CHAPITRE II
H. LE SALUT D’ISRAEL: c. 34-37.
I, — Rétablissement d'Israël et renouvellement de l'alliance: 16, 44-63.
Par l’annonce de la punition des païens, Ezéchiel ne présente à son peuple le bonheur à venir que d’une façon négative. Il le fait, en outre, dans une large mesure, d’une façon positive. Dans le groupe des oracles de salut, nous voudrions en premier lieu mentionner celui de 16, 44-63, parce qu’il est étroitement lié à un texte antérieur à la chute de Jérusalem.
En effet, il ne peut pas y avoir de doute que ce qui précède, 16, 1-43, n’appartienne à la première époque de l’activité du prophète. C’est la célèbre parabole dans laquelle Jérusalem est présentée comme une enfant nouveau-née que Jahvé a recueillie pour la soigner et l’élever. Mais la fille, au lieu de s’attacher à son bienfaiteur, s’est prostituée et est devenue une courtisane. Nulle part ailleurs Ezéchiel n’a fait à Israël de reproches aussi durs et aussi crus, de sorte que cette première partie du chapitre 16 ne peut dater que d’une époque antérieure à 586 (1). Il est d'autant plus étonnant de trouver, précisément en connexion avec les accusations tellement sévères, des promesses de miséricorde et de salut, comme
(1) Kraetzschmar fait exception en plaçant le chapitre 16, à cause de ce qui suit, après la catastrophe le 586.
on en voit dès la fin de ce morceau au verset 42b et plus encore dans la suite, 44-63, où les passages 53b, 55b, 60-63 contiennent des perspectives très rassurantes. Aussi les exégètes sont-ils unanimes à les regarder comme ajoutés après le désastre de 386 (2).
Dans les versets 44 sq., Ezéchiel compare Jérusalem à Samarie et à Sodome, ses sœurs, et affirme que le péché des Judéens est plus grand que celui des tribus du Nord et des Sodomites. À deux reprises il annonce même le rétablissement de ces deux villes rebelles (3)
(2) Il y a, d'autre part, désaccord entre eux, dans ce sens que les uns (Rothstein, Dietrich, Dennefeld) les prennent pour des phrases détachées, qui à elles seules sont tardives, les autres (Heïinisch, Herrmann — ce dernier déjà dans ses Ezrechielstudien, p. 21 —, Steuernagel) les supposent étroitement liées à leur contexte et attribuent tout le morceau 44-63 à la seconde époque du ministère d'Ezéchiel. Ces derniers croient lire dans 52 et 27 que la chute de Jérusalem avait déjà eu lieu. De l'autre côté, ils ne tiennent pas compte du fait que 53b, 55b et 60-63 font l'impression d'’insertions abruptes autant que 42b, que tous regardent comme ajouté après coup. Heinisch place même le verset 33h entre parenthèses. La date exacte, soit du morceau tout entier, soit des trois passages, ne peut pas être déterminée, Tandis que Herrmann voudrait peñser à une époque tout à fait tardive de l'activité d'Ezéchiel, Heinisch envisage le temps qui suivit de près la catastrophe. L'authenticité n'est contestée que par Hôlscher, Hesekiel, der Dichter, p. 96, et par Dietrich, AYA 2, p. 14.
(3) Au verset 53 on lira: «(Ketib) 1nNav NN n20) TNA (Kerë) MAD NN1 MMI221 070 (Kerë) MAD NN
e ; RS ere - Ë : :
quelques) c'e (LXX, Targum, Vulgate) AA) NA manuscrits hébreux, LXX; qui lisent xx dort & RER œv oov, et la Peshito, au lieu de T20) MADIN2. et on traduira: «Et je les rétablirai, Sodome et ses filles, FR et ses filles; et je te rétablirai au milieu d'elles.» On ne peut pas traduire la locution PNA 2\Ù par «ramener les captifss; car MA n'est pas à dériver avec les LXX (qui le rendent ordinairement par &{ha&hwox) du verbe 120, maisde DE. Voir la monographie de E.L. Dietrich, MAT 210, Die endreitliche Wiederherstellung bei den Propheten, p. 14, 56.