I. — Contenu et authenticité de la viston
Le contenu en est le suivant. En avril (7) 573 (8), donc la vingt-cinquième année depuis sa déportation, la quatorzième depuis la prise de Jérusalem, Ezéchiel fut de nouveau favorisé d’une vision. Transporté au pays d'Israël, sur «une montagne très élevée», il y voite comme la construction d’une ville», ce qui n’est autre chose que le nouveau. temple (9).
(7) L’indication chronologique donnée 40, 1: «Dans la vingtcinquième année de notre captivité, au commencement dé l’an-
née (MIUTT N°72), le 10 du mois, la quatorzième année après
que la ville eut été ruinée» laisse subsister quelque ambiguïté sur le mois. La locution 713471 N°72 peut,en effet, aussi bien s’appliquer au commencement de l’année civile (Wellhausen, Prolegomena, p. 105, note 2; Kraetzschmar, op. cit, p. 263; Steuernagel, op. cit., p. 576, adnotations: 8; Herrmann, Kom., p. 263; Hôlscher, op. cit., p. 190, note 2) qui, d’après Lév. 25, 9, avait lieu au septième mois (— septembre-octobre), le 10 Tishri, qu’à celui de lannée religieuse (Trochon, op. cit., p. 274; Fillion, La Sainte Bible, t. VI, p. 168; Knabenbauer, op. cit., p. 408; Gautier, Zntroduction, t. I, p. 446; Touzard, loc. cit., p. 61, note 2; Heinisch, op. cit. p. 191; Dürr, Das Wollen und Wirken der alttestamentlichen Propheten, p. 129; Kugler, Von Moses bis Paulus, p. 194 sq.) qui, d’après Ex. 12, 2, se plaçait au mois de Nisan (— mars-avril). En lisant év TO TUTO UV, comme si dans le texte hébreu se
trouvait TON , les LXX pensent au 10 Nisän, jour mémorable
qui, Ex. 12, 3 sq., était fixé comme date à laquelle on devait choisir l’agneau pascal destiné à être immolé le 14. D’après Jos. 4, 19, c'était également ce même jour que les Israélites avaient franchi le Jourdain pour prendre possession de leur héritage. Pour cette ‘ raison il semble naturel, à l’exemple des LXX, d’entendre du premier mois l’expression «au commencement de l’année».
(8) Quoique la grande vision de 40-48, à l’exception de 29, 17-21 (versets qui sont de l’année 571), soit la plus récente des prophéties datées d’Ezéchiel, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’un long intervalle la sépare des oracles réunis dans les chapitres 34-37. Ces derniers, il est vrai, ne sont pas datés; mais 11 est probable qu’ils synthétisent la prédication donnée par Ezéchiel à ses compatriotes d’une façon continue à partir de 586 jusqu’à 573, date des chapitres 40-48.
(9) Aucun doute ne peut exister que le voyant, en caractéri-
En s’approchant, il aperçoit près de la porte «un homme à l’aspect d’airain» tenant un cordeau de lin et une canne à mesurer, qui s’adresse à lui dans ces termes: «Fils d'homme, regarde de tes yeux et écoute de tes oreilles, et applique ton attention à tout ce que je vais te montrer; car c’est pour te le faire voir que je suis venu ici (10). Fais connaître à la maison d'Israël ce que tu vas voir», 40, 4.
Aussitôt après cette exhortation, le-mystérieux guide commence à examiner, en compagnie du voyant, l’immense édifice du temple. Il en parcourt à cet effet les différentes parties, donnant ainsi à Ezéchiel l’occasion d'en connaître avec exactitude l’arrangement, les proportions et les dimensions. De cette façon, le fils de Buzi inspecte tout d’abord les portiques extérieurs et le parvis, puis les multiples constructions qui s’y trouvent le long du mur d’enceinte, ensuite les portes qui donnent accès à la cour intérieure et les bâtiments qui y sont érigés, finalement le sanctuaire proprement dit, son aménagement, son mobilier et son ornementation ainsi que les édifices avoisinants.
sant la montagne comme très élevée, ne pense à l’agrandissement merveilleux de la colline du temple, prédit dans Is. 2, 2; Mich. 4, 1. Il n’est pourtant pas sûr qu’il se trouve transporté sur le Mont Sion, L'absence de l’article (comp. 17, 22; 20, 40) et surtout le fait que, d’après 45, 1-8—48, 8-22, la ville a son emplacement au Sud du temple (comp. aussi 43, 12) font plutôt penser à une montagne qui s'élève à quelque distance du Sion. En tout cas, ce n’est pas, comme le supposent Gautier, Zntr., t. I, p. 447, et Dürr, Die Stellung, p. 43, la nouvelle Jérusalem qu'il contemple, mais, comme il ressort clairement des vers. 5 sq., le temple du Très-Haut qui, par l’ampleur de ses multiples constructions, fait au premier abord l’impression d’une ville.
