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tant sur lui pour leur réélection, les députés fédéraux ou locaux sont des actionnaires intéressés à être dociles. : En droit, l, majorité du parlement fait les ministres, et en théorie, elle a le droit de les renverser. Mais le renversement du ministère entraînerait le renversement du parti; et ce parti est une banque, dont le salut prime aux yeux des associés, qui appartiennent au parlement ou au corps électoral, toutes les considérations d'intérêt public.
Vienne une question qui soulève tous les esprits et agite toutes les consciences, le peuple se remuera; de nombreuses assemblées émettront des votes de condamnation contre les ministres prévaricateurs. Mais le parti est en péril. Chaque député pourra, dans son particulier, confesser la gravité des fautes commises et maudire les ministres qui ont tout ris à mal. Mais tous les intérêts coalisés autou de l’ordre de choses dans lequel il a sa part, se dresseront devant lui, pour lui imposer lPacquittement de ces ministres, qui sont pour lui des associés avant d'être des coupables. Ce cercle une fois créé est infranchissable. I] ressemble à l'enfer du Dante. Un jour, on s'apereevra que l'engrevage fatal dans lequel tout a été emporté ne com promet pas seulement l'honneur, mais aussi l'existence nationale. Des ministres, dont la trahison couronne l’œuvre destructrice, auront vendu leu vote et’ leur parti à l'ennemi de notre race. Tous les patriotes,—et il en reste au sein des chambres, —
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se sentiront bondir d’indignation, de colère : et de mépris. Mais le parti est encore là. Le pays a été vendu, mais ln banque est toujours debout. Son salut est identifié avec celui des traîtres ; et tous les intérêts menacés vont s'insurger, avec la violence de la peur, pour dominer la conscience des patriotes, menacer les faibles, effrayer les timides et arracher encore une fois l’acquittement des coupables. .
Ce n’est point une hypothèse que nous venons de retracer ; c’est une douloureuse réalité. Tout cela existe parmi nous. Tont cela a prospéré longtemps. De cette lèpre qui nous dévore, sir Hector Langevin a travaillé avec une obstination réfléchie à faire l’état chronique de notre province. Elle constitue son idéal de gouvérnement. Non pas, entendonsnous bien, qu'il ait eu l'esprit assez vaste pour concevoir dans son ensemble redoutable cette œuvre de perversité politique. $Sa vue n’a jamais porté aussi loin ; et il a véeu au jour le jour, pendant que se déroulaient petit à petit, sans qu’il eût songé à les prévoir, sans qu’il en eût honte ou remords, les conséquences monstrueuses du système dont il est l’auteur. Il aïme le mensonge par nature, et il a conçu la corruption comme le moyen de gouvernement qui s'impose naturellement aux parvenus sans capacité. Quand on est devenu chef “par surprise,” on cherche à se maintenir au pouvoir, en faisant du gouvernement une “ assurance mutuelle” Sir Hector Langevin n'a pas eu
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besoin de sortir de cet horizon borné pour accomplir lentement mais sûrement tout le mal qui était en germe dans le principe même de sa politique.
Gouverner par l'achat des consciences et se maintenir par l'intimidation, tel est son programme vis-à-vis du parti conservateur. Diviser pour régner, telle est la seule maxime qui préside à ses rapports avec ses collègues, dans le sein du cabinet. Il vit depuis sept ans de la division et des coups de poignard donnés à la sourdine. Sir John A. Macdonald se frotte les mains et le laisse faire. C’est lui seul qui règne en réalité ; et il règne d'autant mieux que ses ministres sont plus divisés,
A l'exception de l'honorable M. Mousseau, qui était trop effacé pour provoquer la jalousie même de sir Hector, la chèfrerie de ce dernier n'a été qu'une suite d’intrigues contre les ministres cana.diens-français ses collègues. Le jeu qui avait réussi avec M. Masson a été repris le lendemain contre sir Adolphe. Mais, cette fois, sir John A. Macdonald tenait au der Adolphe, comme un vieillard tient à sa faiblesse, Il a inis le holà, et 1] a réconcilié ces deux rivaux, d'ailleurs si bien faits pour s'entendre. Alors, la conspiration contre M. Chapleau a commencé; et les castors son£ intervenus dans le jeu de sir Hector, comme une série de pions dont toute l’utilité consistait, à ses yeux, à faire échec au secrétaire d'Etat. Si les événements eussent tourné d’une autre façon, le lendemain de
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la chute de M. Chapleau, sir Hector se fût mis à conspirer contre les castors. Déjà il avait acheté le Monde pour échapper à la tutelle de l’'£tendard, et le lendemain même de cet achat, tout à la joie de posséder M. Vanasse et un journal à lui, il s’écriait dans les bureaux du Monde, comme pour fêter sa délivrance : “C'est avoir un boulet à ses “pieds que d’avoir l'Etendard'à traîner derrière “soi.”
Mais, cette fois, les choses ont tourné autremeñt que ne l'avait prévu l’incorrigible conspirateur.
Un grand événement est venu déjouer ses petites : trames. Riel a été pendu. Le parti national est né. M. Chapleou n'a pas été tué par sir Hector. Il s’est tué lui-même, mais son suicide a eu cela de particulier, qu’en se perdant, il a trouvé le moyen de supplanter ir Hector Langevin, dans l'estime du parti pendard, par l'éclat des services rendus contre la patrie. Cependant, sir Hector Langevin v'a pas dit son dernier mot ; et si le ministère pendard devait durer, sir Hector regagnerait par l’intrigue et par les menées souterraines ce que la lâcheté lui a fait perdre à l'heure du péril.
