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moindres que deux jours, et un jour de Dieu, c'tst mille ans. Kl lî. Aliiihou dii : Sept mille, car il est dit (h. k\ii. .5) : coDnnr Vqvmsrc fdil ta joie de l'cjimi.r, tu feras In joie de ton Dieu, or la joie de l'époux au sujet de l'épousée est de sept jours, et le jour de Dieu est de mille ans. Rabbi a dit : Tu es incapable de [les] compter, car -.j'ai dam le mur un jour de voi/jcance. d l'année de ma n'dem/ition approche {Is. LXiii, 4) : tels sont donc les jours du Messie-, trois cent soixante-cinij mille ans sont les jours du Messie.
Il y a Ik beaucoup de répétitions, sans parler des arguments tout à fait en l'air, comme le plus souvent, mais ces répétitions mémo ont leur intérêt. On voit que la tradition était plus d'accord sur les textes allégués que sur les autorités qui les avaient comuiontés. Il est inutile d'insister sur ce dernier point. Que ce soit Kabhi lehouda le Saint ou Rabbi .losé le Galiléen, I\. Eliézer ou R. A(iiba qui se soient prononcés pour tel comput, on ne saurait le décider, et ce serait de peu de conséquence. Le nom de R. Dosa le Grand, c'est-à-dire l'ADcion, prouve, d'accord avec le latin del'apocalypsed'Esdras (1), que dès une époque reculée, avant Hadrien, on tenait pour une période assez longue. On peut dire que deux principes dominent tous ces calculs. Le premier, c'est que la prospérité durera autant qu'a duré l'épreuve : l'épreuve était, soit les quatre cents ans en Egypte, soit les quarante années dans le désert. Le second, c'est que la période messianique, étant une période divine, pouvait fort bien se mesurer à la mesure de Dieu, pour lequel un jour égale mille ans. Indépendamment de ces deux considérations, on s'appuyait sur le psaume lxxii, où le roi attendu demeure « de génération en générations », en comptant les générations indéterminées pour deux générations. Cette exégèse est très étrange; on serait tenté de penser qu'elle ne sert qu'à confirmer une opinion déjà e.\istante, à savoir que les jours du Messie devaient durer autant que trois générations. C'est l'opinion attribuée à R. Éliézer ben Hyrkanos par la source la plus ancienne, le midrach de l'E.vode (2). Peut-être même se contentait-il de deux générations, qui répondraient au chifl're de quarante ans exprimé dans l'autre tradition (3) sur le même maître.
' Un temps très court est aussi supposé dans l'opinion attribuée à Éliahou, disant à R. lehouda, frère de Séla le Pieux : « le monde ne doit pas avoir moins de quatre-vingt-cinq jubilés, et le fils de David viendra dans le dernier (4) »; encore ne savait-il pas si ce serait au
(1) 400 ans d'après R. Dosa et d'après IV Ksdr. vu, 28; cf. plus haut, p. tu6 s.
(2) Mekilta, éd. Weiss, p. 65-" sur Ex. \vu, 16.
(3) Bâcher, Tann. l-, p. 140, note 2.
(4) /;. 5flM/?.97": p 'j'nnxn h2^,'^1^ niSzT! nu'cm □"'iicra nnE a^*yn ^-x
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commenconionl nu ;\ la fin du jubilé, période qui dure cinquante ans, connue chacun le sait d'après la Rihle.
A côté de ces calculs très artiliciels, nous rencontrons une baraïtlia d'une singulière envergure qui divise toute l'histoire du monde en trois périodes : deux mille ans de chaos, e'cst-A-dire de dérèglement moral, deux mille ans de Loi, deux mille ans de temps messianiques. Le total était évidemment fourni par les six jours de la création, transformés suivant le principe connu en «jours de Dieu » de mille ans. 11 était donc invariable. D'après les computs ordinaires, Al)raham avait inauguré la Thora à cinquante ans; depuis ce moment jusqu'en 70 après Jésus-Christ, date de la ruine du Temple, il y avait deux mille ans moins cent soixante-douze ans. Le Messie eût donc dû paraître en lan -lï'l. Le rédacteur de la tradition, vers OTi, ajouta alors que, les péchés d'Israël retardant la rédemption, la seconde période se prolongerait au détriment de la troisième. On aboutit par conséquent à cette rédaction :
Tnidition de I;i maison d"Éliahou : le monde doit durer six mille ans; deux mille ans de Chaos, deux mille ans de Loi. deux mille ans les jours du Messie; et à cause de nos péchés qui se sont multipliés, il en est sorti ce qui est sorti T.