(10) Le texte hébreu EU ANN2N TONINT 1p0® 2) devrait mot à mot se traduire: «Car eus Dour eut 7 w taste voir que tu as été amené ici.» Mais la leçon offerte par la Peshito, qui semble avoir lu, au lieu de FINN2"1 , la première personne à l’actif: ’NN2 — veni, paraît préférable (Herrmann, Kom. p. 254, note 4a) à cause du mot précédent (MDMIN1, qui est un infinitif hifil avec suffixe de la seconde personne). D'autant que les LXX (eloehnhvdac = NN3) semblent, à leur tour, suggé-
Le récit de l'inspection du temple remplit les chapitres 40-42. Il est si détaillé qu’ «il suffit, même pour qui ne possède aucune connaissance spéciale en matière d'architecture, de lire attentivement les chapitres 40-42 du livre d’Ezéchiel pour comprendre qu’on a devant soi la description soignée et exacte d’un édifice aisément exécutable d’après les mesures indiquées» (11). Aussi presque tous les commentaires récents renferment-ils des plans du temple d’Ezéchiel (12).
Le texte est, en outre, d’une structure si cohérente que les auteurs sont unanimes à en reconnaître l’unité. De même, à l’exception de Mowinckel et de Hôlscher (13), ils en maintiennent l’authenticité.
Après avoir visité tout le temple, Ezéchiel se retrouve avec son guide à la porte orientale du parvis extérieur.
rer qu’originairement il y avait une forme verbale à l’actif. Quelle que soit la leçon adoptée, il ressort clairement de ce verset que «l’homme à l’aspect d’airain» qui y parle, bien qu’il apostrophe le voyant, tout comme Jahvé lui-même, par les mots «fils d'homme», n’est pas le Très-Haut (Jahn et transitoirement Herrmann, Ezechielstudien, p. 51), mais l’ange interprète. Voir Dürr, Die Stellung, p. 47 sq. On comprend d’ailleurs la raison pour laquelle un ange a été mis en scène. Il s’agit d’indiquer au fils de Buzi les mesures et de lui montrer tous les détails de la construction du temple, tâche à laquelle le Très-Haut dans sa transcendance ne pouvait guère s’abaisser. Du reste, par le fait que, au cours de la vision, Jahvé ne devait intervenir qu’au moment où il fera son entrée dans le temple, 43, 1 sq., il était déjà utile de mettre en scène un intermédiaire.
(11) Gautier, La mission, p. 119 sq.
(12) Voir les commentaires de Keil, Smend, von Orelli, Knabenbauer, Fillion, Krætzschmar, Heinisch. Voir de même La Bible annotée de Neuchâtel, Crampon ainsi que Toy, The book of the Prophet Ezekiel, p. 70 sq. et 72 sq.; M. Hagen, Realia Biblica, Delineationes (à la fin du volume); I. Benzinger, Hebräische Archäologie, p. 331. Voir surtout la magnifique publication de Perrot et Chipiez, Le Temple de Jérusalem et la maison du Bois-Liban, restitués d’après Ezéchiel et le livre des Rois; Balmer-Rinck, Des Propheten Ezechiel Gesicht vom Tempel; Sulley, The temple of Ezekiels prophecy.
(13) Kessler, op. cit., p. 89 sq., a démontré que la vision du temple porte bien l'empreinte du fils de Buzi et que la critique de Hide et de Mowinckel est absolument subjective. A. Causse, Les dispersés d'Israël, est du même sentiment; car il reconnaît expressément que la vision du temple est «exposée dans la langue d’Ezéchiel». C’est pourquoi il lui semble <que Hôlscher modernise par trop les derniers chapitres d’Ezéchiel» (p. 46, note 2).
Là, tout à coup il remarque, venant du côté de l'Est, «la gloire du Dieu d'Israël» qui s’approche du sanctuaire avec un bruit pareil à celui des eaux et avec un éclat qui fait resplendir la terre. Immédiatement il se rappelle le grandiose spectacle dont il avait été par deux fois déjà témoin, la première fois lors de sa vision inaugurale, c. 1, la seconde lors de l’extase durant laquellé le Très-Haut lui montra les abominables cultes idolâtriques pratiqués dans le temple de Jérusalem, c. 8 sq. Aussi, subjugué par cette majestueuse apparition, tombe-t-il spontanément sur sa face au moment où Jahvé arrive tout près de lui dans le temple entrant par la porte orientale.
Dès que la gloire du Très-Haut s’y est installée, le voyant est conduit dans la cour intérieure pour apprendre de la part de Jahvé (14) la signification de ce qu’il vient de. voir. En effet, du dedans du temple, qui est tout entier rempli de la splendeur divine, une voix se fait entendre en ces termes: «Fils d'homme, as-tu vu (LXX) le lieu de mon trône, le lieu des plantes de mes pieds,
(14) De la façon dont le verset 7 se rattache au verset 6 — «Et j’entendis quelqu'un qui me parlait (nous lisons avec Krætzschmar, Heinisch, Herrmann le pi’ël 9272 au lieu de l’hit-
pa’ël 7272 ) de la maison et l’homme (les LXX et les autres
versions ont l’article) était encore à côté de moi, (7) et il (qui?) me dit: Fils d'homme etc...» — on ne voit pas assez clairement qui est celui qui parle au prophète. Cependant, malgré la manière voilée dont s'exprime ici Cv. 6) le voyant, manière qui trouve en partie son explication dans le fait que le prophète ne voit pas celui qui parle, aucun doute ne peut exister. Des expressions comme «mon trône», «mes pieds», «mon saint nom» etc. montrent que c’est Jahvé lui-même qui fait connaître au fils de Buzi sa volonté. Cela résulte aussi du fait qu'Ezéchiel relève la présence de son guide; car, ce faisant, il ne paraît pas avoir d'autre but que celui d'exprimer sa surprise de ce que Dieu s’adressait à lui. Jahvé parle donc personnellement à: Ezéchiel sans se servir du guide, qui se tient à côté du prophète. Voir Dürr, Die Stellung, p. 42, note 2.
