ARMOIRE A DEUX VANTAUX DÉCORÉE D'INCRUSTATIONS
DE CUIVRE SUR CHAMP d'ÉcAILIE; STYLE DE BOULLE.
(Musée du Louvre.)
chault devint ministre de la marine. Si ces armoires ne sont pas des pièces de l’ameublement du fils de
Louis XIV, venues postérieurement dans les mains de M. de Machault, les auteurs contemporains nous tromperaient en parlant de la maladresse des fils de Boulle. Un atelier capable de produire de telles œuvres n’aurait rien perdu de la grande manière du maître. M. de Vogué possède un bureau que nous ne citerions pas, sa facture ne présentant rien de supérieur aux meubles identiques que l’on voit assez fréquemment, s’il n’était accompagné d’un cartonnier orné de riches bronzes et surmonté d’une pendule. L’ùsage était alors de placer des meubles verticaux à rayons occupés par des cartons, près des bureaux qui garnissaient le milieu des appartements. Le ministère de la marine a reçu de l’ancienne administration un grand bureau d’ébène avec cuivre incrusté d’écaille en contre-partie, que la tradition rapporte avoir servi de table de travail au ministre Colbert. Il est aujourd’hui veuf de son cartonnier et il était certainement accompagné d’un second bureau à fond d’écaille noire. Malgré son attribution, nous pensons que cet ouvrage, dont les pieds sont ornés de masques d’un assez pauvre travail, ne remonte pas au delà des dernières années du xvne siècle, vers l’époque du ministère du marquis de Seignelay.
Plusieurs établissements publics de Paris conservent des meubles de Boulle doublement intéressants, en ce qu’on connaît leur origine. Dans la bibliothèque de l’Arsenal est déposée une horloge à gaine provenant de l’abbaye de Saint-Victor, à laquelle elle avait été léguée, en 1765, par la veuve de Martinot Duplessis. Un second régulateur décore un des salons de l’Imprimerie nationale; il était autrefois en la possession des princes
de Rohan, propriétaires de l’hôtel. Le Conservatoire des arts et métiers conserve dans ses collections une hor-
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