‹ Le Messianisme d'ÉzéchielChapitre 22 sur 40 · II. — Rôle de Jahvé et du Messie · texte numérisé non relu

II. — Rôle de Jahvé et du Messie

. La série des oracles dans lesquels Ezéchiel s’occupe d’une façon systématique de la restauration d'Israël s'ouvre par la touchante allégorie du chapitre 34. Cette belle, prophétie ne porte pas de date. Mais le ton de tendresse et de vive compassion qui la distingue ne laisse pas de doute qu’elle n’ait été prononcée peu de temps après la chute de Jérusalem.

À cause de l’état lamentable du peuple élu qui est à présent en exil ou du moins en route pour l’exil, Ezéchiel compare Israël à un troupeau dispersé par suite de la négligence de ses bergers. Saisi d’une sainte colère, il lance à l’adresse des chefs d'autrefois de véhéments reproches. C’est avant tout par leur flaute que la nation a connu le malheur suprême. Non seulement ils n’ont ni gardé les brebis confiées à leurs soins, ni ramené les égarées, ni soigné les malades, mais ils les ont exploitées, opprimées et maltraitées jusqu’à les tuer pour s’en nourrir, 1-10.(13).

C’est pourquoi désormais Jahvé s’occupera lui-même de ses brebis malheureuses, ayant surtout soin de celles qui sont affaiblies et blessées, Il va réunir son troupeau «de tous les lieux où il a été dispersé au jour de nuages et de ténèbres» et le reconduire dans sa patrie. Là il Les établira dans des pâturages abondants, qui se trouvent sur les hautes montagnes mêmes, 11-16 (14).

(13) Dans leur Re one comme lé remarque très justement Touzard, loc. cit., p. 38, ces accusations ont nécessairement un caractère rétrospectif;, car elles ont été prenoncées à une date où la royauté n’existait plus. Si le prophète tient quand même encore à relever ces crimes du passé, c’est pour indiquer qu'un gouvernement qui abuse tellement de son pouvoir ne reparaîtra plus en Israël.

(14) Au verset 46 il faut, avec les LXX, la Peshito, la Vulgate, lire. NAUN — je garderai, au lieu de DAUN — je détruirai, leçon Lui Fe semble être qu’une rie de TAUX inspirée par 20 sq. (Voir la note suivante.) -— Voir à ce aisé Begrich,

loc. cit., p. 445, note 1.

Cependant (15) Dieu ne ramènera pas indistinctement toutes les brebis. Il séparera d’abord celles qui se montrérent toujours méchantes envers les faibles en leur Sâtant le pâturage et l’eau, en les heurtant de l'épaule et ‘des cornes, 17-22. Puis, d'un ton solennel Jahvé annonce: «Et j'établirai (16) sur eux un seùl berger, et il les fera paître, mon serviteur David; c’est lui qui les paîtra et c’est lui qui sera leur berger (17). Moi, Jahvé, je serai leur Dieu et mon serviteur David:sera prince au milieu d'eux; moi, Jahvé, j’ai parlé», 23-24.

Cette promesse est suivie de la description de }a paix et de l’aisance qui régneront dans la Terre sainte: les bêtes féroces seront exterminées, de sorte qu’elles ne pourront épouvanter ni attaquer le troupeau. Des pluies de bénédiction descendront sur les collines et les champs, par suite il y aura abondance des fruits des arbres et des produits du sol. Aucune famine ne règnera plus.

(5) Avec le verset 17, la comparaison du bon berger recoit une nouvelle nuance, comme l’a très bien remarqué Begrich, loc. cit. On pourrait presque dire qu’un nouveau tableau commence. Jahvé y dépeint les bonnes relations qui doivent exister entre les membres de son troupeau. Il s’agit surtout des rapports entre les brebis vigoureuses et les brebis faibles. Les premières ne doivent pas opprimer les autres. Mais ce changement d'idée ne détruit pas, comme Begrich semble le supposer, l’unité du chapitre 34 et, par conséquent, non plus celle de toute l’allégorie. Aussi Herrmann, Ezechielstudien, p. 35, et Kom., p. 222, affirme-t-il expressément cette unité.

(16) Mentionnons pour mémoire l'opinion de quelques anciens exégètes, von Ammon, D. Strauss, Hitzig (tous cités par von Orelli, Die alttestamentliche Weissagung, p. 411, note 3) qui

ont donné à NPA le sens de ressusciter, comme si Jahvé

rappelait à la vie David lui-même. Il ne peut s’agir que d’un descendant de David.

(17) Dans le texte hébreu on lit mot à mot: qui sera pour elles (= les brebis) un berger. Mais au fém. 179 il faut, d’après

beaucoup de manuscrits, préférer le masculin: 0" — pour eux, étant donné que partout ailleurs c’est le suffixe masculin qui est

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