‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 18 sur 65 · IK · texte numérisé non relu

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Espagnols .

Français. . .

Haïtiens . . .

l'OTAI

C'est la colonie espagnole (10258) qui tient encore la tête. Le commerce de détail est, en partie, entre ses mains; elle tire avantage de la coinniunaulé de langue, de coutumes et de religion.

La colonie française (IJDTG) est très aimée et très estimée; elle a initié les Mexicains aux arts et à une foide de métiers. Une fraction de cette colonie, conqwséc de gens de la vallée de Barcelonnelte (Basses- Alpes), a monopolisé la vente des étoffes et fait preuve d'un grand esprit de solidarité.

La colonie allemande (2565) est industrieuse et participe à la j)rospérité du pays. Elle délient le commerce de quincaillerie et des fers.

116 LE M EX 1 QUI' AU DÉHUT DU XX" SlICCLi;

La colonie anglaise (âcS'i.")), riche et entie])i-enanle, continue, tic j)référence, l'exploitation des mines, mais est, de beaucou]), dépassée par les Nord-Américains.

La colonie italienne (2r)G''j), quoi([ue la dernière venue, a déjà acquis un bon rang; ses membres sont laborieux et savent amasser des épargnes.

La colonie Nord-Américaine (1526.5) bénéficie du voisinage et de la facilité des communications avec les Etats-Unis, ainsi que de la j)uissance commerciale et industrielle de ce pays. Les Nord- Américains ont ajiporté des capitaux considérables et gèrent des intérêts énormes; ils ont particulièrement développé le réseau ferré mexicain. Leur rôle grandit vite. Cependant, leur influence morale ne contrebalance pas absolument celle des Latins, c'est-àdire des Espagnols et des Français, maintenant renforcés ])ar les Italiens, et ne met nullement en péril la nationalité mexicaine, comme certains l'ont prétendu.

L'infdtration yankee^ puisque l'épithète de yankee est acceptée, modifie les us et coutumes, propage la langue anglaise, et fait tort à la culture française, mais procure, parait-il, des avantages au point de vue économique.

Parmi les Mexicains, il existe des yaidiisés qui aflectent de suivre les modes et de copier les usages de New York et de Chicago, dédaignent ce qui provient dJCnrope et cherchent à donner le ton dans la capitale et les principaux centres. Quoi qu'il en soit, l'esprit castillan persiste dans les masses, lesquelles très patriotes, absorbent l'apport ethnique nord-américain aussi facilement que tout autre (1).

A côté de la faible émigration européenne, il en existe une que l'on ne prévoyait guère et qu'on ne doit pas oublier.

Des Cubains (2721), venus comme réfugiés, ont perfectionné la culture du tabac dans l'Etat de Veracruz, et la grande île, encore très éprouvée, envoie des travailleurs dans le Yucatan.

Des Guatémaléens (5804), subissant l'attraction d'un pays plus opulent et plus fort que le leur, apportent un contingent qui, vu

(1) Du total dos Xord-Ami'i-icains, il faut doduiro les touristes qui vienuent séjourner à Mexico et dans sa vallée durant 1 hiver, sans s'y établir à demeure.

POPULATION F/r COLOMSATIOX 117

la parenté, se fond aussitôt, comme celui des Cubains, dans ia population.

On doit tenir compte rpie, depuis 1900, le nombre des étrangers s'est notablement augmenté en ce qui concerne les Nord- ATiiéricains, les Cubains, les Guatémnléens, etc. et, malheureusement, les Chinois.

Kn somme, si l'on en excepte les Chinois, jugés nuisibles et dont nous parlons plus Idin, les éléments étrangers sont infiniment utiles à la nation mexicaine, et il est incompréhensible qu'ils ne soient pas plus largement représentés.

Même, l'immigration est très inférieure à celle qui existait sous le régime colonial. Kn'ectivcment, au commencement du siècle dernier, quanti le Mexique n'avait qiu^ six millions d'habitants environ, on y trouvait un minimum de GOOOO Européens, provenant, en immense majorité, de la vieille terre ibérique et, pour cela, appelés « péninsulaires ». Aujourd'hui, la population ayant |)resque doidjlé, on ne trouve guère, dans le ])ays, que 50000 individus v<'uus d'Europe et des Etats-Unis et ap])ailenanl à la race blanche. Franchement, cet état de clu)ses est déplorable. Il faut y remédier.

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