet eos, qui manserunt in fuie et in patientia. — Il est assez probable que le texte primitif ne contenait ni la mort du Messie, que des chrétiens ont cru devoir mentionner, ni le temps de l'ère messianique, que les uns ont évaluée à quatre cents ans, selon la tradition juive, les autres à 30 ans, en conformité avec l'existence terrestre de Jésus dont le nom a même été introduit dans le latin.

(1) XIII, 36 : Sion autem véniel et ostendelur omnibus parala et aedificala, sicul vidisti montem scuipi sine manibus.

(2) VII, 26 :... et apparebit sponsa et apparescens civitas et ostendelur quae mine subducitur terra. Sponsa est probablement le résultat d'une erreur dans la lecture du grec : r\ vjfiçri saivojAEvri îtoXiç. qu'il fallait lire : r| vûv [xyj çx'.voar/T] 7:6),i; [Guiikel). Cette erreur est très naturelle sous la plume d'un scribe chrétien. — Cf. Ilén. xc, 29.

los i/APOCAi.vi'Tinn: .invi:.

descend toute prête comme le Messie, et même avec le pays dont elle sera le centre. Ce pays jouera le rôle d'une Palestine nouvelle, mais il est fort possible que ce soit le l'aradis (1]. Un trait qui parait tout d'abord très naturel, c'est le retour des dix tribus, déportées par Salmanasar. Mais là encore l'invisible joue son rôle; on suppose qu'elles vivent cacbées dans une terre inconnue où jamais n'a babité un être bumain (2). Elles aussi feront donc leur manifestation. Et toutes ces merveilles sont réservées à Israël. 11 ne pouvait en être autrement dans le système de l'auteur. Le messianisme n'avait plus pour lui de raison d'être que d'exercer sur les nations un jugement plus sévère que celui dont elles avaient frappé le peuple de Dieu, moins coupable.

Il faudrait maintenant décrire l'autre eschatologie d'Esdras, le terme définitif du monde, la distinction entre les justes et les pécheurs, la résurrection générale, le bonheur éternel des uns, la damnation déhnitive des autres. Il ne s'agit plus ici que du sort des individus, réglé d'après une stricte justice ; on n'y parle plus d'Israël, opposé aux Gentils; Israël lui-même a fourni son contingent de damnés. Au contraire il peut se trouver des justes parmi les Gentils (3). Ce n'est cependant qu'une infime exception. Les nations sont fatalement condamnées, puisqu'elles ne connaissent pas Dieu et ne pratiquent pas sa loi (4).

Nous n'avons pas à insister, puisqu'il ne s'agit plus ici d'eschatologie messianique; on retrouvera les traits principaux à propos de la résurrection. Il faut seulement remarquer qu'aucun lien n'existe entre le rôle du Messie et le bonheur éternel des justes. Les sphères d'action sont absolument distinctes, puisque le Messie n'est même pas nommé parmi les élus. Les justes se sauvent par leurs œuvres, c'est-à-dire par laccomplissement de la loi, sous la tutelle de la Providence de Dieu, mais non pas par sa grâce (5), et si Dieu fait miséricorde à des pécheurs convertis, c'est en faveur des justes, non à cause du Messie, qui n'a rien à voir à cela.

Le Christ sauve Israël à la fin des temps, et lui procure quelques années de bonheur et de gloire ; il n'est point l'auteur du salut éternel des justes. On ne voit pas non plus que sa doctrine et ses exemples les éclairent; ne coFnpromettrait-il pas ainsi son rùle de triom-

(1) Cf. Apoc. Barvch. n .

(3j III, 36 : Homines (juideni prr voiiiinn inventes servnsse mandata tua, génies autem non invcnies.

(4) III, 32 : Aut alla gens cognovif le praeler Israël? elc.

(5) Nous ne voyons pas coinincnl M. Vaganay a pu écrire (p. 108) : « La justincation est donc surtout lo fait de la srilcc do Dieu ». Cf. viii, 33 : lusti cnim quibus sun( operae mtillae rcpositae apud te, ex propriis nprrihus récipient mercedem.