où je vais habiter au milieu des enfants d'Israël à jamais? Et la maison d'Israël, elle et sés rois, ne souilleront plus mon Saint nom par leurs prostitutions, par les cadavres dé leurs rois (15), 7, en mettant leur seuil auprès de imôn seuil et leur poteau auprès de mon poteau, de sorté qu'il n’y avait que lé mur entre eux et moi, souillant (ainsi) mon saint nom par leurs abominations qu’ils commettaient; (c’est pourquoi): je les ai exterminés dans ma colère!: 8 Maintenant (par contre) ils éloigneront de moi leurs prostitutions et les cadavres de leurs rois, et j’habiterai au milieu d’eux à jamais»; 9: Jahvé veut donc.établir son trône dans le nouveau temple pour toujours. C’est pourquoi il- ‘exige qu’on écarte à l’avenir de son voisinage tout ce qui pourrait souiller sa demeure. Pour ce motif il faut — le prophète y insiste — bien se. garder de profaner; comme on le fit dans le passé, le temple du Très-Haut (16):
En même temps, Jahvé charge une seconde fois le voyant de faire connaître aux exilés sa volonté ainsi que la vision en leur expliquant «la forme de la maison, ses
(15) Le dernier mot du etset Fhc 0n122 — leurs hauts lieux
est sans doute une glose ou une dittographie fautive du mot suivant: ONN2,
(16) En particulier le temple ne doit pas être profané par «les cadavres : des rois». Cette expression. semble, à première vue; très obscure. Cependant il n’est pour autant pas nécessaire de préférer au texte hébreu, comme le fait Knabénbäuer par exemple, la leçon des LXX et de la Vulgate, qui: y lisent «les meurtriers». Et comme rien n’indique que le prophète y emploie la locution «cadavres» au sens figuré (Calmet, Trochon, Keiïl, d’après Knabenbauer, op. cit., p. 451), pour représenter d’une manière dédaigneuse les idoles, (comp. 26, 30), dont quelques rois avaient si fortement propagé le culte, il ne reste qu’à admettre que le fils de Buzi s’indigné de ce que les rois se faisaient enterrer dans l’enceinte de la ville sainte, donc dans le voisinage plus ou moins proche du temple. (Manassé et Amon avaient leur sépulture dans le jardin d’Oza, 2 Reg. 21, 18, 26; David, Salomon, Roboam, Abiam, Asa, Josaphat et d’autres rois de Juda sur le Mont Sion, 2 Reg. 2, 10; 11, 43; 14, 31; 15, 8, 24; 22, 51.) A l'avenir, il en devra être autrement; la montagne où Jahvé résidera sera tout entière un territoire «sacrosaïnt»; 43, 12, c’està-dire réservé exclusivement à l’usage sacré. Pour cette raison la nouvelle Jérusalem aura son emplacement à quelque. distance du temple, 45, 1-8—48, 8-22.
issues et ses entrées» et en leur apprenant «tous ses règlements et toutes ses lois». Il recommande même au prophète de fixer tout cela par écrit, afin qu’ «ils gardent toutes ses prescriptions (LXX) et tous ses règlements et les mettent en pratique», 43, 1-12.
La description de l’entrée solennelle de Jahvé dans le sanctuaire se rattache étroitement, tant par la forme que par le fond, à celle du temple: elle en forme, pour ainsi dire, le couronnement. Au surplus, c’est précisément par ce morceau que la vision du temple se présente comme la contre-partie de celle des chapitres 8-11 relative à la profanation du temple et au départ de Jahvé. Très étrange est donc la tentative de Steuernagel (17) et de Hôlscher (18) qui essaient de rejeter ce morceau. Bien que 43, 2-5, 11 rappelle 44, 4-5, il ne s’ensuit pas, comme le prétend le premier, que 43, 1-12 soit un doublet de 44, 1-8. Les différences entre ces deux morceaux sont si grandes qu’ils ne peuvent pas être regardés comme deux recensions d’un seul texte primitif. D’ailleurs, Steuernagel lui-même n’arrive à en établir le parallélisme qu'après avoir biffé les versets 43, 2-4 et prétendu que seul Le thème des versets 7-12 remonterait à Ezéchiel. D’après Hôlscher, 43, 1-11 ne serait que la répétition de 44, 4-à. Kraetzschmar, Herrmann, Gautier, Rothstein, Heinisch maintiennent l’authenticité de ces versets.