Chacunsait qu'aucune contradiction ne lui coûte. A l’époque de l'achat du Monde, il télégraphia par le câble à sir George Stephen, la demande d’une contribution de $5,000 pour son journal. Cela re l'a pas empêché de déclarer solennellement, dans sa, réponse à M. Beaugrand, qu’il était complètement étranger à ce journal.
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Si la corruption est sa suprème ressource, la délation est son élément. Il vit entouré de mouchards et se nourrit de potins. 5x jalousie soupçonneuse lui fait surveiller tout le monde, même ses meilleurs amis. À toute heure de la soirée, ses espions pénètrent auprès de lui avec mystère, et lui rapportent ce qu'ils ont entendu derrière les portes:
Sir Hector enrégistre tous ces commérages, vrais
ou faux, et les inscrits sur ses petits papiers. De jour où il n'aura plus de collègues à jalouser, il sera jaloux du lion de saint Mare et de s4 gueule d’airain, par laquelle ont passé tant de rapports secrets. Ce lion est peut-être le seul être au monde qui ait reçu plus de délations que sir Hector Langevin.
Lorsque la question de Riel s’est présentée dans le conseil, nous avons été appelés à recueillir les fruits amers de la politique de division et de désorganisation dont sir Hector Langevin est l’auteur. Au moment où il aurait fallu faire face à l’ennemi commun, les trois ministres canadiens-français étaient divisés et impuissants, et déjà si accoutumés à leur abaïissement, que dans leur jalousie mutuelle, ils ne songeaient plus guère qu'à rivaliser de servilité à l'égard du chef orangiste, leur arbitre et leur maître.
Ces hommes qui ne pouvaient s'entendre sur rien, ne se sont accordés que sur un point, sur la nécessité de laisser pendre Riel, et sur la pensée que celui d’entre eux qui s’exposerait à déplaire à sir John, risquerait par à de se faire du tort et donner des armes à son rival. M. Chapleau à déelaré, dès le premier jour, que le conseil avait été unanime sur l'exécution de Riel, et il a dit vrar Il y à eu unanimité, non seulement de fait, mais de pensée, et dans cette trahison préméditée où chacun jies trois ministres a joué son rôle, tous trois séparé-
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ment ont pris une part en rapport avec leur tempérament connu, Une fois son parti pris, M. Chapleau a marché droit devant lui, comme un homme qui joue son va-tout, et s'est drapé dans son crime avec ostentation. Sir Adolphe Caron, tout goinfré de son nouveau titre, a été ignoble et cynique et s'est vautré salement dans l’apostasie. Sir Hector
Langevin, qui a fait plus que ses collègues dans la
préparation du meurtre, a négocié la trahison et l'a conduite pas à pas par des voies lentes et souterraines ; fourbe et masqué pendant le crime, lâche ét tremblant à l'heure du péril.
Sir John A. Macdonald fait travailler ses commis en distribuant à chacun d'eux la besogne qui convient le mieux à ses aptitudes. Pendant Je: longs mois qui ont précédé le dénouement du drame de Regina, il a confié à sir Hector Lanoevin le rôle du traître, celui de homme qui est chargé de tromper la victime, de détourner ses soupçons, de l’amuser par de fausses pro de la conduire sans qu'elle s’en aperçoiv bord de l'abime préparé pour elle.
La victime qu'il s'agissait de prépare fice n’était autre que le peuple canadie Le chef du parti conservateur dans l n'a pas hésilé à accepter sans remo lui était dévolu, dans cette campasn:
tre nous. Îl a organisé la série di de manœuvres odieuses qui devaient tromper le Parlement et le pays sur le sort réservé à Riel,
endormir les députés et arrêter, en faisant croire que le chef inétis auraït la vie sauve, des manifestations dont l'unanimité eût contraint les bourreaux à se laisser arracher leur proie.
C'est sir Hector Langevin qui, dans la séance du 16 juillet 1885, a promis, au nom du gouvernement, que les jurés seraient choisis “ æbsolument comme ils Le seraient duns d'autres parties du pays,” et que le procès serait “ convenable et impartial.” Ne s'en tenant pas à un si audacieux mensonge,il complétait son œuvre d’hypocrisie, en laissant entrevoir la grâce au bout d’une condamnation possible, et il ajoutait que “ La question de “savoir si on devrait pardonner viendrait plus tard” et que “le pouvoir de pardonner serait ‘exercé avec cette humanité qui a toujours quidé “Le gouvernement du pays, qu'il füt conservateur ‘ou libéral.”
C’est sir Hector Langevin qui, après la condamnation de Riel, a dit et fait dire à ses amis que Riel ne serait pas pendu. “Que pouvez-vous craindre, disait-il à l'un d'eux, ne sommes-nous pas là ? C'est lui qui a dirigé la campagne contre les manifestations en faveur de Riel, en avertissant ses amis de ne pas y prendre part, parce que le gouvernement étant décidé à ne pas faire pendre Riel, ces manifestations étaient inutiles et ne pouvaient constituer qu'une ‘manœuvre libérale.”
[est lui qui a déclaré solennellement à Rimouski que le gouvernement s'engageait à faire statuer
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