ESCIIATOF.OGIE SYNTHÉTIQUE. lOa

phateur ? Il serait certes au-dessous de sa dignité de prêcher la pénitence. Aussi Esdras charge de cette mission des hommes enlevés de terre sans mourir, c'est-à-dire sans doute Hénoch et Élie (1). Ce sont peut-être les précurseurs du Messie, car ils apparaîtront, comme lui, après le temps des grandes angoisses ; mais Fauteur ne le dit pas. L'invitation à la conversion vise le grand jugement, avec la môme réserve que dans Malachie auquel cette pensée parait empruntée (2). Quoi qu'il en soit, cette attribution distincte montre combien peu Esdras comprenait le Messie comme un prédicateur de pénitence. Il ne l'a pas non plus nommé l'instrument du salut du monde (3) ; ce monde serait en tout cas le monde présent, un monde près de finir et sur le point d'être remplacé par un monde meilleur, mais il est presque certain que le texte doit être restreint à Israël, dont le Messie sera le libérateur.

L'Apocalypse de Baruch est coulée dans le même moule que celle d'Esdras, mais le métal en est moins noble. L'un des deux auteurs a imité, et l'imitateur doit être Baruch, dont les images sont moins naturelles et la réflexion théologique plus avancée. On ne compendrait guère que le problème des fins dernières ait inspiré à Esdras des accents si poignants, s'il l'avait traité en copiste. Baruch se le pose aussi, mais plus froidement; c'est déjà un thème à spéculations et à discussions.

Moins original aussi, le messianisme de Baruch est, comme celui d'Esdras, au terme du monde actuel, et sert de transition au monde futur. Le point de départ de la révélation, c'est la destruction de Jê-

(i; VI, 26 : Et videbunt qui recepti sunt homines, qui mortem non gustaverunl a nativitate sua, et mutabitur cor inhabitantium et convertelur in sensum alium.

(2) Mal. in, 24. M. Vaganay, comprenant le rôle du Messie dans le sens chrétien, se demande : « quelle sera ensuite la fonction du Messie, venant après ces apôtres, qui ont déjà ramené les hommes dans la voie de la vérité et de la justice » (p. 80). Il est probable que pour Esdras la question ne se posait pas du tout, car le rôle du Messie n'était pas si vulgaire.

(3) xiii, 26 : Ipse est quem conscrcat allissimus multis temporibus, qui per semetipsniii liberabii creaturam suam, et ipse disponet qui derclicti sunt. Gunkel reconnaît, après Wellhausen, que per seiuetipsum est une fausse traduction de i2~1L'N, « au moyen

duquel ». C'est Dieu qui est sujet de salvabit; il sauvera par le Messie. Mais il croit que le Messie n'en sera pas moins « Sauveur du monde ». Quelle est donc cette créature que Dieu sauvera? le monde entier? l'humanité? mais cela dépasse absolument le rôle du Messie : nous croyons qu'il y a ici une erreur. L'hébreu était probablement ij'ijp qui peut en effet

se traduire création, cf. Ps. civ, 24; mais dont le vrai sens est : « sa propriété », son bien propre, Israël. Noter que l'élh. a renchéri dans le sens chrétien : ut redimat in eo mundutn; ar. - au contraire : utsuos liberaret, ce qui est bien le sens. D'ailleurs, quel que soit l'hébreu, le grec 7.T»i(ji; a pu être transcrit xTtui;. Nous avons précisément ce cas dans le Ps. cv, 21 où le grec {Ps. civ, 21) -rij; xtvîasw; aOtoO, représentant i;;ijp, est devenu vr,i xTiaew; aÙToù dans certains mss. [Sinaiticus, Alexandrinus).

dlO I.Al'OCAl.YlTlnLl-: Jiivi:.

riisalem, — par les Clialdécns, puisque le l'évélatciir est Barucli, — mais on comprend assez que le véritable auteur vivait après la ruine du Temple sous Vespasien.

Celte série de malheurs, accablant la cité sainte et le temple où Dieu résidait, plonge le voyant dans un malaise indicible. Ce ne sont point les Clialdécns qui on! détruit la ville, ce sont les anges; Dieu l'avait quittée, et ce ([ui a été saccagé, ce n'était même pas la vraie cité sainte, enlevée par Dieu auprès de lui avec le Paradis. Malgré tout, le scandale subsiste, puisque les Juifs valent mieux que leurs adversaires, et, quoi qu'il en soit des vivants, qu'adviendra-t-il des justes décédés, et (|uel sera leur salaire, s'il faut que toujours l'histoire se recommence? C'est par ce pli que Fauteur aborde l'eschatologie individuelle, il va sans dire que pour lui la question ne se pose pas dans ces termes philosophiques. L'histoire, mauvaise à Israël (1), l'amène à penser que le monde va linir. Qu'en sera-t-il des promesses de gloire faites à Sion et du bonheur promis aux justes dans un monde meilleur (2)?

La réponse est dans le messianisme, suivi du monde futur.