Après la description du tertiple et de la prise de possession qu’en fait Jahvé, vient immédiatement celle de l’autel des holocaustes et du service des prêtres. Il y a d’abord des indications très minutieuses sur l’autel, 43, 13-17, et sur les rites d’après lesquels il doit être inauguré, 43, 18-27. |
L’authenticité de ces deux morceaux, surtout celle du second, est fortement contestée par Herrmann, Steuernagel, Hôlscher. Cependant les raisons qu’ils allèguent (19) ne sont pas péremptoires; car l’importance de l’autel,
(17) Op. cit., p. 594; comp. p. 596.
(18) Op. cit., p. 194.
(19) Elles se trouvent réunies chez Hôlscher, op. cit., p. 195.
comme l’observe très à propos Heinisch (20), a sans doute amené Ezéchiel à le décrire et à parler de sa dédicace.
Ezéchiel raconte ensuite qu’il a été amené par son guide dans la cour extérieure près de la porte orientale. Il la trouve fermée. Son conducteur (21) lui en indique la raison: parce que Jahvé est entré par là dans le temple, personne n’aura plus le droit d’y passer, pas même <le prince». Ce dernier pourtant aura le privilège de s’asseoir dans le portique «pour manger les mets devant Jahvé». Cependant il s’y rendra et en sortira par le vestibule, c’est-à-dire du côté du parvis, 44, 1-8.
Le voyant revient par la porte septentrionale dans la cour intérieure. Ici, il se prosterne devant la majesté divine qui remplit le temple et reçoit des instructions sur les ministres du culte.
Le Très-Haut lui fait savoir en premier lieu qu’on devra rigoureusement veiller à ce qu'aucun étranger — incirconcis de chair et incirconcis de cœur — ne soit admis au temple pour y remplir un service quelconque, fût-ce un des plus bas (22). Désormais:tous les emplois subalternes seront à la charge «des lévites». La raison en est qu'aux jours d’égarement ils ont servi le peuple
(20) Op. cit, p. 227.
(21) Au verset 44, 2 il faut biffer le mot «Jahvé», qui se lit dans la phrase: «Et Jahyé me dit.» Le fait, en effet, que, dans le même verset et le suivant, il est question de Jahvé à la troisième personne prouve que c’est le conducteur qui y donne lexplication à Ezéchiel.
(22) Jahvé condamne donc la pratique qui s’était introduite dans le passé (voir Jos. 9, 27; 2 Reg. 11, 4-8; Esdr. 8, 20) de confier quelques besognes, des plus humbles il est vrai, à des étranger. Cependant cette ordonnance ne semble pas ‘interdire d’une facon générale l'admission de tout étranger dans toutes les parties du temple. Pour comprendre la portée exacte de la mesure prise, il est bon de se rappeler qu’à ce moment Ezéchiel se trouve dans le parvis intérieur. C’est donc avant tout l’introduction des païens dans cette cour qui est strictement défendue; ce qui n’est guère surprenant, puisque les laïques israélites eux-mêmes ne pouvaient pas y pénétrer. Rien n'empêche pourtant d'admettre que, dans la pensée du voyant, la cour extérieure était accessible aux étrangers, sinon indistinctement à tous, au moins à ceux qui depuis une génération avaient fixé leur demeure au milieu des Israélites et qui, pour cette raison, devaient recevoir, lors du partage du pays, leur part de champ (comp. 47, 21-23). Voir Touzard, doc. cit., p. 72 sq.
«devant ses idoles infâmes»: Aussi ne les admettra-t-on guère aux fonctions strictement sacerdotales. Ces dernières seront uniquement réservées aux «prêtres-lévites», descendants de la famille de Sadoc. Seuls les fils de Sadoc auront le droit de s’approcher de Jahvé pour accomplir le service spécifique du sacerdoce. Ce privilège leur appartiendra en récompense de leur fidélité au Seigneur, lorsque les enfants d'Israël s’éloignaient de lui, 44, .4-16 (23).
En second lieu, le Très-Haut attire l’attention sur quelques ordonnances particulières que les prêtres — c’est d’eux surtout qu’il s’agit — devront observer. Elles concernent leurs vêtements, leurs devoirs comme instructeurs du peuple et comme juges, leur chevelure, leur sobriété, leur mariage, leur contact avec des cadavres et finalement leurs revenus, 44, 17-31.
