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reptiles y trouve son compte ; et ceux qui l'alimentent y trouvent une ample compensation à leurs sacrifices apparents. Mais, les travaux coûtent de vingt à trente pour cent au-dessus de leur valeur normale ; et les entrepreneurs, n'étant ni surveillés, ni contenus par leurs “compères,” les travaux sont mal exécutés avec des matériaux de qualité inférieure. Qui songe à s occuper de ces misères ? Un travail mal exécuté n'est après tout qu'un travail à recommencer; et un travail à recommencer ‘tr nouvelle occasion d'alimenter le fonds des z:, : :4 “+ de satisfaire les partisans.
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ie On a vu qu'en 1878, sir Hector Langevin était cui rentré au ministère, par charité et sans être chef. ads On conçoit que cela lempêchât de dormir. (C’est lors que comments, contre M. Masson, cette petite guerre dintrigues et de coups d’épingles qui s'est terminée en quinze mois par la retraite de ce lermier, M. Masson était trop honnête homme et trop parfait gentilhomme pour être de force à soutenir cette lutte florentine Il ne proposait pas une mesure qui n6 fût attaquée en sous-œuvre, un candidat qui ne fût démoli sous le manteau de J& cheminée. Le dégoût ne tardà pas à le prendre, Î} commença par une demi-retraite, en échangeant le portefeuille de la milice contre la présidence du conseil ; et peu après il se retira tout-à-fait.
(l'est de ce jour que commence la seconde et véritable chèfr i uw de Sir Hector Lai gevin ; ja première n'ayant été à vrai dire qu'une chèfrerie honoraire.
Jusque-là, sir Hector Langevin n'avait eu à développer que des ambitions À partir de cette date, 1l a eu à développer une politique ‘
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Quatre mots résument cette politique :
La servilité ;
L'intrigue ;
La corruption ;
Enfin, la trahison nationale.
Ces quatre termes se tiennent d'ailleurs Fun par l’autre. Le comparse qui succédait à Cartier, comme «ter ego de sir John À. Macdonald, n'ayant par lui-même ni force, ni valeur, ne pouvait se maintenir dans son rôle d'emprunt que par la grâce de sir John lui-même; et il était obligé de mériter les faveurs du maître en se inettant complètement à sa merci. Ne pouvant exercer sur ses collègues et sur son parti l'ascendant d’une autorité qui s'impose, il était naturellement amené à Futter contre ses collègues par l'intrigue, et à chercher dans la corruption organisée le moyen de maintenir une ombre d'influence sur son parti. Là où Dartier dominait sir John par le vote canadien-
français, à l’aide duquel il l’eût renversé à la pre-
mière trahison, Langevin a dû se faire tolérer de sir John, en lui vendant le-vote canalien-français. Cartier était le chef d’un groupe allié puissant, Langevin a fait de ce rôle celui d’un sous-lieutenant, chargé par le maitre de conduire un groupe de mercenaires. Pour Cartier, la politique conservatrice était un moyen de défendre la politique nationale, et rien de plus. Aujourd'hui, hélas ! on a pu voir que, pour ceux qui suivent sir Hector Langevin, le parti passe avant la patrie. La
servilité du “chef” implique la corruption, qui achète la docilité de ceux qui le suivent. L'une est le produit de l’autre, et la “trahison nationale”? est leur produit commun.
La forme de gouvernement que noùs avons
un à empruntée à l'Angleterre est la plus noble qui ait er, été tmaginée pour garantir les droits d’un peuple nt libre. Mais elle n’est pas plus qu'une autre À l'abri se 4 des atteintes de la corruption: et ce poison ne lu saurait s'infiltrer dans les veines du corps social, de sans dénaturer et avilir tous les rouages du régime >T- $ représentatif. Chez un peuple démocratique, où ses f il n'existe ni grandes fortunes privées, ni fortes rité 4 situations individuelles, dans un pays où l’éducater 1 tion de l'opinion publique n’est pas encore achevée, her Eu où la politique est une carrière et où la source la 1be- plus claire du revenu de ceux qui s'y livrent con- OÙ | siste dans le trésor public, la redoutable influence Len , d’un gouvernement corrompu et corrupteur ne )re- : rencontre pour ainsi dire pas de contrepoids ; et * de cette influence est d'autant plus pernicieuse et ais. d'autant plus irrésistible que notre système poliant. | tique, différant en cela de celui des Etats-Unis, ute- L: concentre à pen près tous les pouvoirs entre les pe mains du cabinet parlementaire, appuyé sur la eT- | majorité dont il est l'organe. Que ce cabinet soïë ique dirigé, pendant plusieurs années de suite, par des on | hommes sans moralité et sans scrupules, et que ces ctor hommes aient conçu le dessein de fausser la consti- La tution pour se perpétuer plus facilement au pou- É : 0 °
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voir, il pourra arriver que le régime représentatif, vicié dans ses principaux organes, ne soit plus qu'un vain et coûteux décor ; eb que, sous l'apparence trompeuse du gouvernement de tous par « tous, il se transforme, au profit de’ quelque: .aiseurs, en une sorte de tripob politique et se rabaisse au rôle d’une banque de partisans.
Le gouvernement responsable repose, à La fois, sur la toute-puissance de l'opinion publique, sur desélectionslibres et sur l'indépendance personnelle des membres du parlement vis-à-vis du pouvoir ministériel, dont les députés sont les électeurs et les juges. Supposons qu'un ensemble de circonstances, aidées pur de coupables manœuvres, aient altéré successivement toutes ces conditions du gouvernement libre. Dans un pays où il n'y a à peu près pas de gros capitaux en dehors de la caisse de l'Etat, un ministre & entrepris d'acheter Le corps électoral en gros et en détail ; il a transformé l’octroi des travaux publics en prime réservée aux comtés bien pensants, et il possède un fonds secret pour payer individuellement les votes qui sont à vendre. Uné armée d'entrepreneurs, tous choisis parmi les partisans, s’est enrichie avec la complicité du maître, sous la condition expresse ou tacite d'employer sa fortune et son influence à corrompre ou à intimider les électeurs. Une presse insuffisamment payée par sa clientèle et réduite, pour la majeure partie de ces organes, à vivre des largesses du pouvoir, a reçu pour mot d'ordre de
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tromper systématiquement le pays, et de détruire dans les esprits, jusqu'à la notion du juste et de l'injuste, jusqu'à la conscience exacte du vrai et du faux. Toutes les mesures qui donnent lieu à une dépense publique comportent, pour les amis qu'on veut récompenser, une occasion de salaire ou de profit indirect. Toutes les fonctions de PEtat, depuis les plus hambles jusqu'aux plus élevées, sont réservées à un parti et deviennent le prix de services politiques. Les sièges judiciaires eux-mêmes, bien que placés en dehors de la politique active, y sont rattachés contre le vœu de la loi, par nne pratique qui tend à faire des plus sautes places de la magistrature une retraite pour les politiciens fatigués ou hors de service. La constitution qui à proclamé la forme fédérale et qui rend la province indépendante du pouvoir central, est anéantie en fait, par l’organisation du parti lo même filet la province et l'Etat, et qui les exploite l'une et l'autre par la mise en pratique des mèmes procédés électoraux.
Véritables sous-officiers du parti au pouvoir, les
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ministres locaux-—#ous pourrions dire les préposés à la succursale de Québec—en sont venus, en dépit de tous les textes constitutionnels, à dévcndre du gouvernement fédéral à peu près aussi étroitement qu'un préfet français ou un gouverneur prussien, Nommés avec le concours des
ministres, et sur leur désisnation, profitant du
patronage dont le gouvernement dispose, comp-