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FIG. »7. BUREAU DÉCORÉ D* INCRUSTATIONS DE CUIVRE

sur fond d ’ écaille; style de boulle.

(Palais de Fontainebleau.)

puyer sur un pied en hélice. Les panneaux des tiroirs sont revêtus d’une sévère marqueterie d’écaille noire, que viennent fleurir des arabesques de cuivre finement gravées. Ces meubles dont la tablette est d’un beau marbre griotte, sont exécutés tous les deux en première partie. Il semble que le travail de contre-partie, où le cuivre sert de champ aux incrustations d’écaille, n’ait été adopté que plus tard par Boulle, pour varier

l’effet de ses pièces d’ameublement. Un bureau conservé dans la salle du Conseil, au Palais de Versailles, peut être attribué à la meilleure période du talent de Boulle. Les pieds sont terminés par des figures de femme d’une belle exécution, qu’accompagne un travail de marqueterie de cuivre sur champ d’écaille noire, dont les encadrements échancrés rappellent la disposition des meubles delà Mazarine. Le Musée lorrain de Nancy conserve un obélisque triangulaire placé sur un pied de marqueterie de la meilleure exécution, dont les bronzes représentent la victoire du prince de Vaudémont, à Bingen, sur les troupes de l’électeur palatin en 1648 ; c’est l’un des plus délicats ouvrages que l’on connaisse en ce genre.

Dans les collections du palais San-Donato, qui ont été récemment dispersées, se trouvaient deux grands coffres de mariage, placés sur des consoles à caisson, soutenues par des balustres quadrangulaires. Chacun de ces coffres est à double couvercle et à panneau orné de cannelures en bronze doré, servant d’abattants et recouvrant six séries de tiroirs à bijoux. Dans les angles sont des mascarons à têtes barbues; les entrées des serrures sont formées de dauphins affrontés. Ces meubles sont appuyés sur deux consoles dont l’une est à trois balustres, tandis que la seconde n’en montre que deux. Boulle a varié l’aspect de ces pièces, en mélangeant dans chacune le travail de la première et de la seconde partie. Elles ont été exécutées à l’occasion du mariage du Grand Dauphin avec la princesse de Bavière, et c’est vraisemblablement le seul reste authentique qui ait été conservé de l’ameublement de cabinets du

prince au château de Versailles. M. Stein possède * une table carrée soutenue par quatre pieds rectangulaires, dont la facture offre les mêmes qualités générales de style. Sir Richard Wallace expose dans la principale galerie d ’ H e r t f o r d House quatre coffrets d’une dimension moins exceptionnelle, dont une couronne et les attributs royaux indiquent la destination première. La marqueterie date du meilleur temps de Boulle, mais les armoiries qui y ont été apposées par un pos-

sesseur moderne, s’opposent à ce que l’on connaisse la famille pour laquelle ces meubles avaient été exécutés. Boulle a produit une autre série de grands coffres revêtus de marqueterie d’un beau travail et bandés de longues charnières apparentes de cuivre ciselé, qui se rencontrent dans plusieurs collections importantes.

Quelques grandes maisons ont conservé l’ameublement de leurs ancêtres et l’on y retrouve d’importantes pièces de Boulle. La plus belle suite que l’on connaisse en ce genre appartient à M. le marquis de Vogüé, dans la famille duquel est resté tout le mobilier ayant appartenu à M. de Machault, d’abord contrôleur général des finances, puis garde des sceaux et enfin ministre de la marine. Au milieu d’un choix, de précieux bronzes, de meubles d’appui et d’horloges, la première place revient à une grande armoire, l’un des plus majestueux travaux qui soient sortis des ateliers de Boulle. Ce meuble d’aspect monumental est fermé par deux battants à six compartiments dont les quatre principaux représentent les arts libéraux; sur les côtés de forme convexe sont placées d’autres figures en bas-relief; la corniche est surmontée de vases et d’ornements de bronze ciselé et la base s’appuie sur des dauphins réunis par groupes de trois. La marqueterie de cette armoire est en contre-partie et sur le fond de cuivre se détachent des fleurs et des ornements de nacre gravée et d’écailles teintes de vives couleurs. Nous connaissons à Paris une répétition de ce beau meuble, traitée en première partie; elle provient également du même ministre, ancien possesseur du château d’Armenonville. Lorsqu’on voit des pièces d’un si noble travail, on a peine à croire

qu’elles puissent dater de l’année T75o, où M. de Ma-

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