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Le Messie, nommé ici rédemplcui', lest donc au même titre que Moïse, car c'est Moïse (jiii a disparu pour un tergips au Sinaï et s'est montré de nouveau.
Ces dill'érentes solutions sur les soufî'rances du Messie ont été groupées et systématisées dans Pesiqla Uahhathi^ du commencement du x*" siècle. C'est comme ihkï synthèse à laquelle s'arrêtèrent certains rabbins sur ce i:rave sujet.
On peut la résumer ainsi (1). Au commencement de son existence, au moment de la création du monde, le Messie apprend la dure destinée (]ui l'attend et se déclare prêt à l'endurer. Quand il a paru dans le monde, son peuple ne le reconnaît pas; les païens l'emprisonnent et le menacent de mort. Mais Dieu le sauve, une lumière surnatuelle le désig-nc et il annonce le salut à Israël du sommet du temple. 11 triomphe de ses ennemis. On prévoit obscurément une nouvelle crise dans une dernière révolte des peuples; mais enfin Israël est vainqueur. Le salut, même dans ces pages cjui attribuent plus d'importance qu'aucun autre document juif aux souffrances du xMessie, le salut, c'est donc, comme toujours, d'après cet idéal, la victoire du peuple d'Israël, auquel peuvent s'associer les Gentils prosélytes. Que font donc les soufTrances? j\e sont-elles qu'une ombre préparée pour ménager la lumière, un simple effet de contraste? Non assurément. Le Messie, en les acceptant volontairement, mérite une récompense, et sa justice expie. Le peuple avait rîiérité la colère de Dieu. Compromis par des impies, il devait être réconcilié. Les souffrances du Messie opèrent cette réconciliation, comme une sorte de lustration en faveur du peuple. Mais sa justice n'est pas la justice de tous. Son expiation n'est qu'un poids de plus dans la balance où figuraient déjà les mérites des Pères, pour apaiser l'ire divine, et pour permettre aux justes d'entrer en possession du salut.
il serait oiseux d'insister sur les variations de ce thème dans le rabbinisme postérieur (2 . Un seul point doit être retenu : dans l'ancien rabbinisme il n'est jamais question de la mort expiatrice du Messie, fils de David. Si parfois on parle de sa mort, comme dans le quatrième livre d'Esdras, cette mort est le terme naturel de son règne glorieux; elle n'est jamais la source du salut et la raison d'être du pardon.
Et il no pouvait en être autrement, sans que le judaïsme renonçât
(1) Cliap. 3i-37; analyse détuillôc dans Dalman, op. laud.
(2) Lorsque l'existence cachée du .Messii' lut tran^|ioiiéo au Paradis, les souffrances n'étaient plus que l'impatience ressentie par le Messie de jouer son rôle.
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à lui-même. Tant que la Loi demeurait en vigueur, quoique l'observation complète en fût impossible depuis la ruine du Temple, on conservait la foi dans les expiations dont elle formulait les règles'. Le jour où les Apôtres entendirent ce que signifiait la mort expiatrice de Jésus, ils comprirent en même temps le vide des cérémonies anciennes. Le judaïsme, lui, était bien résolu à ne pas sacrifier la Loi à un texte d'Isaïe. 11 répugnait à admettre un iMessie souffrant, et pourtant il sut faire une place aux soulfrances dans la vie du Messie; il ne céda pas sur la mort.
On voulait bien que le Messie mourût, après un règne plein de gloire, mais que sa mission consistât à mourir pour tous les hommes, tout y répugnait : la perpétuité de la Loi, l'honneur du Messie, les privilèges d'Israël. Peut-être n'est-ce même pas sans une secrète' influence du christianisme que le rabbinisme fit, très tardivement, une si large part aux soufirances expiatrices; il ne pouvait admettre la mort expiatrice sans rendre les armes.
Encore est-il qu'il n'aimait point à parler de la mort du vrai Messie, du Messie fils de David. Lorsqu'il est question dans les textes juifs du Messie mourant, on fait allusion au Messie fils de Joseph.