‹ Le meubleChapitre 59 sur 66 · ARMOIRE A BIJOUX DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE · texte numérisé non relu

ARMOIRE A BIJOUX DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE

(Palais de Trianon.)

sentant la tête du soleil inscrite dans un cartouche d’ou

pendent, soutenues par des rubans, une couronne et une grande lyre accompagnées de deux branches d’olivier, de tiges fleuronnées dont les révolutions reçoivent une guirlande et se terminent par des flèches reliées avec des rubans et des glands. Sur la corniche reposent deux coupes à parfums et un groupe de trois génies soutenant une couronne qui domine un écu aux armes accolées de France et de Savoie. Rien n’indique si ces armoiries sont celles du comte de Provence ou celles du comte d’Artois; ces deux princes ayant épousé chacun l’une des filles du roi de Savoie. Le dessinateur Cauvet, à qui l’on pourrait faire honneur de cette composition, a travaillé pour les deux frères de Louis XVI. Ce qui est particulièrement remarquable dans cette grande œuvre, c’est l’harmonie générale des lignes et la largeur du basrelief qui décore la partie centrale.

On peut rapprocher de ces meubles un bureau accompagné de son vide-papier, appartenant à M. le baron Alfred de Rothschild, qui joint à la finesse de l’exécution la rareté de la matière. C’est le seul exemple que nous connaissions d’une pièce d’ébénisterie entièrement revêtue de nacre de perle. Malgré la difficulté du travail, l’artiste inconnu qui l’a exécuté a su lui imprimer l’aspect le plus heureux. La caisse du bureau repose sur des pieds à carquois, tandis que le cylindre et les côtés sont recouverts d’écailles rondes superpoéses, dont la teinte uniforme est relevée par des appliques de cuivre ciselé aux chiffres de la reine Marie-Antoinette. Ce souvenir de l’ancien luxe royal montre à quel degré de richesse était parvenue l’industrie parisienne au siècle dernier.

g 6. — les ébénistes et les ornemanistes français

A LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE.

Non contente des meubles garnis de plaques de porcelaines à sujets décorés, l’ébénisterie s’adressait aux

peintres pour l’ornementation de ses cabinets. L’artiste qui paraît s’étre le plus distingué dans ce genre est le

Page 1