Herrmann révoque en doute les versets 20-31 de ce morceau (24). Cependant Steuernagel (25) trouve ses raisons insuffisantes. Seraient secondaires, d’après lui, les seuls versets 25a, 26, 27, 30b, 31. Jahn (26) distingue éga-
(23) On connait l'importance toute particulière que les adhérents de l’école évolutionniste attribuent à ce statut sacerdotal (voir par exemple:Wellhausen, Prolegomena, p. 117 sq.). A les entendre, ce texte prouverait d’une manière indiscutable qu'avant Ezéchiel tous les membres de la tribu de Lévi étaient indistinctement prêtres, tous ayant les mêmes droits et les mêmes prérogatives. En reléguant aux emplois subalternes ceux d’entre eux qui avaient été prêtres des hauts lieux, il aurait créé, au sein des Lévites primitivement égaux, la distinction entre véritables prêtres et simples lévites, division hiérarchique inconnue dans le Deutéronome et introduite seulement par la Loi lévitique, le Code sacerdotal. Cependant cette conclusion ne s'impose pas rigoureusement. «Les textés, qui traitent des droits des lévites et des prêtres, prouvent. que l'emploi des dénominations de fonction «lévites, prêtres, prêtres-lévites» n’était pas toujours déterminé d’une manière fixe et invariables (Nickel. Æinletitung, p. 84, 2c). Voir A. Clamer, Léviliqne. (livre du...), Loc. cit., col. 478 sq., 482 sq.; A. van Hoonacker, Les prêtres et les lévites dans le livre d'Ezéchiel; O. Boyd, Ezekiel and the modern dating of the Pentateuch; Touzard, loc. cit. p. 74.
(24) Kom., p. XXXIII, 9. 3. Ses résultats correspondent d’ailleurs à ceux auxquels il a abouti dans ses Ezechielstudien, p. 54. Ici il mettait en doute aussi le verset 18.
(25) Op. cit., p. 594.
(26) Cité par Hôlscher, op. cit., p. 198.
lement dans 20-31 entre un noyau primitif et des additions postérieures.
A ce groupe de règles qui concernent la vie pratique des prêtres une ordonnance est ajoutée en troisième lieu, qui détermine la portion du terrain qu’on devra, lors du partage du pays, réserver aux ministres du culte. À l’avenir, ceux-ci ne devront plus se mêler aux laïques en établissant leur domicile dans tout le pays. Au contraire, ils habiteront tous, comme leurs fonctions l’exigent, à proximité du sanctuaire. A cet effet, on assignera aux prêtres une bande de terrain, situé autour du temple, longue de 25.000 coudées, large de 10.000 (27). C’est là qu’ils érigeront leurs maisons. Du fait que le sanctuaire du Très-Haut y aura son emplacement, ce terrain devra être regardé comme très saint (27 bis). Une portion égale, plus au Sud, sera attribuée, dans le même but, aux lévites. L’apanage du personnel du temple confinera au Sud avec le district de Jérusalem, à l'Ouest et à l’Est avec la possession des chefs d'Etat, 45, 1-8. "
Ces indications relatives au terrain qui appartiendra aux prêtres et lévites se trouvent répétées et élargies ultérieurement, savoir en 48, 8-22/'Pour cette raison, et aussi parce qu'aucun lien ne rattache 45, 1-8 au contexte, les exégètes récents, Herrmann, Steuernagel, Heinisch, Hôlscher, regardent ce morceau comme ajouté après coup. Faut-il en conclure avec Steuernagel et Hôlscher à. son inauthenticité? Plus justement Herrmann et Heinisch se prononcent d’une façon réservée. En tout cas, c’est
(27) Du fait qu’en 45, 1-7 ainsi qu’en 48, 8-22, passage parallèle, le nom de la mesure n’est pas exprimé, il y a désaccord parmi les exégètes. S’agit-il de coudées (Théodoret, Calmet, Smend, Cornill, Kraetzschmar, Touzard, Herrmann, Hôlscher) ou de roseaux (s. Jérôme, Maldonat, C. a Lapide, Trochon,, Keil, Knabenbauer, Fillion, Heinisch)? Dans la première hypothèse, l'apanage des fils de Sadoc aurait selon Crampon (p. 1306, note ad 45, 1) une étendue d’environ 14 kilomètres de longueur de l'Est à l'Ouest et près de 6 kilomètres. de largeur du Nord au Sud. Dans la seconde, une longueur d’environ 80 kilomètres et une largeur de 30. Mais, puisque dans la seconde supposition, les lévites. seraient :bien loin du temple, mieux vaut entendre les chiffres comme exprimant des coudées.
(27 bis) Conrp. 43, 12.
sans fondement que Hôlscher (28) a voulu établir une contradiction entre 45, 1 sq. et 44, 28, comme le remarque très justement Herrmann (29).
Des prêtres le prophète passe aux princes et au peuple. Les chefs d'Etat devront bien se garder d’opprimer le peuple. Pour les préserver d’imiter sous ce rapport leurs indignes prédécesseurs, le Très-Haut leur adresse cette sommation: «C’en est assez, princes d’Israël! Ecartez la violence et la rapine! Faites droit et justice; Ôtez vos exactions de dessus mon peuple...», 9. Et comme pour prévenir toute tentative de s’enrichir aux dépens de leurs sujets, Jahvé fixe immédiatement les contributions que les citoyens devront donner aux chefs d'Etat. Elles comporteront la soixantième partie du blé et de l’orge, la centième partie de l’huile et en dernier lieu une des meilleures brebis sur deux cents. Au moyen de ces redevances le is pourvoira aux liturgies sacerdotales, 45, 9-17.
