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GRAND CANAPE EN BOIS SCULPTÉ ET DORE. É P O Q.U E DE LOUIS

(Collections d’Hamilton Palace.)

ne fut jamais qu’un très adroit ouvrier et un mécanicien distingué ; il ne peut prétendre au titre de grand ébéniste.

Au nombre des Allemands venus pour chercher la fortune à Paris figure Charles Richter, établi rue Moreau au faubourg Saint- Antoine et entré dans la corporation en 1784. C’était un industriel de talent, à en juger par le grand meuble d’appui de bois d’amarante sur les vantaux duquel se détachent en marqueterie les chiffres du Roi, surmontés de la couronne, qui se voit au South Kensington Muséum. Un autre ouvrier habile, Jean- Philippe Feuerstein, demeurait rue Saint-Nicolas, en 1785; il a laissé chez M. Joyant une console à tablettes garnie de cuivres ciselés. Nous avons rencontré une commode garnie de bronzes finement ciselés, portant l’estampille de Pierre Schmitz, demeurant rue Neuve-Saint-Martin, admis à la maîtrise le 17 juin 1778 et devenu plus tard député de la communauté. Gaspard Schneider, au faubourg Saint-Antoine, reçu maître le 1 5 mars 1 786, ne nous est connu que par un guéridon rond de bois d’acajou, soutenu par quatre pieds ornés de peintures sous verre dans le goût de Degault. Ce meuble, conservé au Petit Trianon, porte la marque encore germanique de « Caspar Schneider ». C’était aussi un étranger que ce JeanGotlieb Frost, demeurant rue Croix-des- Petits-Champs, reçu maître en 1785, chez lequel travaillaient les Allemands : Johann-Friederich Bergeman et Georges-Pierre- Auguste Blucheidner, qui, le 24 septembre 1787, terminaient un bureau appartenant à M. Crispin et y inscrivaient qu’ils avaient bu autant de pintes de vin que le bureau pesait de livres.

Adam Weisweiler, dont on connaît la demeure au

faubourg Sai nt-Antoine et la date de réception à la maîtrise en 1778, est l’un des ébénistes qui se sont le plus distingués dans l’ameublement de fantaisie. D’après des renseignements que nous n’avons pu vérifier, il

CONSOLE EN BOlâ ÎCULPTË ET DORÉ. EPOQUE DE LOUIS XVI.

(Palais de Trianon.)

serait né à Neuwied et aurait collaboré avec Roentgen. Plus tard, lors de la Révolution, il serait revenu chez son maître et y aurait de nouveau travaillé. Il a laissé des meubles dont l’extrême délicatesse est poussée si loin, qu’il y aurait peut-être lieu de la taxer d’exagération. Sa production la plus connue est le petit bureau de

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dame qui, acheté par la liste civile à la vente du prince de Beauveau, est actuellement déposée au Musée du Louvre. Elle a fait partie de rameublement primitif de Saint-Cloud et est décrite, dans l’inventaire de ce château, dressé lors de la Révolution. Cette petite table est soutenue par quatre pieds de cuivre ciselé terminés par des cariatides; la tablette est composée de trois plaques de vieux laque et les ornements de cuivre contournant la ceinture se détachent sur des plaques d’acier poli. M. le baron Edmond de Rothschild possède un cabinet-secrétaire de bois d’ébène à panneaux de vieux laque richement encadrés et soutenu par des montants à cariatides, qui accompagnait le meuble précédent. Chez le même amateur est une seconde table dont la composition est identique à celle du Louvre, à l’exception de la tablette qui est occupée par trois plaques de vieux Sèvres décorées de bouquets de fleurs. Après ces trois pièces exceptionnelles on pourrait citer de Weisweiler, plusieurs meubles moins luxueux peut-être, mais d’un caractère plus réellement décoratif.

On sait encore moins sur Jean-Ferdinand Schwerdfeger, demeurant rue Saint-Sébastien et reçu le 26 mai 1786, que sur son compatriote Weisweiler. Son estampille a été rencontrée une seule fois, suivie de la qualification peu française d'ebenist. Et cependant, pour qu’on lui confiât la commande d’une œuvre aussi monumentale que l’armoire à bijoux destinée à la Reine, il fallait que son talent se fût déjà affirmé par d’autres productions. Le cabinet exécuté pour cette souveraine est l’un des meubles les plus importants qui soient restés des dernières années de la royauté, alors que la mode

LE MEUBLE SOUS LOUIS XVI. aBi

adoptait le style imité de l’antique. L’ébénisterie n’y joue qu’un rôle secondaire, et ce que l’on en voit, montre en Schwerdfeger un très habile ouvrier plutôt qu’un artiste. L’intérêt principal de ce meuble

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