GUÉRIDON SCULPTÉ ET DORÉ. FRANCE, XVII0 SIÈCLE
(Musée du [.ouvre.)
dance des Bâtiments, d’indications précises sur les nombreuses pièces d’ameublement qu’il avait dû faire pour les résidences royales. On sait toutefois qu’il avait exécuté pour le Dauphin un coffre en marqueterie et on lui attribuait le grand buffet qui décora le salon central du château de Marly jusqu’à la Révolution. En 1679, on lui paya 1,000 livres pour une table de cinq pieds de long, enrichie de marqueterie de cuivre incrustée dans de l’écaille tortue, avec des compartiments d’ébène et des filets d’étain, destinée à un salon du petit appartement de Versailles.
Le travail le plus important commandé à André-Ch. Boulle est celui qu’il exécuta pour la décoration des appartements du grand Dauphin fils, de Louis XIV, au château de Versailles. Son logement avait été primitivement disposé dans une autre partie de l’édifice, et Dangeau nous apprend qu’en 1684, ce prince régla avec M. de Louvois tout ce qu’il fallait pour transporter en bas son cabinet de marqueterie et de glaces qu’il avait en haut. Les appartements du Dauphin donnaient sur la galerie de Louis XIII; Félibien rapporte qu’on y voyait trois pièces, dont deux consacrées à ses objets d’art et un troisième cabinet ayant de tous côtés et dans le plafond des glaces de miroirs, avec des compartiments de bordures dorées, sur un fond de marqueterie d’ébène. Le parquet était aussi de bois de rapport et embelli de divers ornements, entre autres des chiffres de Monseigneur et de Madame la Dauphine.
Le logement du Dauphin était la merveille artistique de Versailles et le roi s’empressait de le montrer aux ambassadeurs et aux princes qu’il recevait. Le prince y
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GRANDE CASSETTE SUR UNE CONSOLE EN MARQUETERIE DE CUIVRE ET d’ÉCAIUE, PAR A.-C. B O U L L E. (Collection de San-Donato.)
avait réuni une riche collection de cristaux de roche, de gemmes et de porcelaines de la Chine, enrichis de montures ciselées, et y avait joint les plus beaux tableaux appartenant à la couronne. Rien n’a survécu de ces arrangements ; la collection du Dauphin a été dispersée et vendue en partie après sa mort, et les derniers vestiges de l’œuvre de Boulle ont été détruits lors des travaux d’installation du second Dauphin, fils de Louis XV. Ï1 ne reste même pas de gravure ou de description qui permette de reconstituer cet ensemble, à l’exception d’un portrait appartenant à M. le baron Pichon, où le grand Dauphin est représenté dans son cabinet, recevant les adieux de son fils le jeune roi d’Espagne. M. Beurdeley a bien voulu nous communiquer plusieurs dessins, où un tapissier du temps a reproduit assez sommairement quelques-uns des meubles de ces appartements, sur lesquels sont inscrites leurs diverses destinations.
Quelques années après, en 1697, on trouve Boulle en difficulté avec le financier Crozat, pour lequel il devait exécuter quatre piédestaux, deux armoires et un socle. Lors de la commande, Crozat habitait la place des Victoires, qu’il avait quittée pour demeurer place Vendôme, et les mesures des meubles ne concordaient plus avec les dimensions du nouvel hôtel, ce qui poussait Boulle à chercher des atermoiements. L’artiste fut condamné et dut achever ses travaux. Un autre traitant, Samuel Bernard, lui aurait acheté, dit-on, un bureau au prix de 5o,ooo livres.
Malgré les sommes considérables qu’il gagnait. Boulle était sans cesse tourmenté par des besoins
d’argent. A un défaut d’ordre il joignait une passion immodérée pour les estampes, les dessins et les objets
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