A propos de l’authenticité de ces versets les avis des auteurs sont partagés. Hôlscher les rejette tous. Steuernagel (30) maintient 13-15aa, Heinisch (31) garde 13-17. Herrmann, après avoir reconnu autrefois (32) uniquement 9-10 et 17a comme:primitifs, regarde maintenant l’ensemble comme authentique; de même Rothstein. La position des deux derniers nous semble la mieux fondée.
Dans la suite, le Seigneur renseigne le prophète sur le calendrier liturgique et le rituel des sacrifices (33). Il règle l’entrée dans le temple et la sortie du prince et du peuple ainsi que leur assistance aux saintes cérémonies, 45, 18-25+-46, 1-15.
Du premier morceau, 45, 18-25, Herrmann et Steuernagel rejettent les versets 18-20. En ce qui concerne l’au-
(28) Op. cit., p. 199.
(29) Kom., p. 289.
(30) Op. cit., p. 594.
(31) Op. cit., p. 228.
(32) Ezechielstudien, p. 55 sq.
(33) On trouvera les données concernant le calendrier liturgique ainsi que le rituel des sacrifices réunies d’une manière coordonnée dans Touzard, loc. cit., p. 81 sq., et dans Smend, op. cit., p. 375 sq.
thenticité du second passage, qui, au point de vue de sa structure, laisse beaucoup à désirer — les règles relatives aux voies d'accès dans le temple (46, 1-3, 8-10, 11) se mêlent aux prescriptions rituelles — les mêmes auteurs sont d'accord pour regarder les versets 46, 13-15 comme secondaires. En outre, Steuernagel révoque en doute le verset 8 et Herrmann (34) le verset 11, qui serait une glose en désaccord avec 45, 21-25 (35). Heinisch et Rothstein sont mieux inspirés en refusant de mettre en doute l'authenticité des deux morceaux.
Suit une courte. ordonnance, 46, 16-18, sans aucun rapport avec le contexte: élle fixe les droits du prince relatifs à la propriété de sa famille et de son peuple.
Ces versets représentent certainement un appendice. La place qui leur conviendrait le mieux en raison de leur contenu serait après 45, 7. Mais ils ne sont pas pour cela nécessairement inauthentiques, comme l’affirme Steuernagel (36) et, moins catégoriquement, Herrmann (37).
Le passage suivant, 46, 19-24, se rapporte de nouveau à la topographie du temple. Le voyant se rend avec son guide à l'extrémité occidentale de la cour intérieure, où il inspecte les cuisines sacrificielles des prêtres, et puis dans le parvis extérieur, où il visite celles qui sont destinées aux fidèles aux quatre angles de la cour.
Il faut regarder ce :morceau comme un appendice à la description du temple. Mais il n’est pas nécessaire de supposer, avec Ewald, Jahn, Rothstein, qu’il se trouvait primitivement après 42, 14. Herrmann (38) et Heinisch le laissent à sa place. D’autre part, le premier, suivi par Steuernagel et Hôlscher, en conteste l’authenticité.
(34) Kom., p. 291. :
(35) On notera que Hôlscher, op. cit., p. 203, pour qui tout le passage 45, 18-46, 15 est inauthentique, regarde précisément les versets 45, 18-20a et 46, 13-15, versets que rejettent Herrmann et Steuernagel, comme les plus anciens de tout le mor- (36) Op. cit, p. 595
. cil., P. .
7 Rom] P. FE XXII, 9, 5; surtout Ezechielstudien, p. 56. (38) Voir Ezechielstudien, p. 51 sq.
Ce mélange d’indications assez disparates contenu dans 43, 13-46, 24 est suivi de la description d’un. spectacle étonnant. De la cour extérieure le prophète est ramené à l’entrée même du sanctuaire. Là, il voit une source jaillir sous le seuil dont les eaux descendent, en contournant l’autel des holocaustes, vers le parvis extérieur. Conduit par son guide en dehors de l’enceinte sacrée, en face du portique oriental, il constate qu’un ruisseau s'échappe du côté Sud de cette porte et se dirige vers l'Est. Mais voici que le ruisseau grossit rapidement en cours de route. Son accroissement se fait si vite qu’au bout de quatre mille coudées le prophète ne peut plus le traverser: il est devenu un fleuve considérable. Tout d’un coup il est témoin d’un autre phénomène non moins surprenant: les rives du torrent se recouvrent d’une multitude d’arbres, 47, 1-7 (39).
Son guide lui explique la signification de ces merveilles en disant que le torrent s’en va vers l’Arabah — contrée âpre, située à l'embouchure du Jourdain — pour s’y jeter dans la mer Morte. Les eaux de celle-ci s’assainiront, de sorte que la vie y reparaïitra. Désormais des poissons de toute espèce y pulluleront, comme dans la Méditerranée. Pour ce motif des pêcheurs s’établiront sur le rivage de la mer, en si grand nombre qu’on séchera les filets depuis En-Gedi jusqu’à En-Eglayim (40).
