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ORNÉE DE MARQUETERIE ET DE FIGURES DE CUIVRE STYLE DE BOULLE

(Palais de Fontainebleau.)

différentes fleurs, d’oiseaux et d’animaux de bois de toutes sortes de couleurs naturelles du sieur Boulle, faits dans sa jeunesse. L’ébéniste n’abandonna jamais ce travail et l’on trouve des panneaux de bois intarsié décorant quelques-unes de ses plus belles œuvres. Dans la seconde partie de sa vie il paraît s’être pénétré davantage de l’esprit des grandes compositions de Lebrun. On pourrait reporter à ce moment, le plus brillant de sa carrière artistique, l’exécution de ces beaux meubles à figures dorées servant de cadres à des ornements fleuronnés de marqueterie de cuivre, appliqués sur un champ d’écaille noire.

Plus tard enfin, il aurait adopté le style plus fantaisiste de Bé-

rain et semé ses grotesques et ses figures comiques ou mythologiques sur un fond d’écaille teinté de diverses couleurs, en joignant à ses cuivres des incrustations d’étain. Cette tentative de classification ne saurait au reste être rigoureuse; Boulle lui-même ne s’étant pas privé d’employer simultanément ces diverses manières, suivant sa fantaisie personnelle ou celle des amateurs qu’il avait à satisfaire.

Aucun ébéniste ne fut plus imité par ses contemporains et par ses successeurs. Nous avons vu que ses fils, « les singes de leur père », disait Mariette, avaient maintenu son atelier jusqu’à la moitié du dernier siècle; ils sont loin de représenter tout ce qui a été fait en meubles d’écaille incrustée de cuivre. Vers les premières années du règne de Louis XVI, les possesseurs de collections, fort nombreux à Paris, s’éprirent de passion pour les commodes et les cabinets de Boulle, qui faisaient ressortir merveilleusement la préciosité des montures des porcelaines et des bronzes. « Le Boulle » revint à la mode et plusieurs ébénistes connus exécutèrent des meubles répétés d’après les pièces originales du maître. Malgré leur adresse, ces imitations sont restées bien inférieures aux modèles originaux. Les bronzes de Boulle sont d’une exécution large et vigoureuse, tandis que ceux qui datent delà fin du xvme siècle offrent une minutie de ciselure et une mièvrerie d’expression inconnues au maître. Les premiers sont dorés à l’or moulu, tandis que les autres le sont à l’or mat, ce qui détruit une partie de leur effet. La marqueterie à filets de cuivre sur fond d’écaille noire est remplacée par des ornements sans caractère, dans l’exécu-

FIG? 1(5. GRANDE ARMOIRE DECOREE D’iNCRUSTATIONS D’ÉCAILLE

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