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LE MESSIANISME EN ACTION D'APRÈS JOSÈPHE

Les apocalypses apocryphes, les ouvrages rabbiniqucs nous feront connaître les espérances théoriques rattachées au Messie attendu. Il serait beaucoup plus intéressant de savoir si ces idées sont demeurées le rêve de quelques visionnaires, un thème à discussion entre rabbins, ou si elles ont été un des facteurs de la vie nationale, si elles ont eu assez d'action sur le peuple juif pour déterminer le coui-s ou du moins quelques-uns des mouvements de son histoire. S'il en était ainsi, le peuple serait un témoin plus grave que les vovants et les docteurs de l'intensité du messianisme. Même s'il était impossible de préciser l'étendue de cette foi, et l'énergie de ce levain pour soulever les âmes, il serait à propos de connaître les dilTérents courants de l'histoire nationale pour apprécier la position prise par les prêtres, par les Pharisiens et par le peuple quand la prédication et les œuvres

1) Scii'vREix, Gesc/iichte..., Il'', p. 604, n. 27, cite sur ce sujet des ouvrages fnir ji- n'ai |iu consulter : Gerlach, Die Weissagungen des Allen Testaments ia den Sclniflen des Flavius Josephits (18G3), p. 41-89: Lange.x dans Tiib. Theol. Quartalsvkrift isc.s. p. 39- 51; HoL\vEKD\, Verslagen en Mededeelingen der /ionin/cl. Akademie van U'e/cnsclioppen, Afd. Letlerhunde, tiveedc reeks, deel II, 1872, p. 127-139.

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tic Jésus posèrent nettement devant leur c.nscimcc le problème messianique.

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Malheureusement nous ne connaissons Ihistoire juive, de Jean llyrcan i\ la ruine dr Jérusalem, (pie par Josèplie (1). Ce n'est pas .pi." riiistorien soit sans valeur. Né dune famille sacerdotale et même apparenté par une de ses i^rand'mères aux Asmonéens (2), et daulre pari Pharisien par conviction et par choix, il semble avoir bien compris le devoir d'un historien, et avoir pratiqué une assez lovale impartialité. Il a été témoin oculaire et même acteur dans la dernière crise: sur le règne d'Hérode et les temps précédents il avait deux sources de premier ordre : Nicolas de Damas et Strabon (3). Il siit admirablement faire revivre les grands acteurs, et décrit le drame d'une façon souvent pittoresque et même poignante. L'histoire politique païaît bien s'être passée telle qu il la raconte.

.Mais il est beaucoup moins sûr comme témoin des idées religieuses de son peuple et de ses aspirations, (^e n'est pas seulement parce que, étant Pharisien, il donne le nom de Loi à des coutumes traditionnelles. Ce défaut d'acribie est très secondaire et facile à corriger. Son erreur fondamentale, — c'était déjà sans doute, et plus encore, celle de Nicolas de Damas, — c'est une préoccupation excessive d'être compris et admiré de ses lecteurs Grecs et Romains. Or, il s'attend à n'être compris que s'il présente la foi et les institutions de son peuple sous un aspect philosophique qui permette aux gentils de se faire une idée des mœurs juives en les comparant aux leurs. Il les revêt donc d'une couleur particulière, et il va même jusqu'à les déformer. On sait qu'il a comparé les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens à des sectes philosophiques à la grecque. Le plus fort c'est que les sicaircs eux-mêmes constituent d'après lui un quatrième genre de philosophie {'*).

On pourrait lire en entier ses ouvrages, assez considérables, sans soupçonner [>ar exemple l'importance qu'avait pour les Juifs la foi

(1) Surlout Ifs Ahliquités jiKlfiii/iies (Ant.) et la Guerre juive(BeU.). On a en constainrnonl snus les yeux l'édilion de Di<lol el celle de Nlcse. Niese passe pour avoir reproduit très r<»rrff lemcnl dans son iiiiparatus les lerons des manuscrits; son édition est donc un auxiliaire indispensable; mais il nous semble qu'assez souvent il a été mal inspiré dans le choix des variantes. Dans le cas ou cela sera utili> nous indiquerons le texte choisi.

(2; Vila, 1.

(3) On peut lire parmi les éludes récentes : A. lUcni.cu. Les sources de Flarius Josèplie dans ses Antifjuites, Revue des études juives, t. .WXII. p. 179 ss., el t. XXXIV, p. 69 ss.

'\, Anl. XVIII, I, J-O.

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