(39) Au verset 6, on traduira, en lisant avec beaucoup de manuscrits hébreux nav ?N au lieu de nov DE gil (le 'conducteur)
me fit revenir «au bord» du fleuve.» En effet, parce que le verset 5 suggère que le prophète essaie de traverser le fleuve, tout porte à croire qu’il y est question de l'invitation faite par le guide au prophète à se retirer de l’eau vers le bord du fleuve. De cette façon on n'aura pas besoin de penser, avec Kraetzschmar, Heinisch, Herrmann, qui maintiennent la leçon du: texte massorétique, qu'Ezéchiél «se promène», on né sait dans quel but, le long du fleuve avant de remarquer les PRE qui avaient poussé entre temps sur ses bords.
(40) La première des localités, Engaddi, mentionnée Jos. 15, 62; se. trouve vers le milieu du rivage occidental de la mer Morte; elle porte aujourd’hui le nom de’Aïn Djidi. Voir M. Hagen,
Le sel ne manquera pourtant pas; il en restera dans les mares du rivage où l’eau du fleuve ne pénétrera pas. «Parce que ses eaux sortent du sanctuaire», 12, ce fleuve merveilleux produira dans toute la région traversée des effets étonnants. Partout surgira une prodigieuse fertilité; les bords du torrent se couvriront de toutes sortes d'arbres fruitiers, qui porteront chaque mois des fruits nouveaux et qui Conserveront toujours leurs feuilles. Celles-ci ne se flétriront jamais et fourniront en outre d'excellents remèdes, 8-12.
Fous les auteurs — sauf Hôlscher (41) — sont d’accord pour regarder le passage 47, 1-12 comme authentique. Herrmann (42), il est vrai, le considérait autrefois comme secondaire. Mais, combattu par Steuernagel (43), il a changé d’opinion et, dans son commentaire (44), il attribue expressément le morceau à Ezéchiel.
Sans aucun rapport avec ce qui précède, suit un dernier règlement, qui concerne la répartition de la Terre sainte. Tout d’abord le prophète en fixe avec exactitude les frontières: au Nord, l'héritage du peuple élu s’étendra depuis la Méditerranée par Hetlon jusqu’à Hasar- Enon: (45); à l'Est, jusqu’au Jourdain et la mer Morte; au Sud, la frontière passera par Tamar, Mê-Meribat-Kadesh, le long du torrent de l'Egypte jusqu’à la Méditerranée (46) ; à l'Ouest, c’est cette dernière qui en formera la limite, 47, 13-20.
Atlas biblicus, tab. 14. Au sujet de l’emplacement d’'En-Eglayim, on ne sait rien d’exact. On admet en général que cette localité devait être située au Nord de la mer Morte, vers l’embouchure du Jourdain. j
(41) Refuté par Kessler, op. cit., p. 90. es
(42) Ezéchielstudien, p. 59, note 1; comp. aussi p. 58 (nr. 7).
(43) Op. cit., p. 595. |
(44) P. XXXIIL, 9, 6. 57e
(45) Du fait que jusqu'ici la plupart des localités par lesquelles Ezéchiel détermine la frontière septentrionale n’ont pas pu être identifiées avec certitude, il n’est pas possible d'indiquer sa marche exacte. D’après J. P. van Kasteren, La frontière septentrionale de la Terre Promise, loc cit., p. 23-36, elle paraît être à peu près telle qué dans le passé. Comp. Nombr. 34, 1-12; voir L. Hæfeli, Syrien und sein Libanon, p. X sq.; Touzard, loc. D Fe Tattiur (comp. 1 Reg. 9, 18) doit probablement être identifié avec les ruines de Kurnub, à l’Est-Sud-Est de la pointe
Le partage de ce territoire se fera sur la base des principes suivants. Toutes les portions seront égales; chaque famille tirera la sienne au sort; les étrangers qui auront fixé leur domicile parmi les Israélites devront être mis, dès la première génération, sur le même pied que les membres du peuple de Jahvé. Comme ces derniers, ils recevront donc une part de terrain dans la tribu au milieu de laquelle ils séjourneront, 47, 21-23.
Le même principe d'égalité sera en vigueur pour la répartition du pays parmi les tribus. Chaque tribu occupera une zone égale de territoire, savoir une bande de terrain qui s’étendra uniformément à travers toute la largeur du pays depuis la Méditerranée jusqu’à la frontière orientale. De cette façon en allant du Nord au Sud sept tribus: Dan, Aser, Nephtali, Manassé, Ephraïm, Ruben et Juda se partageront la partie septentrionale de la Palestine, 48, 1-7.
Une huitième bande, parallèle à celle de Juda et ayant une largeur et une longueur de 25.000 coudées (47), n’appartiendra à aucune tribu en particulier. On la réservera pour en assigner une partie aux chefs d'Etat, une autre comme apanage aux ministres du cuite et une dernière comme domaine de la ville et de ses habitants. Pour obtenir ces différentes portions, on divisera cette bande
méridionale de la mer Morte (voir Hagen, Atlas biblicus, tab. 13, C 4/5). Voir Guthe, Negeb, loc. cit., p. 697 sq. — En second lieu il s’agit de la célèbre «Cadesberne>y nommée aujourd’hui Ain Qadis, connue par l'épisode «des eaux de contradiction» (Nombr. 20, 1 sq.). Elle se place au Nord de l'Arabie Pétrée (voir Hagen, op. cit, tab. 3, E 2); Guthe, ibidem, p. 698 sq. — Le «torrent» (= non, mot que les LXX ne rendent pas) dont il est question ici est sans doute «le fleuve d'Egypte», comme il est appelé Nombr. 34, 5; Jos. 15, 4, 47; 1 Reg. 8, 65; 2 Reg. 24, 7; Is. 27, 12, celui qu’on identifie généralement avec le Wadi el Arish (voir Hagen, op. cit, tab 3, D 2). La frontière du Sud semble done dépasser l’antique limite de la Palestine.
