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La population du Massachuselts, par mille carré, est de

Le Mexique pourrait se livrer à plusieurs des cultures auxquelles on a réservé le nom de commerciales, parce que l'Europe ne se les procure guère que par le moyen des échanges et qu'elles donnent lieu à des transports lointains. Le sucre est déjà dans cette catégorie, à plus forte raison le cacao et le café, qui réussissent pareillement au Mexique. La cochenille et surtout l'indigo, qui donnent de beaux résultats au cultivateur mexicain, pourront un jour alimenter un riche commerce avec l'étranger. Le coton sur lequel l'attention est fixée de toute part, depuis qu'a éclaté la guerre civile des États- Unis, pourrait être fourni en grande quantité par le Mexique aux manufactures de l'Europe. Ce ne serait même pas une nouveauté. Le Mexique n'a pas cessé de produire du coton pour ses propres besoins et d'en expédier plus ou moins au marché européen. Une partie considérable de son territoire est admirablement appropriée à cette culture. Les côtes occidentales donnent du coton de la plus belle qualité, et celui que rendent les côtes du golfe Mexicain ne laisse pas que d'être remarquable. Il fut un

158 personnes. L'État de Rhode-Island, qui vient après, est à 134 ; le Connecticut, qui est au troisième rang, tombe à 98 ; New-York qui occupe le quatrième , est à 84 seulement , quoiqu'il compte une ville de plus d'un million. Par kilomètre carré le Massachusetts a ainsi 61 habitants. La moyenne de la France est de 67. Mais la population du Massachusetts se développe avec bien plus de rapidité que la nôtre. Dans la période décennale de 1850 à 1860, elle a augmenté de 11 et deux tiers par kilomètre carré, tandis que celle de la France est restée à peu près stationnaire. A ce compte, en 1870 la densité de la population du Massachusetts aura dépassé celle de la France.

temps où l'exportation du coton du Mexique excédait celle des États-Unis. C'était peu d'années avant l'expiration du dix-huitième siècle ; mais, depuis, cette culture et ce commerce ont acquis aux Etats- Unis les plus vastes proportions, et au Mexique tout a langui, tout s'est affaibli, au lieu de se fortifier et de grandir. 11 n'en est pas moins vrai que le Mexique, bien gouverné, offrirait à nos manufactures européennes des ressources illimitées pour s'approvisionner de ce précieux textile. Il lui serait possible aussi d'expédier à l'Europe de la laine, de la soie, du lin, du chanvre, car toutes ces productions y seraient faciles, et quelques-unes même y sont naturalisées : déjà sous la domination espagnole, le Mexique exportait un peu de laine. Qu'on y joigne l'exploitation des mines d'argent, qui ne demande qu'à croître, on verra que le Mexique livre un champ indéfini à l'activité de l'homme, et par conséquent qu'il peut nourrir une très-grande population, en se consacrant uniquement à produire des matières premières. Ce n'est pas tout cependant. Si l'on prend en considération que, dans plusieurs parties du pays, la population est assez condensée pour qu'on puisse y trouver à un prix modéré la main-d'œuvre nécessaire aux fabriques, et que déjà quelques-unes subsistent et ne réclament que de la sécurité pour se développer, on arrive à cette conclusion que la population actuelle du Mexique est bien petite en comparaison de celle qu'il lui serait possible de soutenir. A la fin du siècle dernier et tout au commencement de celui-ci , lorsque la crise de l'indépen-

dance ne s'était pas déclarée encore, la population mexicaine suivait une progression au moins égale à celle qui signalait les États-Unis eux-mêmes. En procédant d'après les relevés des naissances et des décès dressés par les curés, on a constaté que. la moyenne était de 170 naissances pour 100 décès, proportion extrêmement favorable. Eux-mêmes, les États-Unis, à ce moment-là, n'offraient pas tout à fait aussi bien. La population était à peu près la même alors dans la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne et dans la république américaine, environ sept millions d'âmes. Combien c'est changé aujourd'hui! Et les progrès de la richesse, des lumières, delà puissance, ont été aux États-Unis plus marqués encore que ceux de la population, tandis que le Mexique a donné l'affligeant spectacle d'une décadence continue.

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