‹ Le Messianisme chez les JuifsChapitre 51 sur 118 · LA VIE FUTURE · texte numérisé non relu

LA VIE FUTURE

Par vie future on entend ici les destinées de Thomme après la mort. L'espérance de la résurrection était un des thèmes de la vie future, mais ou doit en traiter séparément. La vie future peut être envisagée, d'une façon assez générale, comme la survivance de l'homme. Dans cette nouvelle existence, il est récompensé de ses vertus ou puni pour ses fautes de la vie présente. 11 n'y a aucun lien nécessaire entre cette autre vie et le messianisme. On peut noter dès à présent que plus on entendait le messianisme comme un bien terrestre et temporel, plus le monde de la rétribution dans l'au-delà en était distinct. Car ce concept, quel que soit le moment où il apparaît dans l'Ancien Testament, n'est pas une transformation de l'espérance du salut pour Israël; c'est une réponse au problème des destinées individuelles, et à celui de la justice de Dieu. iMérite individuel, survivance de l'âme, récompense ou châtiment, en sont les termes essentiels.

Or il est cerlain que le judaïsme pharisaïque, un siècle avant Jésus- Christ et un siècle après, s'est beaucoup préoccupé de cette sanction de la vie morale, beaucoup plus, sans comparaison, que du Messie attendu. C'est tout le ressort des exhortations des maîtres, sans aucune confusion possible. La notion du mérite et du démérite, de la responsabilité personnelle et de la récompense individuelle, est parfaitement esquissée dans les psaumes de Salomon.

Car nos œuvres dépendent de notre libre choix et du gré de nos anies,

pour pratiquer la Justice et l'injustice dans les œuvres de nos mains,

et dans ta justice tu examineras les enfants des hommes.

Celui qui pratique la justice s'amasse un trésor qui est la vie auprès du Seigneur,

et celui qui pratique l'injustice est responsable de la perte de son âme.

(iar les jugements du .Seigneur sont justes. [)Our chaque homme et chaque maison (2).

Cette théologie est enchâssée eiilre deux parties qui traitent du sa-

(i; Ps. Sal. IX, 7-10.

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lut d'Israël, comme pour révéler le sens profond des voies de Dieu : il est juste pour chaque être, individu ou collectivité. S'il a cliAlié la nation, c'est qu'elle le méritait. Ou voit que l'idée de justice et de rétribution prime tout, et avec quelle netteté Thomme est mis en présence de lui-même. Son bonheur, — sa vie auprès du Seigneur, — est entre ses mains; il ne dépend donc pas d'un avènement messianique, car celui-là n'est pas en sa puissance. La vie auprès du Seigneur, c'est la conception la plus haute de l'autre monde, de la vie future. xVucun développement d'une existence plantureuse ne ternit cette belle idée empruntée à la plus pure tradition de l'Ancien Testament; seule la résurrection est mentionnée, rattachée à la vie éternelle. Quant aux pécheurs, tous les textes les menacent du châtiment ; on dirait d'abord qu'ils sont voués à la destruction; ils continuent cependant d'exister pour souiï'rir. seulement ils ne sont pas ressuscites.

Il est tombé, sa chute est rude, et il ne ressuscitera pas,

la perte du pécheur est éternelle,

et on ne se souviendra pas de lui. au moment où les justes seront visités.

Telle est la part des pécheurs à jamais.

Mais ceux qui craignent le Seigneur ressusciteront pour la vie éternelle,

et leur vie sera dans la lumière du Seigneur et ne défaillera plus (1).

Ou encore :

Les pécheurs périront à jamais au jour du jugement du Seigneur,

lorsque Dieu visitera la terre en la jugeant,

pour châtier les pécheurs à jamais.

Mais ceux qui craignent le Seigneur trouveront grâce en ce [jo"r].

et vivront dans la bienveillance de leur Dieu (2).

Dans ce dernier passage, le châtiment éternel des pécheurs suppose bien leur existence; ailleurs, ils sont jetés en enfer, les saints ont en partage la vie bienheureuse :

Aussi leur héritage est-il l'Hadès. et les ténèbres, et la perdition ;

ils ne paraîtront pas au jour ou il sera fait miséricorde aux justes;

mais les saints du Seigneur hériteront de la vie dans le bonheur (3).

La vie des justes dure à jamais,

mais les pécheurs seront enlevés pour la perdition,

et on n'en trouvera plus le souvenir,

tandis que la miséricorde du Seigneur sera sur les saints,

et sa miséricorde sur ceux qui le craignent (4i.

(1) ni, 13-16.

(2) XV, 13-15, bienveillance traduit èv -îj ïlzr,\s.rja-hr„ représentant probablement npiï2, en suite d'un juste jugement.

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