(47) Voir ci-dessus la note à propos de 45, 1-7, (bur:09, note 27).
de territoire dans le sens de sa largeur en trois zones, dont les limites se détermineront par le fait qu’on attribuera à la zone intermédiaire une longueur de 25.000 coudées.
Celle-ci formera donc un carré de 25.000 coudées, qu’on subdivisera de nouveau, mais cette fois-ci dans le sens de la longueur, en trois portions: deux, la septentrionale et l'intermédiaire, auront une étendue égale, chacune ayant une largeur de 10.000 coudées; la troisième, c’est-à-dire celle qui sera située le plus au Sud, aura une largeur de 5.000 coudées seulement.
La première appartiendra aux fils de Sadoc. C’est au milieu d’elle que s’élèvera le temple. La seconde sera la part des lévites, qui n’en pourront rien aliéner. La troisième sera réservée à la ville, qui se dressera au milieu d’elle, formant un carré de 4.500 coudées. Tout autour de la ville, on laissera un espace de 250 coudées comme banlieue. Le terrain qui-restera ainsi à l’Est et à l’Ouest de la capitale —10.000 X5.000 coudées de chaque côté — sera destiné à la culture, au profit de ses habitants (48) qui se recruteront dans toutes les tribus, 48, 8-20.
Les princes auront leur possession à l'Est et à l'Ouest des domaines assignés aux prêtres, aux lévites et à la ville. Leur territoire consistera donc en deux zones de terrain qui s’étendront, l’une le long de la Méditerranée, l’autre le long du Jourdain. Elles occuperont par conséquent le territoire de la huitième bande qui en
(48) Malgré le verbe 72 qui se lit aux versets 18 et 19 et qui signifie «desservir», le terrain de la ville ne devra pas être destiné à l’entretien d’une classe seulement de la population de Jérusalem, savoir des ouvriers et des artisants municipaux (Hävernick, Hengstenberg, voir Trochon, op. cit, p. 349, note 18), mais de tous les habitants. Cependant il n’est pas pour autant nécessaire de penser que tous les habitants devront remplir un office dans la future capitale (Crampon). Au contraire, Herrmann, Kom., p. 301, semble avoir parfaitement raison en remarquant que le terme 72) y est employé uniquement pour exprimer l’idée que les habitants de la ville devront coopérer à l’œuvre de la construction de leur cité,
restera, une fois qu’on aura déterminé l’apanage des ministres du culte et la part de la ville, 48, 21-22.
La partie méridionale de la Palestine sera occupée par cinq tribus: Benjamin, Siméon, Issachar, Zabulon et Gad. Benjamin aura sa possession au Sud du territoire des princes et de celui de la ville; la propriété de Gad par contre formera au Sud la frontière de l'héritage d’Israël, 48, 23-29.
Un dernier morceau, 48, 30-35, décrit le pourtour de la ville et ses douze portes; il complète donc les indications. données au sujet de la nouvelle Jérusalem. La future capitale formera, comme il a été déjà relevé, un carré de 4.500 coudées et aura sur chaque face trois portes, qui porteront chacune le nom d’une des douze tribus. Bien que séparée (49) du sanctuaire, la nouvelle Jérusalem sera cependant une ville sainte et s’appellera e 90 MP », C'est-à-dire «Jahvé-est-là».
Du fait que cette longue instruction relative au partage du pays se donne comme un simple oracle de Jahvé et que 48, 8-22 reproduisent 45, 1-8, Herrmann, Steuernagel et surtout Hôlscher contestent l’authenticité de tout le passage 47, 13-48, 35. Cependant les raisons qu’ils allèguent sont loin d’être péremptoires. D'ailleurs Herrmann lui-même l’avoue implicitement en faisant, à propos de ces versets, dans ses Ezechielstudien, p. 60, cette remarque générale: «Toute certitude nous manque». Dans son commentaire (50), il se montre encore plus réservé; il n’y révoque sérieusement en doute que 48, 9-22, morceau qu'il considère — avec raison, semble-t-11 — comme insertion postérieure (50).
Cependant, même par rapport à ces versets, Herrmann ne prétend pas les ranger définitivement parmi les textes interpolés. Au contraire, il observe (51) expressément, en appliquant cette remarque à toute la prophétie des chapitres 40-48 et, par conséquent, à tous les
(49) Du moment que le temple aura sa place au milieu du territoire des prêtres, la nouvelle capitale se placera en effet à une distance de neuf kilomètres à peu près du sanctuaire.