A prendre ce texte à la rigueur, l'empire de la Loi devait donc cesser à la venue du Messie. 11 va sans dire que les Rabbins ne l'entendaient pas ainsi, mais plutôt C[ue les victoires du Messie donneraient plus d'éclat à la loi. Cette tradition n'en est pas moins remarquable, et la grande période de six mille ans a dû la rendre populaire.
D'autres devaient être tentés d'ajouter aux six jours le jour du sabbat, de façon à obtenir sept mille ans avant la grande rénovation du monde. Après l'opinion d'Eliahou que le monde devait durer quatrevingt-cinq jubilés, soit quatre mille deux cent cinquante ans, le Talmud de Baliylone ajoute l'étrange tradition suivante, attribuée à des amoras, mais qui peut remonter plus haut (2) :
(1) h. sanh. 97^'-'': v-j? imn d'^eSn ''it' nd^'j ''^r\ nrc: qibSn nrï? miSx *2- N:n ^xi'^u: n'2 n.-'z iNy "iz'^ï; "l'rirvz" nv^'^zn ni^z'' D''2'^^< '':ï: n"i*n □>e"'^n.
R. Mmïtin, J'ugio, fol. 315, avait déjà .soupçonna la j;lose; cf. h. 'Ahoda zara, y. où il est dit qu'on a enlevé 714 ans, nJU "111?" "21X nlNQ "211? Dnn IXSf d'après le texte de Raymond Martini. Le texte imprimé est semblable à celui de Sanli.
(2) h. Sanh. 97" : «n^z"! inx D"N ^îiNï'D ^D^''' 2iS Ni;"i""^nn ^:i ]:n 2i -i""^ nS;L' '^•w' nii'"'nS iS "i>2N "^ ]'':)2 i" "S Tnizx vj'^p pï;Si "i-n-i'x -2in: nns nS-'i^s □'îyujm DinNCi ceSn 't inxS nz 2in2i .ttinsc 'DIS i'î:'': ^"'21 ''mrc: dis :i: n^znSrz 'jnG □'':"':n m^nSa ]n^ a^T\> nhvn aSiy Sir "inxiiiS r\:v: "nxi
LES TE.Ml'S .\li:.<SIAMnlI-S. o„9
R. Ivhanan b. Takhlifa écrivit à R. Joseph : Je rencontiMi mi homme (|tii avait à la main un rouleau, écrit en caractères assyriens carrés) et en kin?^ue sacrée hébreu^ ; je lui dis : D'où te vient cela? il me dit : J'étais mercenaire dans les armées perses, et je l'ai trouvé dans les cachettes des Perses et il y a écrit : Après quatremille deux cent quatre-vinirt-onze ans depuis la création du monde, le monde deviendra orphelin; ensuite les combats des dragons, ensuite les combats de Go'^ et de IVlagog. et Je reste sera le temps du Messie, et Dieu ne renouvellera pas son monde si ce n'est après sept mille ans.
Tout est remarquable ici : Tappui prêté par la tradition rabljinupie au principe de l'écriture apocryphe, dissimulée dans une cachette, l'origine persane des périodes, le chifFre de sept mille ans pour la durée du monde. De ï29l (1) à l'an 7000, même en retranchant les guerres du dragon et de Gog et Magog, il reste une longue période messianique.
Malgré le chaos apparent de ces différents computs, on aura peutêtre remarqué qu'il n'y en a aucun entre 70 et 35i ou 360. En d'autres termes, il y a une courte période, iO, 60, 70, soit deux ou trois générations, et une longue période de 365, VOO, 1000, 2000 ans... A vouloir harmoniser, on conclurait que la période courte vise le règne actuel du .Messie, et la période longue l'ensemble des temps inaugurés par son règne. Si l'on a pu en effet supposer que le Messie devait vivre quatre cents ans, ou même mille ans, pour dépasser la longévité des patriarches, il est peu vraisemblable qu'on lui ait donné deux mille ans ou plus. On pouvait très bien admettre qu'après sa mort les choses resteraient sur le pied où sa venue les aurait mises. I De toute façon on ne saurait reconnaître dans ces différentes traditions une opinion qui s'imposât. Elles marquent bien que les temps messianiques étaient distincts du monde à venir qui ne doit pas avoir de fin, elles ne prévoient rien entre les temps messianiques et le monde I à venir, mais elles ne disent pas avec l'autorité d'une tradition ferme j combien de temps doit vivre le Messie, ni si le monde doit se terminer
I à sa mort.
si
(1) Ou 4231 d'apri'S M. Klausner, pour coïncider avec 'Aboda zara, 9'- J. L, p. 29).
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