Il est trois fois question du Messie, une première fois en clair, puis dans la vision du cèdre et de la source, enfin dans la vision de la nuée. Après des calamités inouïes, après qu'un petit reste seul aura été conservé par la providence de Dieu, dans « cette terre », c'est-à-dire la Terre sainte, tout étant révolu, le Messie commencera à se révéler (3). Avec lui se manifesteront Béhémoth et Léviathan. Sa présence inaugure une époque plantureuse. La fertilité de la terre sera prodigieuse; des anges feront respirer des parfums le matiu, et distilleront le soir une rosée salutaire. On se nourrira de manne, car c'est la fin des temps. Que fait le Messie? rien. Quand il retournera au lieu d'où il est venu [ï), les réceptacles des âmes se videront; elles se présenteront pour la récompense ou le supplice.

(1) XXI, 13 : .Si enim fiaec tantum vita essel, quae hic est omni homini, niliil esset amariiis hoc. Le latin d'après FniTZSciiE, Libri apocryphi.

('>} XIV, 13 : propter hoc etiam ipsi sine limore relinqunt iniindioii istum, et fidentca in Inetilia sperant se reccpluros mundiitn qiiem promisisti eis.

(3) xxi\, 3 : et erit postijuam vomplclum fiicrit (juod futunim est ut sit in illis partilius, tune incipiet revelari Messias.

(4) XXX, I : lît erit post hacc, cum inipichitur tempus adventus Messiae et redibil in gloria, lune omnes <{ui dorinicrunt in spr eiux, résurgent. Larrivée du Messie el son retour sont conlrailicloiit's dans la position de Ilarucli, et ne st'xpii'|uent ([ue sous la plume d'un chrétien, alli-ndanl l'aveneincnl du Messie, le second avènement, qui est un retour. De plus les justes de Harucli placent leur espérance dans la Loi, non dans le Messie. Enfin la résurrection ne saurait jirécêder ce qui suit : et erit illo tcmpore, aperientur prompfuariti . Il y a donc ici manifestement une interpolation chrétienne. C'est peut-être tout le verset qui

ESCHATOLOGIE SVNTHÉTIQli:. III

Le messianisme est donc clairement un temps intermédiaire.

I^a même distinction des deux mondes se retrouve, encore plus nette, dans la vision du cèdre et de la source. Baruch s'endort et voit pendant la nuit un bois environné de rochers escarpés; en face une vigne, d'où coule une source. La source arrive jusqu'au bois et .grossit, les arbres sont déracinés et enlèvent la crête des rochers; enfin il ne reste qu'un cèdre. La source adresse de violents reproches au cèdre, qui est consumé, en attendant les dernières tortures. La vif^ne croit au milieu d'une plaine couverte de fleurs immarcescibles (1).

C'est une allégorie des empires. Le premier empire qui a détruit Sion, c'est-à-dire les Chaldéens, sera détruit par un second empire, et celui-ci à son tour par un troisième (les Perses et les Grecs . Viendra un quatrième empire (l'empire romain), plus dur et plus mauvais que les autres. Le cèdre est le dernier de ses chefs. L'empire du Messie est la source avec la vigne. Dès le début on pressent que la source menace le bois; c'est sans doute une allusion à la préexistence du Messie. La forêt et les rochers se causent un mutuel dommage. C'est la lutte des nations entre elles avant le duel définitif entre la source et le cèdre, le Messie et l'Empereur. La source tuera le cèdre, le Messie vainqueur régnera sur le reste du peuple dans le pays aimé de Dieu.

La source joue donc ici le rôle du lion et de l'homme d'Esdras : venger les Juifs de l'empire romain et de son chef. Il est plus expressément question du règne du Messie, règne indéfini, mais strictement limité ici par la fin du monde de la corruption (2). Ce règne n'est donc qu'une pause, et, de même, les tourments des empires païens sont provisoires jusqu'au jour du châtiment définitif, où ils reviendront de nouveau (3), c'est-à-dire se présenteront au Juge après la résurrection.

Si l'image est peu naturelle et même bizarre, les idées sont très nettes. Le rôle du Messie est purement temporaire. De toute façon personne n'a à se préoccuper de lui avant sa venue. C'est le monde futur, non pas celui du messianisme, qui est l'objet des promesses; c'est ce monde qui ne passera pas, qui demeurera à jamais, qui n'aura pas de fm (4). On y arrive par les bonnes œuvres; toute l'espérance

est interpolé. Cependant, pour n'éliminer que le strict nécessaire, on peut admetirc que la fia des temps messianiques est indiquée par le retour du Messie au ciel.

Page 1